Semaine du 20 au 26 septembre 2017 - Numéro 1192
Adieu la 6e primaire

Ola Hefny, Le Caire.

Le certifcat de 6e primaire vient d’être annulé. De l’avis de l’une de nos lectrices, cette mesure constitue un progrès, mais le chemin sera encore long pour réformer en profondeur le système éducatif.

 A l’occasion de la rentrée scolaire, le ministre de l’Education, Tareq Chawqi, vient de prendre une série d’importantes décisions dans le but de réformer le système éducatif. En tête de cette liste figure l’annulation du certificat de 6e. Cette année sera désormais considérée comme une année ordinaire. Autrefois, celleci était conclue par un diplôme obligatoire pour que l’élève passe au cycle préparatoire.

Aujourd’hui, les élèves obtiendront leur premier diplôme en 3e préparatoire (brevet). A mon avis, l’annulation du diplôme de la 6e année primaire est une décision raisonnable pour plusieurs raisons. En effet, le cycle primaire souffre déjà d’une grave défaillance : un bon nombre d’enfants passent l’examen alors qu’ils ne savent ni bien lire, ni écrire. Ce phénomène existe dans toutes sortes d’écoles, mais il est plus répandu au sein des écoles publiques. Souvent, les élèves se contentent d’apprendre par coeur les leçons sans les comprendre.

Une fois les examens terminés, ils les oublient. Le résultat est une génération scolarisée mais qui souffre d’un niveau d’alphabétisation médiocre. Il est donc plus important de se pencher sur le niveau lui-même. Il est aussi à souligner que la 6e année primaire constitue une lourde charge pour les parents, qui dépensent beaucoup d’argent dans les cours particuliers. Ils n’ont qu’un seul espoir : que leur enfant passe l’année quel que soit le pourcentage obtenu.

En réalité, le problème réside dans la mauvaise performance du système éducatif dans son ensemble, qui doit être réformé. Le fait d’annuler le diplôme primaire constitue un pas en avant, mais le chemin est encore long.


Changer les mentalités, pas seulement les lois

Fadwa Adel, Le Caire.

Dès l’enfance, de nombreuses filles subissent un traitement ségrégationniste, même au sein de la famille. Cela commence par l’excision, une pratique monstrueuse imposée par les coutumes. Ensuite, les filles subissent la domination du mâle, le père, le frère, puis le mari. A la campagne et dans les classes défavorisées, elles n’osent même pas se plaindre. Jusqu’à nos jours, et malgré certains progrès dans les lois, les mentalités n’ont presque pas changé. Il faut changer la culture et l’éducation des gens pour révolutionner les mentalités. Car la violence contre la femme et la discrimination dont elle est victime se poursuivent. Nous sommes dans une société masculine et patriarcale. L’homme considère toujours la femme comme étant inférieure. Il faut élever nos enfants, surtout les garçons, à respecter leurs soeurs et leur mère, et les filles à se respecter elles-mêmes. Il faut que cette situation change, pour que la femme puisse trouver sa place et son rôle effectif dans la société.