| | Les grandes nouveautés de la rentrée | | Plan de développement « Une école propre, belle et développée ». C'est le slogan de la rentrée 1999-2000. Les ministères de l'Education, de l'Intérieur, de la Santé et de l'Environnement, ainsi que les municipalités, participeront à l'élaboration de ce plan. Les marchands ambulants seront interdits de rôder autour des écoles et il n'y aura plus d'ordures aux portes des établissements. L'organisme en charge des bâtiments du ministère de l'Education fournira les moyens nécessaires pour le nettoyage et l'embellissement des écoles. Les cliniques des écoles seront également modernisées pour servir les élèves et, pour la première fois cette année, les professeurs aussi. Frais de scolarité Le ministre a décidé qu'aucun élève ne serait renvoyé pour non paiement des frais scolaires. Désormais, ils pourront être payés à crédit : la moitié de la somme au début de l'année et l'autre moitié après les vacances de la mi-année. Il a également été décidé que la distribution des livres ne serait plus liée au paiement des frais. Le ministre a également annoncé que les élèves des écoles à classe unique, les orphelins et les plus pauvres seraient exemptés des frais de scolarité. Discipline Pour faire régner la discipline, le ministre a décidé d'imposer une amende de 10 L.E. en cas d'absence non justifiée de 10 jours, après avertissement. S'ils ne présentent pas d'excuses valables, les parents de l'élève seront astreints à payer l'amende. Professeurs La direction de l'éducation de Guiza a recruté 6 000 professeurs vacataires afin de remédier au manque de professeurs dans les différentes matières. Les salaires de ces professeurs seront de 200 L.E. par mois. Le gouverneur a également décidé d'augmenter de 100 % les salaires des professeurs qui enseignent dans les villages éloignés de Guiza et de leur consacrer des logements dans leur lieu de travail. Ceux qui travaillent dans des régions plus proches seront augmentés de 50 % et profiteront des nouvelles lignes de transport. |
| Lhistoire copte sort des oubliettes | | « Il ny a rien dans les programmes dhistoire sur la période copte. Il fallait réformer les manuels », déclare Ramzi Yassa, professeur dHistoire. Ce sera chose faite. La commission, formée par le ministre de lEducation Hussein Kamel Bahaeddine et comprenant des historiens et intellectuels, comme les historiens Abdel-Azim Ramadan et Younane Labib Rizq, ainsi que le penseur et écrivain copte Milad Hanna, a la charge de mettre sur pied un projet de réforme des manuels dHistoire du cycle secondaire. « Un nouveau manuel sur lhistoire copte va être rédigé et sera destiné aux élèves de 1ère secondaire. Dautre part, des chapitres sur lart, la civilisation et le patrimoine coptes seront ajoutés aux programmes déducation civique déjà existants », commente Abdel-Azim Ramadan, président de la commission. La réforme a été accueillie avec satisfaction dans les milieux coptes, avec toutefois quelques réserves. « Cest un pas positif. Mais encore faut-il quil soit réellement mis en pratique », déclare Samir Morqos, directeur du Centre copte pour les études sociales. Il espère que cette réforme mettra fin à la « discrimination » dans les programmes scolaires. « On ne trouve rien dans les manuels dHistoire sur les coptes, à part le fait quils ont soutenu la conquête musulmane dAmr Ibn Al-Aas ». Au ministère de lEducation, on affirme que lenseignement de lhistoire copte sinscrit dans le cadre dun plan global de réforme des manuels scolaires. « Nous reconnaissons que lomission de lhistoire copte constitue un défaut dans la conception des manuels. Mais il ne sagit aucunement dune discrimination. Nous avons remarqué que dans la langue arabe, beaucoup de textes littéraires importants avaient été également négligés », explique Ragab Charabi, adjoint du ministre de lEducation. Il explique que les nouveaux programmes, qui seront introduits à partir de lannée scolaire 2000-2001, comporteront des chapitres sur le christianisme et son entrée en Egypte, ainsi quune présentation de la civilisation copte. Le ministère avait déjà introduit dans les manuels scolaires quelques éléments sur lhistoire copte dans les cours de lecture. Mais cette mesure était insuffisante. Un responsable de lEglise copte orthodoxe ayant requis lanonymat se félicite des modifications annoncées par le ministère de lEducation, mais « pourquoi maintenant ? », sinterroge-t-il, avant dexpliquer que « ces mesures ont visiblement été prises pour apaiser la récente polémique sur le statut des coptes animée par certains coptes vivant à létranger. Ce qui a poussé le Congrès américain à proposer un projet de loi prévoyant des sanctions à légard des pays qui ne respectent pas le droit des minorités religieuses. LEgypte était concernée ». Ces réformes répondent également aux exigences dun comité égypto-américain fondé en 1998 et formé dun groupe de musulmans et de coptes vivant à létranger. Une délégation de ce comité sest rendue cette année en Egypte et sest réunie avec les responsables de lenseignement pour réclamer lintroduction de lhistoire copte dans les programmes scolaires. Le ministère de lEducation souligne pour sa part que cette réforme a surtout des objectifs pédagogiques. « Ces modifications ne sont pas le résultat de pressions exercées par des instances extérieures, car lEgypte refuse toute intervention dans ses affaires intérieures. Le ministère a seulement pris conscience de limportance de cette période dans lhistoire de lEgypte », assure Ragab Charabi. Tout en louant linitiative du ministère de lEducation, le père Samuel, de la Cathédrale de Abbassiya, regrette que lEglise nait pas été consultée : « Nous aurions souhaité avoir un membre dans la commission chargée de la révision des programmes ». Le ministère de lEducation a toutefois promis de soumettre les programmes à un groupe dévêques avant de les enseigner dans les écoles. | | Marianne Youssef et Mirande Youssef | | | Retour au sommaire | |