Semaine du 23 au 29 avril 2014 - Numéro 1022
L’heure est à l’expansion
Centre de Recherches sur le Désert  Pour la première fois depuis une décennie, le budget de cette institution va augmenter et permettre le lancement de plusieurs projets dans le domaine du développement durable.
Desert
Rasha Hanafy14-11-2012

Mieux vaut tard que jamais. Le nouveau budget du Centre de Recherches sur le Désert (CRD), relevant du ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres, s’élève cette année à 29 millions de L.E. C’est la somme que le Conseil des ministres a décidé, la semaine dernière, d’octroyer au CRD en réponse à sa demande visant à réaliser plusieurs projets de développement durable dans le désert égyptien. Une décision qui a suscité la satisfaction des chercheurs dans tous les départements du centre. L’approbation de cette somme intervient après des décennies durant lesquelles il a été négligé par les responsables bien que les projets visant à cultiver le désert aient figuré sur les agendas de tous les gouvernements précédents.

Une lueur d’espoir pour les chercheurs travaillant dans le domaine du désert qui peinent à poursuivre leurs recherches, à cause du manque de moyens sur tous les plans. « Il y a quelques années, toutes les demandes d’augmentation du budget étaient refusées, alors que le plan national de l’Etat était la révolution verte ! Cette année, notre demande a été acceptée. La somme qui nous a été allouée va nous permettre de travailler en même temps sur de nouveaux projets. Notre objectif est d’aider l’Etat à établir un plan d’expansion agricole et d’investissement dans les zones désertiques. Nos recherches visent à exploiter le désert tout en respectant le développement durable. Les bédouins et l’Etat sont les grands bénéficiaires de nos activités dans les domaines des nappes phréatiques, des pluies et des récoltes », explique Naim Al-Messelhi, vice-président du CRD et spécialisé dans les prairies.

Selon lui, les projets dans les zones désertiques comme le Sinaï, la Nouvelle Vallée, la Côte Nord-Ouest, le projet du lac Hamam au gouvernorat de Marsa Matrouh, à l’ouest du Caire, les projets dans les gouvernorats de Minya et d’Assiout ainsi que le projet de Tochka sont des priorités après cette augmentation du budget. Et de préciser : « Un de nos projets importants qui avait été reporté au cours des années précédentes consiste à créer un centre d’informations rassemblant toutes les données dans le domaine du développement désertique et qui sera disponible à tous. Ce projet est d’une importance extrême puisque les terres d’Egypte sont à 95 % désertiques. Le moment est venu pour réaliser ce projet après 30-40 ans de négligence et d’indifférence ».

Pour les spécialistes du désert en Egypte, cette attention prêtée au CRD et à ses travaux traduit l’intérêt porté à la recherche scientifique en général, notamment après l’augmentation du budget du ministère de la Recherche scientifique.

Nombreux départements

Le CRD a été fondé en 1934 et inauguré en 1951. Il est considéré comme le centre de recherches le plus ancien d’Egypte. Il mène des recherches dans la péninsule du Sinaï, où en hiver il y a plus de 100 mm d’eau, la Nouvelle Vallée, où se trouve un bassin artésien majeur dans le grès nubien, la zone littorale méditerranéenne et les abords du lac Nasser. Le CRD comprend de nombreux départements : géologie, hydrologie, sols, défrichement, production végétale, écologie des plantes, nappes phréatiques et production animale. Il traite de tout ce qui a rapport avec l’agriculture, l’eau et la production animale dans les conditions arides ou semi-arides. « L’ancien budget du CRD au début des années 2000 s’élevait à une trentaine de millions. Mais avec la domination des hommes d’affaires qui ne s’intéressaient pas à la recherche scientifique, en général, et les études sur le développement durable du désert en Egypte, en particulier, le budget a diminué pour atteindre une somme de 5 millions de L.E. Durant les années précédentes, je me disais sur ce centre qu’il s’agissait d’un corps mort qui ne servait à rien », assure Samer Al-Mufti, ancien secrétaire général du CRD. Et d’ajouter : « Je pense que le centre possède des programmes de recherches dans plusieurs domaines portant sur le désert et il est temps de les rendre efficaces pour le bien de toute la société. Le gouvernement doit commencer à confier au centre des missions précises selon son plan de développement, en ayant un calendrier visant à exploiter le désert égyptien sans détruire les ressources naturelles ».

Quoi qu’il en soit, les chercheurs espèrent aujourd’hui répandre leurs recherches, notamment dans les projets portant sur l’exploitation agricole de la Côte Nord-Ouest et le développement du Sinaï. « Il faut que les responsables fassent la distinction entre notre centre, dont le travail consiste à relever tous les défis pour s’élargir horizontalement dans le désert, et le Centre de recherches agricoles, dont le travail consiste à s’élargir verticalement dans le Delta. Les activités des deux centres doivent être complémentaires pour réaliser un développement durable pour les générations dans l’avenir », indique Mohamad Abbass, ancien président du CRD et spécialiste des nappes phréatiques.

Le CRD possède une vision pour le développement désertique en Egypte dans le domaine agricole et la production animale ainsi qu’une carte complète des nappes phréatiques de toutes les zones. Il s’agit d’une vision qui surmonte les problèmes, dont souffre le Delta égyptien et qui pourrait changer l’avenir de l’Egypte. Il est temps de s’en servir.


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