.

Théâtre . Malaïb (Farces) est un texte humoristique tourné en pièce commerciale où les blagues la disputent aux danses.
Pot-pourri

Une sirène d'alerte retentit aux quatre coins du théâtre Al-Fardos. Malaïb (Farces), mise en scène d'Achraf Zaki, commence par un communiqué du ministère de l'Intérieur, annonçant le cambriolage d'une banque italienne. Les policiers poursuivront le voleur, Ali Al-Zeibaq, jusqu'au bout, raison pour laquelle l'histoire de ce voleur, lequel a emprunté son nom à un héros de l'épopée populaire, sera évoquée par bribes. Il s'agit d'un personnage symbolique qui n'est en fait qu'un Robin des bois, version 2000, qui cherche à réhabiliter les pauvres.
Les acteurs sur scène, tout comme les spectateurs, tentent de faire le lien entre ce voleur et le personnage épique d'Ali Al-Zeibaq. Est-il le héros mamelouk qui a lutté contre la tyrannie du colonel Sonqor Al-Kalbi ? Est-ce la réalité ou de la pure fantaisie ? Cette confusion provient du fait que le jeune metteur en scène, Achraf Zaki, sous prétexte de donner une œuvre moderne, a modifié le texte originel écrit par Yousri Al-Guindi, dans les années 70. La nouvelle adaptation ne se situe plus dans le cadre historique, au temps des Mamelouks, mais plutôt en l'hiver 2000.
Ainsi, parfois, les scènes du drame historique se mêlent à d'autres, contemporaines. Une manière d'insinuer que parmi nous, il y a peut-être plusieurs Ali Al-Zeibaq. Tantôt, on se retrouve dans un décor mamelouk, tantôt dans un quartier moderne du centre-ville, avec des jeunes narrateurs qui font le lien avec l'actualité. Dans une tentative d'ajouter un peu de sérieux à la pièce, les acteurs font de temps à autre allusion aux problèmes politiques en Iraq ou en Tchétchénie …
Faire rire semble être l'objectif essentiel de cette version d'Achraf Zaki. Pour ce, il a eu recours au show, notamment avec une vedette comme Nadine, qui, grâce à ses danses, attribue à la pièce un caractère assez vif. De même, le personnage principal, Ali, fait son entrée sur scène en chantant : « Ana net wa fet … wa toft wa choft » (Je suis en forme et débrouillard … Je suis un grand flâneur qui a tout vu). Ou encore Al-Harry curry, titre d'un tube de Magued Al-Masri, sorti il y a quelque temps.
Et toujours dans ce cadre folklorique et énergique, le deuxième acte commence par une scène qui n'a aucun rôle dramatique, mais qui vise simplement à montrer l'élasticité physique des héros (Nadine et Magued Al-Masri). Plus tard, 4 sketchs dansants : danse orientale, danse du Golfe et danse bédouine, assaisonnent le spectacle. Au fait, au temps des Mamelouks, Le Caire était-il si ouvert au monde pour connaître tant de danses ?
Aventures burlesques, blagues et bouffonneries se bousculent. Parfois, le héros se déguise en prostituée, d'autres fois l'un des personnages marginaux, Habachtka, se déshabille petit à petit, afin de provoquer le rire dans la salle. Plus encore, le metteur en scène a donné la liberté aux acteurs de raconter des blagues sur la sensualité et l'homosexualité, d'inventer quelques effets rigolos, etc. Et puis, tout d'un coup, la pièce se termine par une morale très directe, récitée en chœur par les jeunes narrateurs, dans un face-à-face avec le héros : « Tu n'as pas réussi ton projet, car tu luttais seul … ». Un appel à l'insurrection ? Le message a perdu pas mal de son importance sous l'effet de blagues et de chansons légères, qui n'ont rien à faire avec l'an 2000. Ni avec le théâtre.

May Sélim

Retour au sommaire

La Une   L'événement   Le dossier   L'enquête   Nulle part ailleurs   L'invité   L'Egypte   Finances   Le monde en bref   Points de vue   Commentaire   Carrefour   Portrait   Littérature   Arts  Livres  Société   Sport   Escapades   Loisirs   Echangez, écrivez   La vie mondaine  
Al-Ahram Hebdo
Hebdomadaire égyptien en langue française
hebdo@ahram.org.eg