Semaine du 11 au 17 septembre 2013 - Numéro 991
Ahmad Al-Maghrabi : « Le couvre-feu ne me pose aucun problème »
  Avec le projet musical Curfew (couvre-feu), le propriétaire du centre Makane, Ahmad Al-Maghrabi, défie les circonstances actuelles, avec des ateliers, entre 21h et 6h.
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Ahmad Al-Maghrabi, parmi les musiciens.
Névine Lameï11-09-2013

Al-Ahram hebdo : Avec le projet Curfew (couvre-feu), qui se déroule pendant la nuit, au centre Makane, il paraît que rien ne peut freiner vos activités musicales ...

Ahmad Al-Maghrabi : Le centre Makane ouvre ses portes jusqu’à 23h, à tout musicien intéressé par le projet, question de passer agréablement les heures du couvre-feu imposé actuellement en Egypte. Le couvre-feu ne me pose aucun problème. On organise des ate­liers musicaux, puisant dans le patrimoine égyptien. A travers ces ateliers, des amateurs et des professionnels partagent leurs expériences ; ils jouent ensemble jusqu’au lendemain matin. Curfew est né pour défier la monotonie et l’oisiveté pen­dant les heures du couvre-feu, au lieu de rester figé devant Facebook ou les émissions de télévision. Donc d’une part, on tente d’échapper à l’état de dépression général et d’une autre on permet aux musiciens, « ces créatures noctambules », de mener leur vie. Curfew ou couvre-feu se prête comme un projet de résistance qui ne dépasse pas les portes de Makane. Juste pour mieux sup­porter la situation.

— Pouvez-vous décrire les ateliers en question ?

— Les ateliers de Curfew ras­semblent entre 25 et 30 musi­ciens qui changent tout le temps. Ils commencent à 21h et perdu­rent jusqu’à 6h du matin. Des ateliers entrecoupés par une petite sieste pour ceux qui le désirent ou par une pause-dîner … Ceux qui préfèrent fumer une cigarette ou boire un verre de thé peuvent rester juste devant la porte. Puis, si l’on s’ennuie on regarde des films de la collection privée de Makane et on écoute des enregistrements de nos archives sur la musique populaire égyptienne. Les musi­ciens ramènent aussi des films téléchargés sur Youtube ou des CD de récitateurs du Coran et de maqamat (musique modale).

Il y a des jeunes assez promet­teurs, entre 18 et 21 ans, à l’exemple de Hend Al-Rawi (chanteuse populaire), Abdallah Abou-Zékri (sas/luth) et Tareq Al-Someri (luth), qui se produi­sent avec les habitués de nos soirées organisées les mardis et mercredis, à savoir Nas makane et l’ensemble Mazaher pour la musique du zar (exorcisme). Certains sont âgés de 60 et 70 ans. Ils sont de vrais experts du patrimoine. Je cite entre autres : Oum Sameh, Oum Hassan et Sabah, les divas du zar. Le chanteur nubien Hassan Al-Saghir. Et la Soudanaise Salma Al-Assal.

— Pensez-vous élaborer le projet Curfew et le développer plus tard ?

— Curfew me permettra d’enrichir la programmation des soirées Nas makane (les habitués du centre), avec des jeunes prometteurs dans le champ de la musique populaire. J’ai décidé de poursuivre ces ateliers, même après la fin du couvre-feu. Je vise à élargir l’esprit de Curfew pour former un orchestre complet, capable de préserver la mémoire musi­cale du pays. Et comme il s’agit d’un auto-financement, j’es­saierai de trouver un plus grand budget, de demander une aide de l’Organisme des palais de la culture ou un financement par le ministère, afin d’étendre l’expérience à d’autres régions et gouvernorats .




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