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Ligue arabe . Lors de la réunion des chefs de la diplomatie arabes, dimanche et lundi sous la présidence de l'Iraq, la proposition de Bagdad de tenir un sommet arabe a été accueillie froidement par les pays du Golfe.
Une réunion pour la réconciliation

Pour la première fois depuis l'invasion iraqienne du Koweït en 1990, qui fut à l'origine de la guerre du Golfe en 1991, l'Iraq a présidé le conseil ministériel de la Ligue arabe, tenu les 12 et 13 septembre au Caire. Bagdad a saisi l'occasion pour appeler à mettre de côté les dissensions interarabes nées de la crise du Golfe et favoriser un nouveau départ de la Ligue arabe. Le ministre iraqien des Affaires étrangères, Mohamad Saïd Al-Sahhaf, qui n'a pas hésité à critiquer les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a en revanche opté pour la modération et la courtoisie envers ses homologues de la Ligue.
Dimanche, lors de l'ouverture du conseil, il a demandé la tenue d'un sommet arabe pour faire face aux « menaces » provoquées par les Etats-Unis. « La situation actuelle fait peser de grandes menaces sur la sécurité de la nation arabe, sous la pression des Etats-Unis qui veulent dominer notre région et qui prennent partie pour Israël », a-t-il déclaré. Evitant toute critique à l'égard des pays arabes, il a simplement estimé nécessaire la tenue d'un tel sommet pour « faire face aux défis auxquels est confrontée la nation arabe ». Dans le même esprit, le président palestinien Yasser Arafat, présent à la réunion, a appelé lui aussi à la réconciliation avec l'Iraq, invitant les Arabes à « tourner la page amère du passé, et à en ouvrir une autre de coopération et de cohésion, en tirant la leçon de l'expérience de la division ».


« reconnaître les graves erreurs commises »

Le secrétaire général de la Ligue, Esmat Abdel-Méguid, a, lui, estimé que les pays arabes devaient faire leur « mea culpa », et « reconnaître les graves erreurs commises, qui ont largement porté atteinte aux peuples de notre nation et à la sécurité nationale arabe », et qui ont « donné l'occasion de prolonger la crise arabe actuelle, notamment l'embargo sur l'Iraq ».
Bagdad a estimé que « la présence des chefs de la diplomatie des pays du Golfe (...) est en soi un succès ». Seul le Koweït n'était représenté à la réunion que par un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.
Mais l'Iraq, qui veut donner la preuve de ses bonnes intentions et de sa disponibilité à œuvrer pour une réconciliation interarabe, n'est pas prêt à présenter des excuses aux monarchies du Golfe, se déclarant favorable à « une reconnaissance mutuelle des erreurs commises », ce qui représente en soi une avancée.
Autre avancée notable : l'Arabie saoudite et le Koweït ne seraient pas contre la levée des sanctions imposées contre l'Iraq, selon le ministre égyptien des Affaires étrangères, Amr Moussa.
Le représentant iraqien n'a évidemment pas manqué de critiquer Washington et Londres, qui refusent « tout assouplissement des sanctions imposées à l'Iraq ». Le Koweït a de son côté appelé à l'examen de la question des prisonniers koweïtiens « en toute objectivité »


« appliquer toutes les résolutions »

A la veille de la réunion des chefs de la diplomatie arabes, les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (l'Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Bahreïn et Oman) avaient quant à elles appelé l'Iraq à « appliquer toutes les résolutions » de l'Onu, et à « faire preuve, par la parole et l'acte, de ses intentions pacifiques à l'égard de ses voisins, et reconnaître que son invasion du Koweït était une violation des chartes de la légitimité arabe et internationale et de la charte de la Ligue arabe ».
Lors de la réunion, le ton était certes à la détente et à la courtoisie — contrairement au précédent conseil ministériel de janvier dernier, au cours duquel M. Al-Sahhaf avait claqué la porte après le refus de ses homologues arabes de condamner clairement les frappes aériennes américano-britanniques de décembre contre son pays —, mais il n'en demeure pas moins que la réconciliation tant prônée n'est pas tout à fait acquise. Des voix s'élèvent déjà contre la tenue d'un sommet arabe. Lundi, un quotidien saoudien proche du gouvernement affirmait que les pays arabes devaient répondre par « non à certains pays qui appellent à un sommet arabe qu'ils comptent utiliser pour réaliser leurs propres objectifs, au détriment de ceux de la nation arabe ».

Abir Taleb

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