Semaine du 20 au 26 février 2013 - Numéro 962
Criquets pèlerins : Faire face au fléau
  La lutte contre cet insecte se poursuit dans le sud de l’Egypte. Les spécialistes envisagent un combat biologique afin d’éviter une destruction des récoltes.
Criquets Pèlerins
Rasha Hanafy20-02-2013

Ils sont tous sur le terrain. Les responsables du département de lutte contre les criquets au ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres suivent de près les mesures pour combattre les hordes de larves de criquets répandues dans les zones montagneuses de Marsa Alam, dans le gouvernorat de la mer Rouge, ainsi que dans les zones frontalières au nord-ouest du Soudan.

L’attaque de ces essaims est source de pertes et de dégâts dans les récoltes, si les larves se métamorphosent en insectes. Des équipes de spécialistes munies d’insecticides ont été envoyées par le ministère de l’Agriculture, dans différentes régions menacées. Le combat en cours est livré contre les larves de criquets sur une superficie de 35 000 feddans (14 700 ha) dans les régions de Chalatine, Hamata, Abou-Ramad.

L’Organisation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture a averti au début de ce mois dans un communiqué que « la situation relative aux criquets pèlerins demeure préoccupante dans les zones de reproduction hivernale le long des deux rives de la mer Rouge. Davantage de groupes et de bandes larvaires se sont formés au cours des dernières semaines sur la côte dans le sud-est de l’Egypte et le nord-ouest du Soudan ainsi que sur les côtes centrales et septentrionales de l’Arabie saoudite ». L’attaque des criquets n’est pas un phénomène totalement étranger à l’Egypte. Selon les responsables du ministère de l’Agriculture, ces insectes arrivent, habituellement, du Soudan, et depuis quelques années, des hordes sont venues de Libye.

Ils pensent qu’en général, l’Egypte n’est pas un lieu favorable aux criquets ni pour l’accouplement, ni pour la reproduction. Mais les changements climatiques ont eu des répercussions sur les mouvements migratoires des criquets. « Les criquets se déplacent en cherchant les conditions environnementales convenables pour se nourrir et composer de nouvelles souches. Il se peut que les essaims commencent leur pèlerinage dans un pays, mais s’ils trouvent les conditions adéquates pour poser leurs oeufs ou se nourrir, ils ne continuent pas leur trajet. Le ministère de l’Agriculture observe les criquets sur les frontières de l’est et du sud, afin de prendre toutes les précautions nécessaires et éviter le pire », explique Gamal Saad, directeur de l’administration de l’inspection technique et de la poursuite des traitements, relevant du ministère de l’Agriculture.

La lutte contre ces insectes représente un enjeu très important, en particulier pour la sécurité alimentaire de nombreux pays en développement. Les criquets provoquent de nombreux ravages. Ils peuvent dévorer des champs entiers en quelques minutes, ce qui représente un danger pour l’Egypte, notamment avec une conjoncture économique critique de nos jours. D’où la nécessité de faire face à une éventuelle invasion. Les spécialistes de l’environnement mettent en garde contre les dégâts qui pourraient être considérables, à cause du recours aux insecticides et de la combustion des pneus ou de la paille du riz pour tuer ces insectes, à l’image des agriculteurs d’Assouan.

La « manipulation météorologique », une solution nécessaire

La lutte biologique et la manipulation météorologique pourraient être une solution écologique pour le problème des criquets. C’est la solution que les écologistes annoncent pour remédier aux invasions des criquets sur les frontières égyptiennes. Le professeur Mounir Al-Husseini a plaidé, il y a quelques années, pour la nécessité de recourir à la « manipulation météorologique ». Il s’agit de techniques visant à modifier les conditions météorologiques de manière à empêcher les flots migratoires des criquets. « La manipulation météorologique est une arme préventive qui peut faire face au problème de l’invasion des criquets en Egypte. Nous devons être prêts à tout pour éviter d’importantes pertes économiques et agricoles comme il y a quelques années lorsque nous avons fait face à une grande invasion de criquets », a expliqué Dr Al-Husseini. Une autre solution proposée consiste à briser le cycle de vie des phases de métamorphose de l’insecte.

« Il existe des insectes qui se nourrissent sur les oeufs ou les larves des criquets. Il faut coopérer avec les centres de recherches dans le domaine de la lutte biologique. Cette solution est efficace et ne cause pas de dégâts pour l’environnement », explique Mohamad Ibrahim, spécialiste des réserves naturelles au sein de l’Agence égyptienne pour les affaires de l’environnement. La coopération avec les autres pays du sud-ouest africain, comme le Tchad et le Soudan du Sud, est indispensable pour l’observation et la lutte efficace.




Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire