Semaine du 10 au 16 juillet 2013 - Numéro 982
Médhat Al-Bakry: « Notre sélection est en très bonne forme et fera mieux la prochaine fois »
  Médhat Al-Bakry, entraîneur de la sélection nationale d'escrime, revient sur la performance de l'Egypte aux Championnats d'Afrique. Selon lui, si l'Egypte n'a pas conservé son titre cette année, c'est à cause de la concurrence acharnée de la Tunisie.
Médhat Al-Bakry
Médhat Al-Bakry, entraîneur de la sélection nationale d'escrime.
Mirande Youssef10-07-2013

Al-Ahram-Hebdo : L’Egypte n’a pas pu conserver son titre continental cette année. Comment voyez-vous cette performance ?

Médhat Al-Bakry : Il faut préciser d’abord que l’Egypte s’est classée 2e grâce aux 3 médailles d’or, 8 d’argent et 6 de bronze qu’elle a obtenues. Elle a été devancée par la Tunisie qui a raflé 8 médailles d’or. Ces 3 médailles ont été remportées par les équipes hommes dans les trois épreuves du fleuret, de l’épée et du sabre. Mais en individuel, l’Egypte n’a décroché aucune médaille d’or. Ce résultat n’était pas du tout attendu. On s’atten­dait plutôt à ce que le champion olym­pique Alaa Al-Sayed décroche une médaille en fleuret, vu qu’il vient de remporter une médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens (JM) qui se sont achevés le 30 juin à Mersin en Turquie. En tant qu’ancien arbitre, je pense que l’arbitrage n’était pas neutre, ce qui a empêché Alaa Al-Sayed d’atteindre le stade des quarts de finale. En fait, Al-Sayed a fait un assaut qui méritait un point, mais l’arbitre a refusé de le compter. Il a été battu par son adversaire 14-15. La sélection féminine n’a pas pu se mesurer à l’équipe tunisienne qui était très forte. Sur les 8 médailles d’or remportées par la Tunisie, 5 ont été décrochées par la sélection féminine.

— Le niveau élevé de la compéti­tion a-t-il joué un rôle dans cette performance ?

— La compétition n’était serrée que contre la Tunisie et le Sénégal. Ces deux pays ont réussi ces dernières années à renouveler leurs sélections en ayant recours aux experts français et bulgares. Ils ont réussi à développer le niveau de leurs escrimeurs. Voilà pourquoi la Tunisie possède une sélection de très haut niveau. Elle vient de se classer 3e aux Jeux médi­terranéens de Mersin. Notons aussi que la Tunisie possède une sélection féminine très forte, avec trois athlètes qui ont la nationalité française et qui s’entraînent en France. Citons par exemple l’épéiste Sara Besbes qui s’entraîne en France et qui a un niveau très élevé. Elle s’est classée 5e aux JO de Londres 2012. Elle est championne d’Afrique depuis 2007 en épée, et médaillée d’argent aux Championnats de France 2010. La Libye a fait une grande surprise cette année en remportant la médaille d’or en épée grâce à Khaled Buhdeima. Cet épéiste a une technique de jeu très développée, car il s’entraîne lui aussi en France.

Médhat Al-Bakry

— La sélection féminine n’a pas réalisé de bonnes performances. Que comptez-vous faire pour amé­liorer son niveau ?

— Il est vrai que l’Egypte s’est classée 2e au tableau final, car la sélection féminine n’a décroché aucune médaille d’or. Mais je pense que cette sélection a réalisé quand même une performance satisfaisante. Par exemple, la fleurettiste Imane Chabane, l’épéiste Mena Yasser et la sabreuse Aya Moustapha ont rempor­té chacune une médaille d’argent en individuel. Les dames ont remporté une médaille de bronze en épée et une médaille d’argent en fleuret en équipe. Le travail a commencé avec elles il y a 4 ans lorsqu’elles étaient juniors. Ce programme commence à donner ses fruits. Mais il faut leur donner plus de temps pour acquérir plus d’expé­rience.

— Comment était la préparation pour ces championnats ?

— Lorsque Alaa Aboul-Qassem a réalisé son exploit à Londres 2012 en remportant une médaille d’argent, la Fédération a commencé à accor­der une attention particulière à la préparation de l’équipe nationale. La sélection a commencé son premier regroupement à la mi-février par un stage d’entraînement au Centre olympique de Maadi. Elle a effectué un autre stage en France où elle a disputé des matchs avec des sélec­tions étrangères de haut niveau comme la France et la Russie. C’est une préparation qui a regroupé les trois épreuves, à savoir le fleuret, l’épée et le sabre. Puis, chacune des trois disciplines a effectué séparé­ment des stages au Japon, en Turquie et en Suisse. Elles ont également participé à des tournois Grand Prix pour tester leur niveau. Cela sans compter que le champion olympique Alaa Aboul-Qassem suit un pro­gramme d’entraînement spécial avec son entraîneur français.

— Quels sont vos objectifs pour le reste de la saison ?

— Nous nous préparons pour les Mondiaux qui auront lieu en Hongrie en août prochain. Pour bien se prépa­rer à cet important tournoi, la sélec­tion assistera à un camp d’entraîne­ment en Egypte et un autre camp aura lieu en Pologne dix jours avant les Mondiaux.




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