Semaine du 1er au 7 mars 2017 - Numéro 1165
Bientôt autosuffisant en gaz

Noha Ayman, Le Caire.

Une de nos lectrices revient sur les quelques projets qui visent à atteindre l’autosufsance en gaz naturel en Egypte.

Chers lecteurs et lectrices, je voudrais aujourd’hui mettre en avant un sujet qui me paraît essentiel pour l’Egypte : le gaz naturel. Selon le ministère des Ressources pétrolières et minérales, l’Egypte devrait être autosuffisante en gaz naturel d’ici 2020. Cette annonce est plutôt prometteuse, mais ce n’est pas une chose facile. Réputée pour être une grande source de gaz naturel liquéfié, l’Egypte a commencé à importer ce même gaz depuis quelques années, pour répondre à une augmentation de la demande dans le domaine industriel. Le ministère des Ressources pétrolières et minérales tente actuellement de combler ce fossé entre consommation et production de gaz naturel. Selon les estimations de la compagnie publique égyptienne Egypt gas, l’Egypte a produit en moyenne 4 milliards de pieds cube de gaz naturel par jour en 2015 et 2016, et l’importation s’élève à presque 1,3 milliard de pieds cube. Seulement, ces chiffres indiquent par ailleurs que la demande des consommateurs est supérieure à la production et à l’importation associées.

Pour répondre à cette demande, la compagnie gazière publique égyptienne, Egypt gas, prévoit d’augmenter la production moyenne de gaz naturel de l’Egypte à environ 5,3 milliards de pieds cube de gaz naturel par jour pour l’année à venir. Les experts estiment qu’en développant 13 champs de gaz naturel, on peut gagner entre 5,5 et 6 milliards de pieds cube, et donc augmenter la production pour atteindre 9,5 ou 10 milliards de pieds cube de gaz par jour, en 2020. S’ajoutent à cela la mise en production du champ North Alexandria par la compagnie britannique BP et le projet du champ Zohr de la compagnie italienne ENI, qui devraient contribuer à augmenter la production nationale. D’ici la fin de l’année 2017, ENI prévoit d’ailleurs d’exploiter le champ Zohr pour extraire un milliard de pieds cube par jour. Selon le plan adopté par ENI, le potentiel du champ devrait atteindre son maximum d’ici 2020.

Quant au champ de North Alexandria, il est prévu de produire 1,2 milliard de pieds cube par jour d’ici 2019. Ces récentes découvertes dans la Méditerranée et la mise en place d’infrastructures pour l’extraction de gaz naturel devraient permettre d’alimenter la grande demande. Sans compter qu’à l’inverse, les besoins importants des consommateurs assurent que ces projets seront économiquement rentables. Idéalement, tout cela devrait enfin permettre de suspendre l’importation, de devenir autosuffisant, et pourquoi pas d’exporter les éventuels surplus ? 


Où sont passés nos médicaments ?

Ola Mamdouh, Guiza.

Cela fait deux mois que la femme âgée que je suis se pose sans cesse cette question : « Où est-ce que je peux trouver mes médicaments ? ». On m’a diagnostiqué un cancer, il y a maintenant plusieurs années, et depuis deux mois, il m’est difficile de me procurer mes médicaments. Je vis à Guiza, et dans ce quartier, la majorité des pharmaciens m’indiquent qu’ils n’ont pas de traitements pour les maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiaques et le cancer. Et lorsque j’essaie de comprendre les raisons de cette pénurie, on me répond toujours que c’est à cause du dollar. Encore un problème qui résulte de la hausse du billet vert. J’ai finalement demandé de l’aide à ma famille, mais ce soutien n’a pas été suffisant, et en dernier recours, j’ai dû faire appel aux réseaux sociaux.

J’ai donc écrit le nom du médicament sur Facebook, espérant attirer l’attention d’une personne qui pourrait m’assister dans ma quête. Cette dernière action ne visait pas seulement à régler un problème personnel, mais je voulais exposer cette situation à un plus large public. Après avoir épuisé de nombreux Egyptiens, cette crise des médicaments a finalement touché à sa fin. La semaine dernière, le ministre de la Santé a signé un contrat avec la Société égyptienne pour les produits pharmaceutiques pour l’importation d’environ 150 médicaments. J’espère vraiment que cette intervention ministérielle permettra de clore ce dossier et d’apaiser les souffrances de millions de patients.