Semaine du 1 au 7 mai 2013 - Numéro 972
Budget de l'état: Le casse-tête du deficit
  Le gouvernement cherche à réduire le déficit pour l’exercice 2013-2014. Il mise sur une baisse des subventions et une hausse des impôts, avec en toile de fond la mission d’obtenir le prêt du FMI.
Carburants
Le gouvernement veut rationaliser la distribution des carburants afin de réduire les subventions. (Photo: Bassem Al-Zoghby)
Marwa Hussein01-05-2013

Réduire le déficit et la dette publique, tels sont les objectifs principaux du gouvernement pour le budget 2013-2014, premier budget élaboré par le gouvernement de Mohamad Morsi. Pour y parvenir, le gouvernement espère pouvoir pas­ser plusieurs lois visant à réduire les dépenses, surtout les subventions. Il souhaite aussi aug­menter les recettes à travers une hausse des taxes et des impôts. Bref, les Egyptiens vont financer la baisse de la facture du gouverne­ment.

L’objectif est d’amener le déficit budgétaire à 9,6 % du PIB (197 milliards de L.E.) contre quasi 12 % prévus pour l’exercice en cours. Celui-ci devait se limiter à 7,8 % lors de l’éla­boration du budget, mais le gouvernement n’a pas pu mettre en application des mesures pour le réduire.

Pour les économistes, l’objectif affiché pour l’année prochaine semble être très ambitieux. Plusieurs d’entre eux ont des doutes sur le fait que le gouvernement parvienne vraiment à baisser le déficit.

« Nous pensons qu’il sera difficile d’at­teindre un tel objectif », estime Mohamad Abou-Bacha, économiste auprès de la banque d’investissement EFG-Hermes. « La réalisa­tion de cet objectif signifie que le gouverne­ment serait en mesure de mettre en oeuvre son plan de réduction des subventions à partir de juin prochain, ce qui ne semble pas possible », ajoute Abou-Bacha. Le gouvernement prévoit également d’augmenter les recettes fiscales de 90 milliards de L.E. pour 2013-2014, une pré­vision « très ambitieuse » selon Abou-Bacha. Même certains membres du gouvernement estiment que le déficit pourrait atteindre 312 milliards de L.E., soit 15,2 % du PIB, si les procédures prévues ne sont pas mises en vigueur. « On risque de ne pas parvenir à réduire le déficit au taux voulu si le Conseil consultatif n’adopte pas les projets de lois concernant les procédures mentionnées dans le budget », a lancé aux députés Mohamad Al-Morsi Hégazi, ministre des Finances, lors de la présentation du budget devant le Conseil consultatif.

Dans la même impasse

La volonté du gouvernement de réduire le déficit va de pair avec les conditions du FMI pour octroyer à l’Egypte un financement de 4,8 milliards de dollars. L’institution financière internationale exige un déficit de 8,5 % du PIB, ce que le gouvernement a jugé difficile. Le taux proposé dans le budget serait le maximum qu’aurait accepté le FMI. Ce dernier avait accepté, en 2011, quelques mois après la révolu­tion, un budget plus souple qui visait un déficit de 11 %, avec l’objectif d’augmenter les inves­tissements publics, afin de compenser la régres­sion des investissements privés.

Or, ce budget élaboré par Samir Radwane, premier ministre des Finances après la révolu­tion, a été rejeté par les militaires au pouvoir. Radwane avait défendu un budget plus large pour soutenir l’économie, mais il avait mis en place un plan à moyen terme pour diminuer le déficit dans les années à suivre. Le budget enfin adopté à l’époque n’a débouché ni sur une baisse du déficit, ni sur une relance de l’écono­mie. Le budget 2013-2014, le 3e de l’après-révolution, semble encore dans la même impasse, avec en plus une chute des réserves de change et une dette publique qui explose.

Manque de transparence

Le budget de l'Egypte manque de transpa­rence sur plusieurs aspects. Le plus flagrant est que le budget d'entités comme l'armée, le Parlement et le Conseil consultatif (Chambre haute du Parlement) est exposé sans détail. Ainsi, le secteur de la défense bénéficie d'allocations à hauteur de 30,9 milliards de L.E. dans le budget 2013/2014 contre 27,5 milliards pour l'exercice en cours. Une somme légèrement plus élevée avec 32,7 milliards de L.E est allouée au secteur de la santé.



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