Semaine du 21 au 27 novembre 2012 - Numéro 949
Premier indice d'une présence insoupçonnée
Découvertes 
premier
Le ministre des Antiquités estime transformer Tell Haboua en musée en plein air.
Nasma Réda21-11-2012

Une découverte peut en amener une autre. Une mission archéologique égyptienne dirigée par Mohamad Abdel-Maqsoud, directeur général de la région du Sinaï, vient de découvrir à Tell Haboua, au nord du Sinaï, un cartouche royal appartenant à Ramsès II. Elle prouve la présence d’infrastructures de l’époque dans la région.
Ce pharaon emblématique qui a régné lors de la XIXe dynastie (de 1281 à 1214 av. J.-C.) était fasciné par les constructions grandioses portant toujours sur leurs parois des gravures le représentant.
« Trouver un cartouche de Ramsès II dans le Sinaï est une chose étrange », souligne Abdel-Maqsoud. Selon Mohamad Ibrahim, ministre des Antiquités, cette découverte « indique la présence de fondations royales à Tell Haboua ». Une hypothèse confirmée par Abdel-Maqsoud, qui estime que les fouilles à venir pourraient dévoiler de nouvelles surprises. « Cette découverte pourrait mener à une autre : celle d’un temple ou d’une citadelle à Tharw, l’actuelle Tell Haboua », estime-t-il.
Le cartouche découvert porte les titres favoris de Ramsès II : « le bien-aimé d’Amon », « le grand victorieux », « l’aimé des deux terres » et le plus important : « le protecteur de l’Egypte ».
A part les titres de Ramsès, la mission a trouvé pour la première fois le véritable nom de l’Egypte ancienne, Kemet, sur le cartouche.
Les frontières est :une importance stratégique
Le fait de trouver des vestiges appartenant à Ramsès II dans cette région explique l’intérêt que portait l’Egypte à ses frontières est. « Pas loin du site où l'on opère se trouvent les anciennes routes militaires et commerciales. Ramsès, comme son père Séthi Ier, cherchait toujours à protéger les intérêts du pays en renforçant sa puissance militaire du côté est pour lutter contre tout agresseur comme les Hittites, venant d’Asie », explique Abdel-Maqsoud. Selon lui, cette découverte contribuera grandement à combler les lacunes actuelles dans l’histoire militaire de l’Egypte.
Le rêve de découvrir une citadelle appartenant à Ramsès II dans cette région se base notamment sur le fait que plusieurs missions étrangères opérant dans la même région ont déjà découvert des citadelles de différentes époques, toujours conçues dans le but de protéger les frontières est du pays. « Les découvertes archéologiques prouvent la présence de constructions de ce pharaon dans cette région et de son passage à Tell Haboua, lors des campagnes militaires. Plus de six citadelles antiques de différentes époques ont été découvertes, mais celle qui pourrait être découverte devrait être d’une tout autre importance », espère Abdel-Maqsoud. Depuis de longues années, des missions étrangères, notamment argentines, françaises ou suisses, tentent d’aboutir au même but : retracer l’histoire militaire égyptienne tout au long des différentes époques.
Suite à cette découverte, le ministre Mohamad Ibrahim souhaite faire de cette région un musée en plein air. « Cela pourrait être la première pierre du projet de développement du Sinaï », a-t-il avancé. « Une collaboration entre toutes les autorités, que ce soit celles du tourisme, du développement, des antiquités et même de l’armée, doit être mise en place », souhaite désormais le directeur du site. « Actuellement, nous sommes la plus grande mission égyptienne opérant en Egypte », poursuit-il, avec toujours en tête le rêve de découvrir prochainement une citadelle construite sous Ramsès II.


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