Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2017 - Numéro 1202
Aider les élèves à comprendre

Dina Adel, Le Caire.

Une de nos lectrices discute de l'importance de faire aimer la langue arabe aux élèves.

Permettez-moi, chers lecteurs d’Al-Ahram Hebdo, d’évoquer un sujet en lien avec l’éducation. Je suis mère d’un garçon en deuxième primaire dans une école privée. Mon fils a du mal avec la langue arabe : il n’arrive pas à mémoriser les mots, leurs synonymes et leurs antonymes. Or, il doit apprendre par coeur des poèmes entiers et des textes en prose pour les réciter à l’examen. Cela fait plusieurs années que nous demandons au ministère de l’Education de moderniser les programmes scolaires et, surtout, de changer les méthode d’apprentissage basées exclusivement sur la mémorisation. La langue arabe est déjà, à la base, une langue très difficile.

Or, c’est aussi une langue poétique, musicale et expressive. En tout cas, c’est comme ça que je la considère. Mon fils n’arrive pas à percevoir cette beauté de la langue arabe et je suis sûre qu’il y a d’autres élèves qui ont le même problème, parce qu’ils sont « étouffés » par le par coeur. Je sais que les changements prennent du temps et que mes petits-enfants auront peut-être encore les mêmes programmes. Alors, je m’adresse aux professeurs : essayez de transmettre aux élèves l’amour de la langue arabe. Encouragez-les à comprendre, et non pas à simplement répéter des choses qu’ils apprennent par coeur. J’appartiens à une génération qui a eu de la chance, car nous avons eu des professeurs qui nous aidaient à apprécier la beauté de la langue arabe. Ce que nous voulons des enseignants aujourd’hui ce n’est pas seulement qu’ils aident nos enfants à bien se préparer aux examens, mais qu’ils leur apprennent à sentir l’importance de ce qu’ils apprennent. 


Une décision qui reste lettre morte

Gigi Mamdouh, Le Caire.

Il y a plus d’un an, le gouvernorat du Caire avait pris la décision de fermer les magasins à 21h pour économiser de l’électricité. C’est aussi une bonne idée pour désencombrer les rues. Mais malheureusement, cette décision n’a jamais été mise en oeuvre sans que l’on sache pourquoi. C’est vrai que les propriétaires de magasins étaient en colère, car cette décision aura une influence sur leur gagne-pain. Comme l’Egypte vit une période de récession, ils disent que cela va augmenter le chômage.

C’est leur point de vue. En même temps, je suis d’avis que le gouvernement doit faire ce qui est convenable pour le pays. En effet, beaucoup de citoyens ont approuvé la décision, car elle permettrait au Caire de retrouver un peu de calme et de mettre fin au trafic chaotique qui se poursuit au-delà de minuit. Il faut que les gens apprennent à changer de mode de vie pour notre bien-être à tous. On peut se réveiller tôt, faire ses courses tôt et apprendre à s’organiser. Cela nous permettrait aussi d’avoir plus de temps pour nous et nos familles. La décision finira-t-elle par être appliquée ? Si oui, je suis sûre que les propriétaires des magasins la transgresseront.

Il faudra alors les pénaliser pour qu’ils la respectent. Nous avons l’exemple du passage du métro à Zamalek : quand les responsables ont pris la décision de lancer ce projet, ils sont allés de l’avant, malgré la protestation des habitants.