Semaine du 15 au 21 mai 2013 - Numéro 974
Ahmad Eissa Malamat : Eissa, le nouvel homme fort des antiquités
  Le nouveau ministre d’Etat pour les Affaires des antiquités,Ahmad Eissa Malamat, est membre du parti islamiste Al-Wassat. Spécialiste des époques islamique et copts, sa nomination a surpris un grand nombre d’archéologues.
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Nasma Réda15-05-2013

53 ans et peu connu. Le nouveau ministre des Affaires des antiquités, Ahmad Eissa, est un anonyme pour la plupart des archéologues comme pour le grand public. Originaire de Haute-Egypte, précisément de Guerga dans le gouvernorat de Sohag, il est diplômé de l’Université d’Assiout en antiquités islamiques.

Ahmad Eissa Malamat devient rapidement inspecteur des monuments islamiques et coptes au sein de l’Autorité des antiquités égyptiennes, l’actuel Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Il restera 9 ans à ce poste avant d’obtenir un doctorat sur les influences islamiques sur l’architecture de l’Eglise copte dans les gouvernorats de Qéna et d’Assouan depuis le début de l’époque ottomane jusqu’à la fin du règne de Mohamad Ali.

Changeant de ministère, il devient professeur au département des antiquités islamiques de la faculté à l’Université d’Assiout, puis vice-doyen pour la société et l’environnement à l’Université du Sud de la Vallée. En septembre 2011, il est nommé doyen du Collège d’archéologie, toujours à l’Université du Sud de la Vallée.

Pas à sa place

Beaucoup estiment qu’un spécialiste de l’architecture islamique et copte n’a pas sa place à la tête du ministère des Antiquités. « C’est le domaine pharaonique qui est le plus important et central en Egypte. En plus, le secrétaire général du CSA est déjà un spécialiste des périodes islamique et copte. Il fallait pondérer les spécialisations », regrette un jeune archéologue.

Dans l’une de ses premières déclarations, le nouveau ministre a affirmé que ses priorités étaient le développement du ministère et la lutte contre la corruption.

Mais pour l’ex-secrétaire général du CSA, Noureddine Abdel-Halim, c’est « la protection des monuments des pillages, vols et dégradations » qui est la priorité absolue. « Vous devez être concerné seulement par les antiquités, loin de votre loyauté au parti islamique Al-Wassat », affirme-t-il.

En effet, nombre de journalistes le considèrent comme « un ministre islamiste dans un gouvernement de Frères musulmans. Le ministre des Antiquités doit être libre », affirme Mahmoud Saad, journaliste sur Al-Nahar TV.

Le parti Al-Wassat nie, quant à lui, toute nomination politique, et affirme que Mohamad Eissa a été choisi en tant que technocrate, réitérant le fait que le parti lui-même avait posé ses conditions sur sa participation au remaniement ministériel.

Restructuration

Lors de son arrivée au ministère, Eissa a présenté un plan de travail de trois axes pour une meilleure gestion des ressources financières, une restructuration du ministère et une feuille de route pour mettre fin aux violations qui menacent les sites archéologiques.

« Je suis contre les ventes d’antiquités nationales, et certainement contre l’idée de les louer. Ce sont des propriétés purement égyptiennes. D’ailleurs, je suis d’accord pour exposer nos antiquités à l’étranger si les conditions de sécurité sont respectées », a-t-il affirmé.

Le ministre avoue aussi être conscient que « le problème de la sécurité est la chose la plus importante qui entrave les travaux archéologiques. Si la sécurité revient, les groupes de touristes retourneront visiter nos monuments ».

Il souhaite étudier l’idée de former des gardiens armés dans les musées et sur les sites archéologiques, en collaboration avec l’Office du tourisme et la police des antiquités. Mais sa réussite à faire revenir les touristes sur les sites archéologiques reste avant tout tributaire du contexte général .

Ils ont dit :

Mohamad Ibrahim, ex-ministre des Antiquités :

« Sa mission est très difficile. Le manque de financement est le plus grand problème qu’il affrontera. J’espère qu’il pourra le surmonter ».

Zahi Hawas, égyptologue et ex-ministre des Antiquités :

« La formation des jeunes archéologues doit être la priorité du nouveau ministre. Ils sont la vraie richesse du ministère, ceux qui prendront en charge la préservation du patrimoine égyptien inestimable pour les générations futures ».

Mohamad Al-Kahlaoui, secrétaire de l’Union arabe des archéologues :

« Je lui souhaite beaucoup de succès. J’espère qu’il saura trouver des solutions radicales pour les problèmes croissants auxquels font face les archéologues ».




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