Semaine du 31 mars au 6 avril 2021 - Numéro 1368
Zoom sur ces souverains de l’Egypte Ancienne
Dalia Farouq07-04-2021
 
  Les 22 rois et reines qui ont circulé dans les rues du Caire ont tous collaboré à tisser la riche histoire de la civilisation égyptienne. Aperçu sur les travaux et les réalisations de quelques-uns d’entre eux.

Séqénenrê Taâ II

XVIIe dynastie

Nouvel Empire

Règne : 1558-1554 av. J.-C.

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La plus vieille momie transférée vers le NMEC est celle du roi Séqénenrê Taâ II. « Le courageux », comme l’appelaient les historiens. Il a gouverné sur le sud de l’Egypte pendant l’occupation du pays par les Hyksos, qui se sont emparés du Delta au nord pendant environ un siècle (1650-1550 av. J.-C.). Ce roi gaillard a combattu les envahisseurs Hyksos, qui ont pris de la ville d’Avaris à l’est du Delta leur capitale, avec ses soldats sur les premières lignes de défense de la bataille où il a été violemment tué. Il est vrai qu’il n’a pas réussi à les chasser, mais c’est sous son règne que la résistance face à l’occupant a été préalablement organisée, donnant le premier signe pour la guerre de libération. La momie de ce pharaon martyr a été dernièrement sujette à une étude scientifique basée sur des examens de scanning. Suite à une étude approfondie des circonstances de la mort du roi, il s’est avéré que Séqénenrê Taâ II a été tué par de nombreux coups dans différentes parties de son corps par plusieurs attaquants des Hyksos qui ont utilisé des armes différentes, et a été plutôt tué lors d’une exécution cérémonielle.

Thoutmosis Ier

XVIIIe dynastie

Règne : 1504-1492 av. J.-C.

Nouvel Empire

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Thoutmosis ier, « le combattant », va mettre en place les fondations de la poli­tique qui sera suivie par ses successeurs. Dès la première année de son règne, ce roi va mener des incursions militaires énergiques en Nubie au sud, puis en Asie à l’est. Durant tout son règne, il poursuit ses batailles, il fait de grandes campagnes au Levant jusqu’à l’Euphrate et en Nubie, repoussant les frontières de l’Egypte plus loin que jamais. Thoutmosis Ier progresse jusqu’à la quatrième cataracte et porte sans doute le coup décisif au royaume de Kerma, ce qui a permis d’intégrer la Nubie dans l’Empire égyptien. Il fixe la nouvelle frontière méridionale de son royaume à la troisième cataracte. Il y construit une forteresse et fonde la province de Kouch. Thoutmosis Ier pénètre aussi loin à l’intérieur de l’Afrique, ce qui va être profitable au commerce et va favoriser l’accès à la zone d’importantes mines d’or qui vont passer sous contrôle égyptien. Sur le plan interne, il construit de nombreux temples et fait vraisembla­blement creuser, pour lui-même, le premier tombeau de pharaon attesté dans la Vallée des rois. De même, il établit son temple funéraire à Deir Al-Bahari à l’emplacement où sa fille, Hatchepsout, construira le sien.

Hatchepsout

XVIIIe dynastie

Règne : 1479-1457 av. J.-C.

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Première femme pharaon de l’Egypte Antique, Hatchepsout est la fille aînée du pharaon Thoutmosis Ier. Elle devient d’abord régente à la mort de son mari Thoutmosis II. Alors que son beau-fils, Thoutmosis III, est en âge de régner, elle prend le titre de pharaon pour régner pendant plus de 20 ans. Le règne d’Hatchepsout se caractérise par une politique étrangère basée sur des relations commerciales et des explorations audacieuses, telles les expéditions vers la Phénicie, d’où elle importe du bois nécessaire à la construction des bateaux, et vers le Sinaï pour exploiter ses mines de cuivre et de turquoise. Mais la plus célèbre reste l’expédition vers le pays de Pount, en l’an 8 de son règne, de laquelle elle ressort glorifiée : les bateaux sont chargés de produits de luxe (myrrhe, ébène, encens, ivoire et or). Les relations commerciales, interrompues depuis presque 300 ans avec le Pount, reprennent grâce à Hatchepsout.

