Semaine du 26 décembre 2012 au 1er janvier 2013 - Numéro 954
Corées : Park tend la main à Pyongyang
Maha Al-Cherbini avec agences26-12-2012
 
  Trente-trois ans après l'assassinat de son père, l'ancien dictateur Park Chung-hee, la candidate du parti conservateur, Mme Park Geun-hye, a été élue première femme présidente de la Corée du Sud. La nouvelle présidente mène une politique de conciliation à l’égard de son voisin nord-coréen.

L’élection d’une nouvelle présidente en Corée du Sud contribuera-t-elle à semer les germes de la réconciliation entre les deux soeurs ennemies de la péninsule coréenne ? C’est la question qui hante les esprits au lendemain de l’élection de Mme Park Geun-hye cette semaine comme première femme présidente de la Corée du Sud. A peine élue, Mme Park (60 ans) s’est attaquée au dossier le plus épineux, à savoir la crise nordcoréenne. « Le tir par la Corée du Nord d’un missile le 12 décembre illustre la gravité de la situationsécuritaire », a-t-elle reconnu au lendemain de son élection face au chef de l’opposition de centregauche, Moon Jae-In. « Je tâcherai d’oeuvrer à une plus grande réconciliation, à la coopération et à la paix », a espéré Park Geun-hye, fille du dictateur Park Chung-hee (1968-1979).

En s’engageant à ouvrir « une nouvelle ère fondée sur la confiance mutuelle et la diplomatie », la présidente rompt avec l’intransigeance des conservateurs face à Pyongyang. Tout au long de la campagne électorale, Mme Park s’était distanciée de la fermeté du parti conservateur et du président sortant Lee Myung-Bak qui a suspendu l’aide humanitaire à Pyongyang en représailles au bombardement d’une île sud-coréenne en 2010. Tendant sa main à Pyongyang, Mme Park a même suggéré une rencontre avec le jeune dirigeant nordcoréen Kim Jong-Un, propulsé à la tête du régime communiste après la mort de son père Kim Jong-il en décembre 2011. Selon les experts, cette politique de « main tendue » initiée par Mme Park risque de se heurter à l’opposition des faucons du régime, ainsi qu’à celle de Washington qui cherche à sanctionner Pyongyang après le tir du 12 décembre, surtout que ce pays menace sans cesse de procéder à de nouveaux tirs les jours à venir. En fait, les Etats-Unis et la Chine — seule alliée d’influence de Pyongyang — ont des approches radicalement opposées sur le dossier, Pékin ayant toujours défendu son allié communiste devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies en obtenant à chaque fois des sanctions a minima. A cet égard, l’élection de Park Geun-hye est un soulagement pour la Maison Blanche qui craignait qu’une victoire de son adversaire Moon Jae-In, plus conciliant, ne renforce les Chinois au Conseil de sécurité dans les négociations en cours pour de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Selon les experts, les chances de dialogue souhaité par Park Geun-hye demeurent limitées tant que le dirigeant nordcoréen ne cesse de mettre de l’huile sur le feu, ordonnant samedi aux scientifiques nord-coréens la mise au point de fusées à plus grandes capacités à l’attente de nouveaux tirs. « Il faudra du temps pour ouvrir un dialogue digne de ce nom. Les deux Corées vont poursuivre leur bras de fer un temps encore avant de futures négociations », pronostiquent les experts.




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