Rude concurrence régionale

 L'Egypte se situe en tête des marchés financiers du monde arabe, mais est en mauvaise position par rapport à l'économie mondiale. Cependant, sur l'ensemble des capitaux dirigés vers les pays en voie de développement, seuls 2 % concernent les économies arabes. Et cette proportion diminue davantage si l'on prend en considération les investissements dans les portefeuilles. Pourtant, cette faible manne est relativement importante, puisque les investisseurs étrangers effectuent 30 % des transactions sur ces marchés.
Un autre point commun existe entre ces marchés. La plupart se caractérisent par la présence d'un ou deux titres particulièrement échangés, comme Q-tel, de l'entreprise qatari de télécommunications, ou l'action Solidere au Liban. Ce pays — qui sera présent sur les indices de l'IFC dès la fin septembre — a effectué en 1998 un maigre volume de transactions, évalué à 330,5 millions de US$. En Egypte, ce sont deux entreprises, MobiNil et CIB, qui déterminent la tendance du marché avec leurs actions. Seuls le Maroc et l'Arabie saoudite font exception. Bien que cette dernière ne possède pas d'établissement boursier, les transactions s'effectuent à travers un réseau informatique, et bénéficie ainsi d'un marché diversifié. Elle possède le plus grand chiffre de capitalisation, avec 47,3 milliards de US$, grâce au nombre important d'entreprises qui y participent. Pourtant, elle ne permet pas aux étrangers de pénétrer son marché.
Pourtant, pour Dalia Khalifa, membre déléguée du Global Capital Group : « Si l'on observe l'ensemble des marchés financiers arabes, on remarque que l'Egypte possède les facteurs les plus attirants pour un investisseur étranger, car elle a la réputation d'être un pays stratégique et stable ».
Cependant, le rapport Forbes, publié en juin dernier, désigne l'Egypte comme le deuxième marché financier en Afrique. En première place arrive l'Afrique du Sud ... mais loin devant, grâce à une industrie variée et très avancée, un marché pour les produits financiers dérivés solidement établi et une Bourse ultramoderne. La valeur des traitements a atteint en 1998 53,2 milliards de US$, contre 5,4 milliards en Egypte.
La Bourse de Tel-Aviv est aussi couronnée de succès. Avec une capitalisation de 78,3 milliards de US$ (contre plus de 25 milliards de US$ en Egypte). En outre, Israël possède un marché pour les produits dérivés.
Quant à la Turquie, elle possède un marché plus important que celui de l'Egypte, avec une capitalisation qui s'élève à 47 milliards de US$ et un volume de transactions équivalent au double de celui de la Bourse égyptienne. Les défis ne manquent donc pas pour la place du Caire. 

Salma Hussein

Bourse égyptienne . L'Egypte domine largement les autres Bourses arabes, mais doit affronter des places beaucoup plus fortes en Turquie, Israël et en Afrique du Sud.
Un potentiel inutilisé
L'ensemble de ces indicateurs montre l'effort que doit faire l'Egypte pour sortir de la sphère d'une petite Bourse émergente. Les graphes 1 et 2 indiquent le petit volume d'échanges et de capitalisation, comparé à d'autres marchés financiers émergents. Cependant, un investisseur dans la Bourse égyptienne bénéficie aujourd'hui d'un rapport prix/bénéfices plus élevé (graphe 3) ... Pourvu qu'il choisisse bien ses actions, puisque le rendement du marché était négatif durant les sept premiers mois de 1999 (-11,2 %), selon l'indice de l'IFC global, constitué des 66 actions les plus actives à la Bourse du Caire (graphe 4). Résultat : elle se classe 28e sur les 30 pays inclus dans l'indice.

Retour au sommaire

La Une   L'événement      L'enquête   Nulle part ailleurs   L'invité   L'Egypte   Finances   Le monde en bref   Points de vue   Commentaire   Carrefour   Portrait   Littérature   Arts  Livres  Société   Sport   Escapades   Loisirs   Echangez, écrivez   La vie mondaine  
Al-Ahram Hebdo
Hebdomadaire égyptien en langue française
hebdo@ahram.org.eg