Fière de ses expéditions, elle se lance dans un programme de travaux publics très ambitieux, restaurant les monuments des anciens pharaons et construisant des temples à la gloire des dieux et de grands obélisques. Mais son plus grand chef-d’oeuvre reste le temple de Deir Al-Bahari avec son endroit stratégique sur la rive ouest du Nil. Bâti à la paroi de la montagne, le temple d’Hatchepsout est connu pour son architecture stupéfiante, l’un des plus merveilleux de l’héritage pharaonique. Il est accolé aux ruines des temples funéraires des pharaons Mentouhotep I, II et III de la XIe dynastie, et l’ensemble représente l’un des repères de la célèbre nécropole de l’ancienne Thèbes. Le temple d’Hatchepsout est orné de reliefs représentant le règne du pharaon et enregistrant ses expéditions. Ce chef-d’oeuvre, comme la plupart des constructions d’Hatchepsout, fut détruit par la suite pour des raisons politiques. Le temple était en ruine lorsqu’il fut découvert au milieu du XIXe siècle. De même, les fragments des statues d’Hatchepsout ont été mis au jour dans des fosses creusées en face du temple.

Thoutmosis III

XVIIIe dynastie

Règne : 1458-1425 av. J.-C.

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Le « Napoléon de l’Egypte Antique », comme l’appellent les historiens. Un chef de guerre redoutable, Thoutmosis III a mené 17 batailles et a soumis 350 cités à la domination égyptienne, surtout en Asie. La bataille de Megiddo en 1457 av. J.-C. reste la plus célèbre. Thoutmosis III part réprimer une rébellion palesti­nienne soutenue par les Syriens. Le roi de la ville syrienne de Qadesh a reçu des aides des troupes des tribus du Nord. Il rassemble alors son armée de la coalition à Megiddo et se prépare à lancer une grande offensive contre l’Egypte. Thoutmosis III n’attend pas l’attaque des rebelles. Il recrute des paysans par milliers et constitue une armée forte de 10 000 guerriers. Il part de Memphis et atteint Gaza. Guerrier astucieux, Thoutmosis III décide de surprendre ses adversaires, il marche à la tête de son armée pendant 12 heures. Thoutmosis III arrive devant la cité de Megiddo et fait face à la coalition. Les rebelles sont écrasés et trouvent refuge dans la forteresse de Megiddo.

Après un siège de sept mois, Thoutmosis III prend la forte­resse de Megiddo et tous les princes de la région se soumettent. Thoutmosis III est encore un roi bâtisseur, préservant des temples de l’érosion et en construisant d’autres, à Madinet Habou, à Esna, ou encore en Nubie. Il laisse également des traces au temple de Karnak. L’obélisque, érigé par Thoutmosis III au sud du VIIe pylône du grand temple de Karnak, en est la preuve. Cet obélisque, connu actuellement sous le nom de l’obélisque de Théodose, est dressé à l’Hippodrome de Constantinople à Istanbul, à proximité de la Mosquée bleue. Il reste pharaon pendant 52 ans, pour ce qui constitue l’un des plus longs règnes connus pendant le Nouvel Empire.

Amenhotep III

XVIIIe dynastie

Règne : 1391-1353 av. J.-C.

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Amenhotep III compte parmi les plus grands bâtisseurs de l’Egypte Ancienne. Amenhotep III est le fils de Thoutmosis IV et de Moutemouia, une concubine de son père. Son règne est une période de prospérité et de splen­deur artistique sans précédent, alors que l’Egypte atteint l’apogée de sa puis­sance artistique et internationale. Il n’est pas un guerrier, mais maintient la puissance égyptienne par la diplomatie. Thèbes et Memphis, résidences royales, se développent alors et deviennent les villes les plus riches du monde. Il règne 38 ans et 7 mois, mais certains égypto­logues pensent à une corégence avec son fils Amenhotep IV à la fin de sa vie. Amenhotep III est le grand-père de Toutankhamon, l’un des plus grands pharaons que l’Egypte Ancienne ait connus. Il est à l’origine de l’introduc­tion du culte d’Aton, que suivra avec détermination son fils, Akhénaton.

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Séthi Ier

XIXe dynastie

Règne : 1294-1279 av. J.-C.

