Semaine du 8 au 14 novembre 2017 - Numéro 1199
La grande dame de l'écran arabe

Radwa Ahmad, Alexandrie.

Deux de nos lecteurs nous parlent de la belle époque du cinéma ...

J’aimerais, chers lecteurs et lectrices, parler ici d’une actrice égyptienne très célèbre que j’apprécie beaucoup : Faten Hamama, icône du cinéma arabe, décédée en 2015. Pour beaucoup de ses fans, elle était « la grande dame de l’écran arabe ». Tous ceux qui se sont approchés de Faten Hamama reconnaissent qu’elle était un exemple de grâce, de douceur, de modestie et de discrétion. J’ai choisi de parler de Faten Hamama, car elle me rappelle toujours la belle époque du cinéma. Elle a commencé sa carrière à l’âge de 10 ans, avec le célèbre chanteur Mohamad Abdel-Wahab.

Elle a joué dans une centaine de films et a travaillé avec les plus grands réalisateurs, dont Youssef Chahine. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres Egyptiens, Faten Hamama est l’une des figures de l’âge d’or du cinéma égyptien. Elle reste inoubliable, aussi bien pour ses rôles dans des comédies romantiques que pour sa participation à des films engagés qui dénoncent les inégalités sociales ou défendent les droits des femmes.

J’aimerais citer notamment le rôle magnifique de Faten Hamama dans Ourid Hallane (je veux une solution), devenu mon film préféré, qui narre, en 1975, le parcours d’une Egyptienne qui tente d’obtenir le divorce. Faten Hamama a joué ce rôle d’une façon tellement convaincante qu’il en a découlé une révision de la législation pour permettre aux femmes de demander le divorce. Je pense que cette grande dame est un véritable phénomène, qui doit être étudié dans les universités, les académies et les centres de recherche. 


Vive les classiques !

Salma Abdallah, Assouan.

Il y a quelques jours, j’ai regardé un ancien film sur Rotana Classique, une chaîne satellite qui ne diffuse que des films en noir et blanc. C’était un film du célèbre chanteur et acteur Mohamad Fawzi. L’occasion pour moi de partager un film intéressant et sans grossièretés avec mes enfants. Je suis d’avis que ce genre de films devrait être projeté plus souvent à la télévision pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les jeunes de nos jours doivent connaître leur patrimoine cinématographique et aussi parce que ce type de film classique est plein de sentiments et de leçons de vie, sans contenir la moindre vulgarité. Suivant mon envie de savoir plus sur Mohamad Fawzi, après avoir regardé ce film, j’ai appris qu’il avait commencé à chanter à 12 ans dans des mariages et d’autres festivités de sa région, Tanta. Il a ensuite appris la flûte et s’est investi davantage dans la musique. En 1938, il s’est rendu au Caire et c’est en 1944 qu’il a décroché son premier rôle au cinéma.

En seulement 3 ans, il a réussi à se placer au rang des plus grands du cinéma. Il a excellé en tant que chanteur, acteur et producteur. L’oeuvre de Mohamad Fawzi constitue une part considérable d’un cinéma dominé par les films opérettes, dans lesquels ont brillé des grandes vedettes de la chanson arabe. Il était aussi le fondateur de la première maison de disques au Moyen-Orient, Sono Cairo. Mohamad Fawzi est mort à seulement 48 ans, mais son oeuvre restera longtemps gravée dans nos mémoires et c’est désormais avec d’autant plus d’intérêt que je regarderai ses films.