Semaine du 7 au 13 novembre 2012 - Numéro 947
L’homme qui a dit non à Sadate
Hommage  Le Général révolté est un nouveau livre qui revient sur la personnalité de Saadeddine Al-Chazli, cerveau de la guerre d’Octobre longtemps tombé dans l’oubli.
Hommage
Saadeddine Al-Chazli à côté du président Sadate au cours de l'année 1973.
Sameh Sami07-11-2012
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C’est un général de l’armée égyptienne qu’on aurait aimé retrouver au Conseil suprême des forces armées, qui a gouverné l’Egypte sans succès pendant la période transitoire qui a suivi la révolution du 25 janvier 2011. C’est le message qui nous est transmis lorsqu’on lit Le Général révolté écrit par le journaliste et chercheur Khaled Abou-Bakr, un ouvrage pertinent. Pendant que nous lisons cet ouvrage, un écho interne nous dit sans cesse : « S’il avait été là, peut-être que les choses se seraient mieux déroulées. Mais c’est notre destin ».
Le livre nous révèle effectivement la réalité de ce lieutenant qui fut le cerveau de la guerre d’Octobre 1973, un lieutenant qui, au lieu d’être honoré, a été chassé hors d’Egypte et humilié. Son crime ? Avoir divulgué des secrets militaires dans son livre Mémoires de la guerre d’Octobre et s’être opposé à son supérieur, le président Sadate, sur la conduite à adopter face la faille du Déversoir ainsi que d’autres petits problèmes.
Dans ce livre, publié par le Centre de l’histoire contemporaine affilié à Dar Al-Kotob, l’auteur ne se permet pas de parler de choses qu’il ne connaît pas. C’est pourquoi il a essayé de présenter des réalités dénudées en ce qui concerne le volet militaire de la vie de cet homme. « Je ne me suis jamais permis de donner mon avis sur des questions à propos desquelles je ne suis pas qualifié ». L’essentiel est qu’il n’a pas considéré le lieutenant Al-Chazli comme un homme qui a subi une injustice. Il a rédigé son livre avec une grande impartialité sans être contre lui ou avec lui. « Je suis certain que l’Egypte, et non pas le président Sadate, m’honorera un jour. Ceci lorsqu’on aura compris les réalités et les secrets de la guerre d’Octobre. Etre honoré ne signifie pas recevoir une décoration clandestinement, être honoré signifie que le peuple sache ce que j’ai fait ». Ce sont les termes d’Al-Chazli qui expliquait comment le président Sadate a ignoré le rôle considérable qu’il a joué dans la victoire d’Octobre 1973 et comment il ne l’a pas honoré devant l’Assemblée du peuple comme il l’a fait avec les autres dirigeants auxquels il a remis des blasons devant les caméras des télévisions, alors qu’il s’est contenté de lui envoyer le blason de l’étoile d’honneur avec un petit officier. En 1984, Al-Chazli publie un livre intitulé Le Choix militaire arabe. Il écrit : « Je dédie ce livre à tous les jeunes hommes et les jeunes femmes de la grande nation arabe. Ils sont l’espoir de la nation pour un changement et pour une société meilleure ».
Saa
Des années se sont écoulées depuis qu’il a écrit ces mots et l’Egypte a connu la glorieuse révolution du 25 janvier qui a renversé le président Moubarak et dans laquelle les jeunes ont joué un rôle essentiel. C’est ainsi qu’Al-Chazli a été honoré. Il a été témoin de cette révolution juste avant sa mort survenue la veille du jour où Moubarak a renoncé au pouvoir.
C’est alors qu’on a commencé à écrire avec grande admiration sur cet homme qui a été le cerveau de la guerre d’Octobre. Il est d’ailleurs fort probable que ses différends avec Sadate et le maréchal Ahmad Ismaïl, notamment autour de l’accord de Camp David, aient ouvert l’appétit des écrivains pour écrire sur lui.
Abou-Bakr, malgré son objectivité, ne cache pas son admiration pour cet homme qui a lutté pour ses droits. Il a divisé son livre en cinq chapitres : De Choubratna à chef d’état-major, le cerveau de la victoire d’Octobre, Al-Chazli et le développement de l’attaque, Al-Chazli et la faille et Les années du défi.
Dans le quatrième chapitre, Abou-Bakr cite un point important qui représente la pierre angulaire de son ouvrage : « Le fait que la faille du Déversoir est si connue des Egyptiens et des Arabes revient aux différends entre le lieutenant Al-Chazli d’un côté et Sadate et Ahmad Ismaïl d’un autre autour de la liquidation de cette faille. Al-Chazli a fini par être écarté parce qu’il était en différend avec Sadate autour de la manière de liquider la faille ».
Al-Général al-saër (le général révolté) de Khaled Abou-Bakr, éditions du Centre de l’histoire contemporaine de l’Egypte de Dar Al-Kotob, 2012



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Mohamed Ali Ibrahim
10-11-2012 08:09am
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1-
l,homme qui a dit non ..............
Sadate a été président loyal et aimant à la patrie ainsi que Shazly, mais ce qui s'est passé entre eux fait partie des points de vue différents, ce qui ne nous empêche pas de dire que Chazli etait le heros de la guerre d,octobre
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