| Al-Ahram Hebdo : En tant que président de EFG Hermes et de l'assemblée générale des titres financiers (ECMA), comment expliquez-vous la récession actuelle à laquelle fait face le marché ? Mohamad Taymour : Cette situation est essentiellement due à l'attitude des étrangers vis-à-vis du marché. Ils ont pressenti, de la part du gouvernement, un retard dans le processus de lancement des actions en Bourse et dans la distribution des dividendes et des coupons d'actions. C'est pourquoi ils se sont en majorité retirés complètement du marché, ou ont gelé leur activité pour quelque temps. Les particuliers ont alors été influencés et ont exprimé à leur tour leur méfiance. Comment percevez-vous l'indice de l'Organisme chargé du marché financier (CMA) qui n'arrête pas de battre ses propres records, alors que la déprime envahit le marché ? L'indice du CMA regroupe toutes les sociétés cotées sur le marché, qui sont au nombre de 700 environ, et pas seulement celles qui sont très actives comme nos indices, EFG et Hermes. C'est un indice qui reflète la situation réelle de toutes ces sociétés, mais il n'a pas grande valeur en ce moment. Je crois que nos deux indices reflètent mieux la situation du marché. Le CMA travaille actuellement à l'élaboration d'un indice avec le Financial Times ; on espère qu'il sera plus pertinent. L'Organisme d'assurances et de pensions a été lui aussi affecté par la chute des cours et a été de ce fait l'un des grands perdants de son investissement en Bourse. Comment jugez-vous sa situation ? Le mode d'investissement de l'organisme est un investissement à long terme. Il est naturel qu'il enregistre des baisses et soit affecté par les changements de valeurs à court terme. Ce qui importe, c'est d'arriver à enregistrer des bénéfices après une période de 4 à 5 ans. Mais n'aurait-il pas été mieux de retarder le lancement de cet investissement en attendant une période meilleure ? Je ne suis pas de cet avis. Qui peut prévoir que le marché connaîtra une embellie ou qu'il sera en dépression ? L'organisme d'assurances et de pensions se doit d'être présent en permanence. Il y a quelque temps, le marché était dominé par seulement deux actions : MobiNil et CIB. Comment expliquez-vous ce phénomène ? Est-ce qu'il est sain ? MobiNil et CIB sont des actions demandées par les investisseurs et surtout les étrangers, parce que ces sociétés possèdent des liquidités et ont de bonnes positions financières. De plus, dans les moments de crise, la plupart des investisseurs s'attachent aux actions qui leur garantissent une liquidité. Ces actions entraînent le marché qui a vraiment besoin de ce genre d'actions. En plus, MobiNil et CIB ne continueront pas à dominer ; de prochains lancements d'actions publiques du secteur des télécommunications, de l'électricité et des banques devraient être eux aussi très attirants. Comment la Bourse pourra-t-elle sortir de l'impasse actuelle ? La Bourse ne pourra en sortir qu'avec la fin de la crise du dollar. Plusieurs indices indiquent que très prochainement, celle-ci prendra fin. Seuls les étrangers peuvent réanimer le marché. Et ils reviendront sûrement une fois la crise résolue, car les cours sont maintenant très attractifs. L'Organisme d'assurances et de pensions peut aussi activer le marché. Mais il est aujourd'hui réticent à lancer 3 ou 4 milliards de L.E. Le programme de la privatisation change actuellement d'orientation. L'objectif est maintenant la vente totale des entreprises à un investisseur principal ou la vente aux salariés. Quel impact cela aura-t-il sur la Bourse ? Le programme ne change pas, la plupart des sociétés bénéficiaires étaient émises à travers la Bourse. Actuellement, le ministère du Secteur des affaires ne peut pas poursuivre l'émission du restant des parts de ces entreprises sur le marché, vu les circonstances. De plus, les sociétés restantes doivent être vendues à des investisseurs principaux capables de les restructurer. De toute façon, des lancements d'actions de sociétés privées ou publiques auront toujours lieu en Bourse. Appréciez-vous l'achat des entreprises par leurs salariés ? Les salariés ne peuvent pas dépenser leur argent pour l'achat d'entreprises en mauvaise santé financière, même sous une pression quelconque. La décision leur revient et je crois que si les salariés trouvent un intérêt dans l'achat d'une société, le gouvernement ne doit pas refuser leurs requêtes. Mais il ne s'agit pas de vendre toutes les entreprises aux salariés. Les entreprises du secteur agricole, par exemple, sont les plus concernées. Les obstacles auxquels a fait face l'entreprise cotée en Bourse Misr pour les Free Shops, ont-ils nui à l'image de l'Egypte et ont-ils compliqué la situation du marché ? Je ne suis pas contre les dernières décisions prises par le gouvernement lesquelles visent à éliminer l'autorisation d'achat des produits des magasins hors taxes pour les voyageurs pendant un mois après leur arrivée. C'est une modification qui a eu lieu pour éviter une nuisance causée à l'industrie égyptienne. Il est vrai que des actionnaires ont été lésés. A vrai dire, je mets en cause le gouvernement qui a pris du retard avant d'intervenir, ainsi que les actionnaires qui n'ont pas suffisamment étudié la situation de cette entreprise. En tout cas, Misr pour les Free Shops est une petite entreprise qui ne peut pas vraiment influencer le marché. Il s'est en fait agit d'une agitation déplacée. |