Semaine du 24 au 30 avril 2013 - Numéro 971
Découverte : Chéops réapparaît à la mer Rouge
  La mission égypto-française travaillant à Wadi Al-Garf a annoncé les dernières découvertes sur le site de la côte de la mer Rouge. Il s’agit du plus ancien port de l’Histoire remontant à la IVe dynastie.
Decouvertes
Quelques galeries avec les inscriptions qui y étaient gravées là-dessus
Nasma Réda24-04-2013

Il était une fois un géant pharaon dont le génie est incomparable. Chéops, bâtisseur de la grande pyramide de Guiza, était présent sur la côte de la mer Rouge, à 180 km au sud de Suez. Son nom apparaît clai­rement sur les cartouches et les pierres en cal­caire bloquant certaines galeries. « Cette décou­verte exceptionnelle est très importante puisqu’il s’agit du plus ancien port découvert jusqu’à nos jours », a déclaré Mohamad Ibrahim, ministre d’Etat pour les Affaires des antiquités. « Ce port était utilisé dans le transport du cuivre et d’autres métaux du Sinaï vers la Vallée du Nil », ajoute Adel Hussein, responsable au Conseil suprême des antiquités.

A presque 3 km de la montagne, on trouve une jetée en forme de L, immergée, mais dont l’ex­trémité de la branche est-ouest vient s’arrimer au rivage. « Cette jetée prend naissance sur la plage et se prolonge sous l’eau en direction de l’est sur une longueur d’environ 155 à 160 m. Elle oblique ensuite, selon un tracé moins régu­lier, en direction du sud-est sur environ 120 m », ajoute Pierre Tallet, directeur français de la mis­sion Wadi Al-Garf. Une exploration sous-marine a permis de confirmer la fonction portuaire de cette installation : au moins 21 ancres de bateaux en calcaire ont été découvertes. Dans la zone des galeries-entrepôts, 13 galeries ont été dégagées en totalité, sur la trentaine que com­porte le site. 3 d’entre elles contenaient encore un très important dépôt de grosses jarres de stockage, ayant probablement servi de contai­ners à eau pour des embarcations. « Ces jarres sont produites localement : deux fours de potiers ayant servi à les fabriquer ont été découverts au pied d’une des zones qui abritaient les galeries. Elles ont par ailleurs reçu presque systémati­quement une inscription à l’encre rouge », explique le directeur du site.

Les autres galeries fouillées semblent avoir été dévolues à la conservation d’éléments de bateaux. Elles sont régulièrement équipées de petits murets transversaux, d’une seule assise de pierre, qui devait servir d’appui pour de grosses planches rangées à l’intérieur. « Un vrai trésor et en bon état », dit Adel Hussein. « La présence de tenons, d’éléments de rames, de pièces d’ac­castillage donne malgré tout une idée assez claire de l’importance commerciale du site à un moment donné de l’histoire du site », a-t-il ajouté.

A proximité de la mer, également, ont été mis au jour deux grands bâtiments administratifs de l’Ancien Empire, présentant des cellules organi­sées en dents de peigne. Un dépôt de 99 ancres de bateaux y a été découvert, un grand nombre d’entre elles comportent une inscription à l’encre rouge qui identifie probablement les embarcations auxquelles elles étaient destinées. A mi-chemin entre les campements et la côte, au coeur de la plaine littorale, qui sépare le dernier ressaut montagneux de la mer, on relève la pré­sence d’une grande construction rectangulaire en pierres sèches, très ensablée. Les fouilles prochaines sur le site ont pour objectif de dévoi­ler d’autres secrets de cette période riche en déchiffrant la quarantaine de papyrus trouvés.




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