Semaine du 20 au 26 mars 2013 - Numéro 966
Faune et Flore : Le coup de pouce manquant
  Le Parc national zoologique et botanique d’Egypte prévu à Hélouan, au sud du Caire, tarde à démarrer. Mais des équipes s’activent pour faire bouger les choses.
env
20-03-2013

Le projet est ambitieux, mais sa mise en oeuvre prend beaucoup de retard et agace. La création du National Park of Egypt ou Parc national d’Egypte, ce jardin zoologique et botanique à ciel ouvert qui doit renfermer différentes espèces animales et végétales, surtout égyptiennes et en voie d’extinction, a été décidée il y a plus de 2 ans. Une superficie de 500 feddans (210 ha) lui avait été consacrée à quelques kilomètres de Hélwan au sud du Caire.

Alors aujourd’hui, l’impatience se fait de plus en plus ressentir, notamment sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, le groupe intitulé Protected Areas of Egypt, l’activiste pour la protection des animaux et membre du comité de surveillance des zoos d’Egypte, Dina Zulfikar, explique le problème tout en demandant aux membres du groupe, aux experts ou aux amateurs d’agir. Elle se plaint du fait que le terrain pour le projet, réservé par le gouvernorat de Guiza en 2010, reste vide.

Zulfikar s’est adressée au premier ministre, Hicham Qandil, ainsi qu’à toutes les parties prenantes de ce projet, comme le secteur de la protection de la nature de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), l’Organisme général des services vétérinaires et la société civile. Elle a de même essayé de mobiliser les journalistes. « J’ignore pourquoi le projet est paralysé ! On ne demande rien au gouvernement, tout est prêt pour entamer un projet national ambitieux. Le financement sera assuré par les agences d’aide et les agences de tourisme en Egypte. Tout ce qu’on demande au gouvernement c’est un feu vert ! Est-ce exagéré ? », grogne-t-elle.

Le National Park of Egypt, qui a réussi à convaincre le gouverneur de Guiza, a été mentionné dans les médias en juin 2012 lors d’un atelier de travail qui a regroupé les parties concernées. Le projet est une initiative de l’association égyptienne intitulée Les Amis des jardins publics et de patrimoine. Il doit permettre d’améliorer la condition de la faune et de la flore en Egypte face à la négligence des responsables. A titre de comparaison, la superficie du Zoo de Guiza (principal jardin zoologique d’Egypte fondé en 1860) ne dépasse pas les 60 feddans (25,2 ha) et celle du jardin botanique d’Al-Ormane, non loin du Zoo de Guiza, est de 10 feddans (4,2 ha). Or, ces deux jardins historiques sont aujourd’hui dans un état désastreux.

« Le nouveau jardin doit être construit sur 500 feddans dans la région des forêts artificielles qui s’étale sur une superficie de 2 000 feddans (840 ha) à 15 km au sud de Hélouan et à 4 km au sud de la cimenterie de Tora. Le site a été très bien choisi à la suite de plusieurs études géologiques qui ont révélé sa richesse en eau souterraine, près de la station de traitement des eaux usées et loin de toute pollution atmosphérique, d’autant plus que la cimenterie de Tora doit être transférée vers un nouveau site », souligne Dr Salah Zaki, professeur d’architecture à l’Université d’Al-Azhar et président de l’association Les Amis des jardins publics et de patrimoine.

Selon Dina Zulfikar, l’objectif de ce parc est la conservation et l’éducation. « Tout jardin zoologique ou botanique doit aider non seulement à conserver les espèces animales et végétales, mais aussi à reproduire celles qui sont en voie d’extinction afin d’éviter leur disparition. Ce genre de jardin est considéré dans le monde entier comme des centres d’éducation pour les citoyens, à travers lesquels ils s’informent sur les différentes espèces et apprennent la biodiversité et l’équilibre écologique », explique-t-elle.

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Le projet égyptien suit le modèle d'un projet similaire à Dubaï, le « Dubai Desert Conservation Reserve

« Soutenir les programmes de reproduction »

Pour Dr Loai Al-Sayed du département de la protection de la nature au sein de l’AEAE et qui représente le ministère de l’Environnement dans les réunions du projet, le jardin permettra de protéger et de conserver les ressources naturelles hors de leur environnement. « Notre service a commencé en 2000 à soutenir les programmes de reproduction des éléments de la diversité biologique comme les plantes, les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Il y a des espèces en danger et un tel projet est primordial », indique Dr Loai Al-Sayed.

Dr Yasser Adel, spécialiste des plantes sauvages et de diversité biologique, estime, de son côté, que « la flore est exposée à des dangers naturels et humains et qu’un tel jardin peut aider à sauver les différentes plantes en voie d’extinction ».

Le jardin botanique renfermera une partie pour des plantes venant des quatre coins du monde, une serre de 2 000 m2 pour les différents arbres et plantes nécessitant un environnement spécial, un espace pour les plantes ornementales, un autre pour les plantes désertiques, médicinales et rocheuses. Une zone pour les palmiers et les plantes aquatiques est aussi prévue. « Pour tirer le plus grand profit du projet, il faudra suivre à la lettre les systèmes modernes de gestion des jardins botaniques », prévient Dr Térèse Labib, spécialiste et consultante des jardins botaniques.

Ce nouveau jardin est le rêve de l’association Les Amis des jardins publics et de patrimoine. Il ne pourra néanmoins se réaliser qu’à travers la formation d’un comité national regroupant les représentants des municipalités des ministères de l’Environnement et de la Santé, des experts, des académiciens et de la société civile pour partager les rôles et la responsabilité. Un comité que l’association espère voir former dans un avenir proche .




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