Semaine du 13 au 19 mars 2013 - Numéro 965
Assi Al-Hellani: La voix de Baalbek
  Honoré récemment par l’Organisation internationale des Nations-Unies du titre d’ambassadeur de bonne volonté, l’interprète-compositeur libanais Assi Al-Hellani en porte bien d’autres aussi prestigieux, comme celui de Farès al-oghniya al-arabiya ou le chevalier de la chanson arabe. Entouré de son épouse et de ses 3 enfants, Assi est de plus un père de famille comblé.
Assi Al-Hillani
Assi Al-Hillani
Mireille Bridi13-03-2013

L’année 2012 lui a porté bonheur à plus d’un niveau. 20 albums, 10 vidéoclips, des chansons, des compositions et des hymnes patriotiques, sans compter les concerts et les animations d’émissions télé, de dîners et de soirées de gala, au Liban et à l’étranger …

Avec le temps, Assi Al- Hellani s’est habitué à accueillir le succès, sans se griser. Son dernier couronnement au titre hautement humanitaire d’ambassadeur de bonne volonté l’a rempli d’une joie intense. Non seulement pour cette gratification honorifique, Assi étant bien connu pour sa bonté de coeur et ses nombreuses activités caritatives placées sous le signe de la discrétion, mais aussi et surtout pour la responsabilité sociale encore plus lourde à assumer. Dans ce cadre, il vient de lancer l’initiative « Vis le Liban, Eich Lebnane », où il invite chaque citoyen à « vivre son pays », autrement dit à le faire sien et à agir en conséquence. Tout compte fait, le développement du pays est l’oeuvre de ses citoyens.

D’où cette invitation qui sort de la bouche de Assi, et qu’on voit partout à travers les slogans, invitant tous ses compatriotes à mettre la main à la pâte. « Ce titre me comble de joie, mais il m’engage aussi à faire plus d’effort et à travailler davantage pour le bien-être de l’humanité », dit-il, en arborant ce sourire charismatique qui ne le quitte pas. En tenue décontractée, pull et jean, il nous accorde un tout petit peu de son temps, et nous accueille en famille, avec son épouse Colette et ses enfants. Les félicitations se poursuivent toujours et fusent de partout dans leur belle résidence spacieuse. Déjà heureux et pleinement satisfait du succès remporté par l’émission The Voice, sur la LBCI, et bien entendu de la victoire de son équipe, c’est un Assi Al-Hellani à la fois jeune et mûr, serein et détendu qu’on rencontre. « L’Egypte, c’est ma seconde patrie. Elle m’a ouvert grand ses portes et m’a beaucoup soutenu durant ma carrière. C’est avec une grande joie que j’anime toutes les soirées caritatives ou patriotiques organisées dans ce beau pays si cher à mon coeur. Je souhaite vivement le retour au calme et la stabilité d’Oum al-donia (mère du monde) ».

Et le voilà qui évoque avec enthousiasme son parcours, jalonné de petits pas lents mais sûrs, et fier des excellents bons points qu’il a obtenus et qui viennent s’ajouter à son riche palmarès. Il parle aussi de son grand amour pour sa grande famille et de sa passion pour les chevaux. Par où faut-il commencer ? « Par ma naissance, rétorque-t-il, au sein d’une famille nombreuse et modeste, à Baalbek ». Aujourd’hui décédée, sa mère auréole sa vie. « Elle est omniprésente, et ne cesse de marquer de son empreinte toute ma vie », confie Assi Al-Hellani, qui a grandi au sein d’un environnement pluriel en compagnie de ses 2 frères et de ses 9 soeurs. Mais l’influence maternelle est la plus forte. Pour Assi, « il n’y a pas de jour précis pour la Fête des mères et je n’attends pas le 21 mars pour l’honorer. Sa mémoire est toujours vivante en moi et j’accomplis ses dernières volontés pour bénéficier toujours de sa bénédiction. C’est le cadeau que je lui offre ».

De son vrai nom Mohamad Mezian Al- Hellani, il s’est attribué le prénom de Assi, en hommage au fleuve libanais rebelle et récalcitrant, le Assi, mais aussi en hommage à la grande figure musicale libanaise et arabe, Assi Rahbani. Originaire de Harbata, à Baalbek la prestigieuse, Assi avait du talent, dès son jeune âge, et interprétait de sa voix puissante aux vibratos empreints de virilité toute « baalbekiote », les chansons libanaises devant ses amis et sa famille.

En 1985, il poursuit pendant 5 ans des cours de musique à l’Institut supérieur de la musique, au Conservatoire libanais, centrés sur le oud et les techniques vocales arabes. En 1990, frayant son petit bout de chemin dans la chanson, il se lance dans le chant classique libanais et participe à l’émission télé qui « fabriquait » les vedettes, Studio al-fan, sur la fameuse chaîne LBC. Et c’est dans les coulisses de cette chaîne qu’il remporte, tout haut, le premier prix de la chanson et fait aussi la connaissance de sa dulcinée, Colette Boulos, Miss Liban 1989. Un premier regard, une grande admiration, ce fut le coup de foudre et une grande histoire d’amour qui dure toujours, 18 ans après leur mariage. « Et là, c’est une autre histoire, raconte Assi, secondé par son épouse Colette. Elle m’a fasciné, dit-il, du premier regard ». Et pour cause.