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Au début de la XIXe dynastie, Séthi Ier rétablit une royauté héréditaire, garante de la stabilité de l’Etat égyptien et le légitimisme, en présentant son fils — le futur Ramsès II — comme le dauphin. Au tout début de son règne, le roi consolide la position de l’Egypte au Proche-Orient et dans les territoires localisés à l’ouest du Delta. Il manifeste également sa volonté de renouveler : en moins de dix ans, Séthi Ier fait construire plusieurs temples presti­gieux, comme la « salle hypostyle » de Karnak et sa forêt de 134 colonnes. Sa tombe, innovante à bien des égards, est la plus grande de celles qui ont été aménagées dans la Vallée des rois. Il fait, de plus, restaurer les monuments de ses prédécesseurs, notamment en Nubie, où l’hégé­monie égyptienne est affermie par la création de nouvelles villes, d’une importance cruciale pour le règne de Séthi Ier. Grand stratège mili­taire, il est un digne successeur de Thoutmosis III. Il est aussi un roi bâtisseur dans la lignée d’Amenhotep III. Sa consolida­tion de l’Etat et sa politique de grands travaux créèrent les conditions d’une réelle prospérité économique et d’un véritable foisonnement intellectuel et culturel de la société égyp­tienne. Le temple des millions d’années de Séthi Ier est un témoin de la grandeur de ce pharaon. C’est un temple funéraire situé dans la nécropole thébaine sur la rive ouest du Nil à Louqsor. Sans la politique mise en oeuvre par son père Séthi Ier, Ramsès II n’aurait pas été cet illustre pharaon à jamais associé à la postérité de la civilisation égyptienne.

Ramsès II

XIXe dynastie

Règne : 1279-1213 av. J.-C.

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Ramsès ii, ou Ramsès « le Grand » comme le surnomment les historiens, gouverne pendant environ 67 ans. Son règne, d’une exceptionnelle longévité, est marqué par de nombreuses conquêtes militaires et la construction de bâtiments et statues à travers tout le pays. Ramsès II accède au pouvoir après de sévères épidémies, notamment de peste, et des revers militaires sous les derniers rois de la XVIIIe dynastie. Lorsqu’il accède au trône, son ambition première est de rétablir la grandeur de l’Egypte sur tous les plans. Dans cette optique, il mène beaucoup de batailles et érige des temples destinés à célébrer les fêtes somptueuses de la royauté égyptienne. Sa plus grande victoire demeure celle qu’il a remportée sur l’empire hittite de Muwatalli, l’une des grandes puissances du Moyen-Orient, lors de la célèbre bataille de Qadesh aux environs de 1274 av. J.-C.

Il est aussi l’initiateur du premier traité de paix connu dans l’His­toire avec les Hittites. Ces gloires sont abondamment documentées sous forme de textes et d’images sur les murs de ses monuments. Ramsés II est l’auteur des temples d’Abou-Simbel vers 1260 av. J.-C. Creusés dans la roche, les deux temples sont situés dans le sud de l’Egypte. Le Grand Temple, le plus emblématique, est dédié à plu­sieurs dieux dont Amon. Quant au Petit Temple, il est situé à une centaine de mètres du Grand Temple et est dédié à l’épouse principale du pharaon Ramsès II, Néfertari, ainsi qu’à la déesse Hathor, déesse de l’amour et de la beauté. Les colosses de Ramsès II, de 20 mètres de hauteur, qui devancent le Grand Temple, restent l’oeuvre la plus impressionnante des temples. Ramsès II est aussi célèbre pour sa vie privée. En 67 ans de règne, il se marie avec une douzaine d’épouses royales, dont la moitié sont ses propres filles, fréquente près de 200 concubines du harem et engendre pas moins de 126 enfants.

Ramsès III

XXe dynastie

Règne : 1198-1166 av. J.-C.

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« Le sauveur du royaume ». Ramsès III a sauvé l’Egypte plus d’une fois des envahisseurs. Fils de Setnakht, fondateur de la XXe dynastie, il accède au trône alors que le royaume est dans des guerres civiles qui ont ravagé le pays au cours de la dynastie précédente. Pendant la cinquième année de son règne, une coalition de tribus libyennes envahit l’ouest du Delta du Nil, prétextant que le pharaon a interféré dans la succession de leur chef. Il était alors fréquent que les Libyens empiètent sur les terres égyptiennes sous les XIXe et XXe dynasties. Ramsès III les écrase lors d’une bataille dans le Delta occidental. Après deux ans de paix avec les Libyens, il fait face à une nouvelle coalition, encore plus dan­gereuse, constituée par un groupe de peuples nomades venus d’Asie mineure et des îles de la Méditerranée. Ainsi se déroule la bataille de Djahy, une importante bataille entre les forces du pharaon Ramsès III et les peuples de la mer, qui avaient l’intention d’envahir et de conquérir l’Egypte. Le conflit s’est produit à la frontière orientale de Djahy (sud du Liban moderne), pendant la huitième année du règne du pharaon Ramsès III. Dans cette bataille, les Egyptiens, diri­gés par Ramsès III, ont vaincu les peuples de la mer qui tentaient d’envahir l’Egypte par terre et par mer.

