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Référendum présidentiel . Le Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) organise depuis la semaine dernière une campagne de soutien au président Moubarak.
La campagne bat son plein

Jeudi 9 septembre. A l'entrée du gouvernorat de Ménoufiya, région natale du président Moubarak, des banderoles aux couleurs vives ont été installées. Des véhicules munis de microphones sillonnent les rues, en chantant des hymnes nationaux. Des enfants soigneusement vêtus, et portant la photo de M. Moubarak ont pris place dans les ruelles. 10 000 habitants du gouvernorat se précipitent avec enthousiasme vers le centre de jeunesse d'Al-Bagour. Là, se tient un meeting populaire organisé par le PND et les autorités locales. Pour l'occasion, d'importantes mesures de sécurité sont prises. Et, on attend l'arrivée imminente des six ministres qui apporteront leur contribution à ce meeting. Il s'agit des ministres de l'Agriculture, Youssef Wali, de la Santé, Ismaïl Sallam, des Transports et des Communications, Soliman Métwali, du Pétrole, Hamdi Al-Bambi, de la Planification, Zaffer Al-Bichri, et de l'Assemblée du peuple et du Conseil consultatif, également secrétaire général adjoint du PND, Kamal Al-Chazli. Tous sont originaires du gouvernorat de Ménoufiya.
A 11h, le convoi ministériel arrive enfin. Adli Hussein, gouverneur de Ménoufiya, Hussein Moubarak, secrétaire général du PND à Ménoufiya, et Samir Ragab, rédacteur en chef du journal Mayo, organe d'expression du parti au pouvoir, accueillent le cortège. Les six ministres prennent place sur une estrade à l'arrière de laquelle étaient accrochées des pancartes où l'on pouvait lire : « Bon rétablissement, Moubarak », « Oui Moubarak, notre chef ». « Nous sommes venus pour soutenir la candidature de Moubarak à un quatrième mandat présidentiel, et manifester notre amour au chef de l'Etat qui a fait l'objet d'un attentat manqué à Port-Saïd lundi dernier », explique Kamal Abbass, membre du Conseil municipal de Ménoufiya. Des responsables religieux, des membres du Conseil municipal, des doyens de facultés à l'Université de Ménoufiya, des chefs d'entreprises, des ouvriers et des paysans sont parmi la foule. Toute l'assistance se met à chanter avec la troupe des arts populaires de Ménoufiya pour dénoncer l'attentat : « C'est la moindre des choses que nous pouvons offrir au raïs. Moubarak est le seul zaïm, après Gamal Abdel-Nasser, qui a su bien diriger le pays », annonce Abou-Sayed, un des paysans d'Al-Bagour. Puis, chaque ministre dresse le bilan des réalisations accomplies par son ministère durant les 18 années au pouvoir du chef de l'Etat.
Le PND est mobilisé à quelques jours du référendum présidentiel du 26 septembre. Une large campagne de soutien au chef de l'Etat a été lancée dans les quatre coins de l'Egypte. Outre Ménoufiya, des meetings populaires ont eu lieu tout au long de la semaine, à Port-Saïd, Qalioubiya, Daqahliya, Gharbiya, Kafr Al-Cheikh et au Caire. D'autres sont prévus la semaine prochaine à Guiza, Qéna, en Haute Egypte, et dans le gouvernorat de Béheira. Au Caire, comme dans les autres gouvernorats, des affiches de soutien au président Moubarak ont été apposés dans les rues. « Tout en rappelant aux citoyens les réalisations du président Moubarak, nous voulons les inviter à se rendre aux urnes le 26 septembre pour le référendum », déclare Amin Hammad, député du PND à Gharbiya. Il explique que des ordres ont été donnés afin que ces meetings populaires ne se tiennent pas dans les rues, afin de ne pas gêner la circulation. « Ils se tiendront tous soit dans des centres des jeunesse, soit dans des clubs, ce qui garantit une meilleure organisation », ajoute pour sa part Moustapha Alameddine, responsable au gouvernorat du Caire.


Critiques de l'opposition

L'opposition est critique. « Tous les ministres et responsables gouvernementaux ont abandonné leurs tâches quotidiennes pour se joindre à cette campagne », dénonce Diaeddine Daoud, président du Parti nassérien. Il explique que les fonctionnaires sont amenés à quitter leur travail pour se rendre à ces meetings sur ordre des responsables. « Il aurait suffi de rappeler aux gens le jour du référendum présidentiel à travers les médias ». Même son de cloche au parti du Rassemblement, qui critique le principe même du référendum : « Pourquoi faire tout ce tohu-bohu ? Les gens voteront de toute façon pour Moubarak, car il est candidat unique », lance Hussein Abdel-Razeq, du Rassemblement. L'opposition insiste davantage sur les réformes constitutionnelles. Elle a élaboré un projet de réforme constitutionnelle qui sera présenté la semaine prochaine au chef de l'Etat.
Le Parti nassérien s'était opposé à la candidature de Moubarak lors du vote à l'Assemblée du peuple en juin dernier, et le parti du Rassemblement s'était abstenu. Hussein Mégawer, député du PND, qualifie d'absurde les propos de l'opposition. Selon lui, les ministres sont des hommes politiques et membres d'un parti politique, il est donc normal qu'ils prennent part à ce genre de manifestations : « C'est ainsi que cela fonctionne dans le monde entier. Les propos de l'opposition ne sont pas fondés. Il n'est pas vrai que les ministres abandonnent leurs tâches ». L'opposition dénonce une perte de temps et d'argent. Or, selon Amin Hammad, député du PND à Gharbiya, les sommes utilisées pour ces meetings ne dépassent pas quelques milliers de L.E. assumées par le PND. Ils n'influent ni sur le budget de l'Etat ni sur le développement.
Sur le fond, pour ce qui est de la campagne, le chef de l'Etat a indiqué à Al-Ahram qu'il s'entourerait de personnalités nouvelles : « Je choisirai qui sera susceptible de m'aider pour remplir mes engagements envers le peuple et pour procéder au mieux aux changements et aux réformes ».

Héba Nasreddine

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