Colette est une très belle jeune fille dotée d’une forte personnalité. Venus de milieux totalement différents, lui musulman de la ville de Baalbek, et elle chrétienne, de Beyrouth, Assi et Colette ont réussi à braver et à franchir tous les obstacles. Après avoir enlevé sa dulcinée en bonne et due forme, Assi épouse Colette et leur mariage est bâti sur de fortes assises. Fortement amoureux et respectueux l’un de l’autre, ils forment l’un des rares couples d’artistes à mener jusqu’à nos jours une vie familiale « normale ».

Mariés en catimini pour ne pas altérer la carrière de Assi, c’est le début de l’élan de l’artiste. De 1990 jusqu’en 2011, chaque année, une chanson ou un album voit le jour. Son premier album Beytik eter (ta maison est du miel) et son second, Mahlana sawa (que nous sommes beaux à deux), ne sont pas de sa composition. Le troisième, Ya hala bil kheir (bienvenue au bien), par contre, porte sa signature. Il compose également la musique d’Al-Qarar (la décision), écrite par Nizar Qabbani, et d’autres chansons comme Ya naker al-maarouf (toi, l’ingrat), Qowetna bi wehdetna (notre force est dans notre union), ou encore Beyrouth am tebki (Beyrouth pleure), et la trop célèbre Lebnani (Libanais), etc.

Ainsi, volant de succès en succès, Assi anime des concerts, des soirées, et se produit sur les planches des plus grands théâtres arabes et internationaux. « Je n’oublierai jamais le spectacle présenté à l’Opéra du Caire, dit-il d’un ton nostalgique. Ni celui au pied des Pyramides ». Au Festival de la chanson de la radio et de la télévision, en Egypte, il est récompensé du Golden Oscar, et avec la troupe de danse Caracalla, il joue dans le spectacle Zayed wal helm. A l’étranger, Assi Al-Hellani se produit à l’Albert Hall à Londres, au Palais des congrès à Paris, au Fox Theater aux Etats-Unis, ainsi qu’à Las Vegas. Du côté arabe, il participe aux Festivals de Jarach en Jordanie, de Carthage en Tunisie, et bien entendu au Festival international de Baalbek, où il est, en 2011, la vedette de la pièce musicale Min ayam Salaheddine, avec Antoine Kerbage et Carmen Lebbos.

Malgré toute cette popularité et ce grand succès, la célébrité ne lui est pas montée à la tête et Assi est resté égal à lui-même, n’hésitant pas à mettre la main à la pâte dans l’humanitaire, chaque fois que l’occasion se présentait. Ainsi, il anime des concerts de levée de fonds pour l’association pour le développement de la femme, Hayati, et reçoit une médaille d’honneur des Nations-Unies pour sa contribution au Programme alimentaire mondial contre la pauvreté et la faim, entre autres.

De retour au quotidien, quand Assi retourne chez lui, il retrouve tout heureux son épouse Colette qui adore, comme elle le dit, cet « Oriental plein de virilité et de courage », et ses 3 enfants. « Bien que Colette s’occupe personnellement de l’éducation de nos 3 enfants, je réussis à leur accorder suffisamment de temps et d’attention. Ils sont heureux et brillants dans leurs études. C’est une grâce du Bon Dieu », remarque Assi, en souriant de ce rire jovial qui le caractérise et que Colette apprécie le plus en lui. A son tour, présentant ses enfants, Colette ajoute : « Marita, l’aînée, est en classe de seconde terminale ; Dana, 15 ans, prépare le brevet ; et Walid, 12 ans, est en cinquième préparatoire. Dana et Walid adorent l’équitation, comme leur père ».

En évoquant l’équitation, Assi devient tout sourire et enthousiasme. Adore-t-il aussi ses chevaux ? « Bien entendu, répond-il, et depuis longtemps. C’est ma grande passion, tout comme le chant et la composition. Le cheval est le symbole de la cavalerie authentique ». Il aurait, paraît-il, un cheval préféré. « Pas du tout, signale-t-il, tous les chevaux occupent la même place dans mon coeur. Comme mes chansons, mes albums, mes vidéoclips, ils ont tous la même part d’affection et d’amour dans mon coeur, chaque oeuvre à sa manière ». Mais à côté de l’équitation, Assi pratique du sport pour rester en pleine forme, voyage et apprécie toutes les beautés du monde.

Cependant, son grand amour demeure le Liban. Il rêve, comme il l’affirme, pour son pays, qu’il soit : « libre, souverain, indépendant et ouvert, où règne la coexistence en parfaite harmonie ». Et d’ajouter : « Bien que j’aie goûté et apprécié toutes les cuisines du monde, mon coeur penche toujours pour la bonne cuisine libanaise riche et variée, que j’adore et qui me rappelle mon enfance ». Aussitôt l’allusion faite, de bonnes odeurs se répandent et embaument l’atmosphère. Colette nous invite cordialement à passer à table. De succulents plats libanais attendent les invités de ces hôtes charmants et hospitaliers, Assi et Colette Al-Hellani, dans une ambiance chaleureuse et cordiale.

Jalons :

28 novembre 1970 : Naissance.

1985-1990 : Etudes au Conservatoire du Liban.

1990 : Début avec le chant classique, succès de Hawara.

1995 : Mariage avec Colette Boulos, Miss Liban 1989.

1996 : Naissance de sa fille Marita.

1997 : Naissance de sa fille Dana.

2000 : Naissance de son fils Walid.

2006 : Séjour en Egypte, où il enregistre l’album Dagat galbi.

2012 : Titre d’ambassadeur de bonne volonté des Nations-Unies.




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