Encore deux années de paix et de calme règnent sur le pays, mais pendant la onzième année du règne de Ramsès III, une nouvelle coalition de tribus libyennes s’infiltre dans le Delta occidental. Contraint de repartir en guerre, le pharaon bat les Libyens après avoir capturé leur chef. La description de la bataille et des pri­sonniers est bien documentée sur les murs du temple funéraire du roi à Madinet Habou, où on trouve aussi la plus longue inscription hiéroglyphique connue dans l’Histoire. Au cours de ces trois conflits, Ramsès III parvient à conserver l’inté­grité de son territoire. Une fois la paix restaurée, il se consacre à l’essor de son royaume. Il réorganise ainsi la société égyptienne en classes regroupées par métier et achève ensuite la construction de son temple funéraire, à Madinet Habou sur la rive ouest du Nil. Tout en étant le plus grand des Raméssides, Ramsès III a été assassiné suite à un complot ourdi par ses femmes

Tiye

XVIIIe dynastie

1399-1338 av. J.-C.

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Issue d’une famille aristocratique, la reine Tiye est originaire de la cité d’Akhmim en Haute-Egypte. C’est en 1388 av. J.-C. qu’elle épouse le pharaon Amenhotep III. Sa mère, Touya, est chanteuse d’Hathor et d’Amon et cheffe des musiciens char­gés du divertissement d’Amon. Son père, Youya, est un riche propriétaire terrien, il porte les titres de chef de la cavalerie et de prêtre de Min. Tiye se distingue par un statut de grande épouse royale officielle et importante. Son mari fait d’elle sa conseillère et l’associe étroitement à l’exercice du pouvoir. Tiye est la première reine à voir son nom inscrit sur les actes offi­ciels. Associée aux manifestations publiques, elle officie même lors des cérémonies importantes telles que le jubilé du règne d’Amenhotep.

Les statues royales la représentent aux côtés de son époux, aussi grande que lui. Les lettres de Amarna mon­trent le rôle important et l’influence de Tiye à la cour. Gagnant le respect des dignitaires étrangers, elle traite directement avec eux, elle endosse la charge de la politique et la diplomatie de l’Egypte lorsque son mari est frap­pé par la maladie. A la fin du règne d’Amenhotep, Tiye exerce une régence de fait. A l’image de ses parents, Akhénaton, fils de Tiye, fait de sa grande épouse royale, la célèbre Néfertiti, son égale. Tiye le soutient et reste influente pendant le règne de son fils.

Ramsès VI

XXe dynastie

Règne : 1145-1137 av J.-C.

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Ramsès vi a succédé au trône après la mort prématurée de son neveu, Ramsès V. Les preuves indiquent que Ramsès VI était probablement un fils de Ramsès III, le dernier dirigeant exceptionnel de la XXe dynastie. Après avoir accédé au trône, la situation interne et externe de l’Empire égyptien continue à se dégrader. En revanche, le roi renforce le contrôle de la politique face au pouvoir religieux représenté par les grands prêtres d’Amon. Ramsès VI, qui devait être probable­ment l’un des principaux généraux de l’armée sous le règne de Ramsès IV et de Ramsès V, avait le contrôle et donc les moyens de faire rétablir son auto­rité sur le pays et d’éloigner les graves menaces causées par la désagrégation du pouvoir royal face à un pouvoir religieux de plus en plus pesant. Sur le plan externe, la situation n’était pas aussi rassurante. La Palestine échappe peu à peu au contrôle du pharaon et la situation internationale, bien que stabi­lisée après les troubles qui avaient marqué le début de la dynastie, ne sera jamais plus la même. Certains empires autrefois alliés ont disparu, de nom­breuses riches cités commerciales ont été pillées, voire rasées, tandis que de nouveaux empires, comme le royaume du Mittani puis le Hatti, voient leur puissance s'accroître. Ils se disputeraient bientôt les richesses de la Syrie, du Liban, puis de toute la région. L’Egypte ne pouvait alors y opposer une résistance efficace. Pour trouver des ressources financières, Ramsès VI fut le dernier roi égyptien à exploiter les mines de cuivre du Sinaï. La Nubie, territoire égyptien du sud, reste toutefois sous contrôle égyptien. Régnant au moins sept ans, le roi a réalisé peu de bâtiments ou de décoration qui ont survécu jusqu’à nos jours.


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