Semaine du 31 mars au 6 avril 2021 - Numéro 1368
Les défis du développement en Egypte
Gamal Abdel-Gawad31-03-2021
 
 

14, 34, 114, 116. Ces quatre chiffres résument les défis que le peuple égyptien doit affronter. Avec plus de 100 millions d’habitants, l’Egypte occupe la 14e position mondiale sur la liste des pays les plus peuplés. Cette position est l’unique position élevée que l’Egypte occupe. Pour ce qui est du volume de l’économie et du PNB, l’Egypte occupe le 34e rang. C’est ici qu’apparaît le fossé entre le nombre d’habitants d’un côté, et le volume des richesses que la population peut produire d’un autre côté. Le fossé s’élargit de plus en plus lorsqu’il est question du revenu moyen : 114e rang mondial, ce qui dévoile que l’individu en Egypte obtient une part médiocre de la production de la richesse nationale.

Ces trois indices résument la crise du développement en Egypte, témoignent du fossé qui nous sépare du monde développé, et pointent du doigt la nature de la mission qu’il nous incombe d’assumer. Le fossé est grand, il est donc indispensable de bouger rapidement, d’où la volonté politique appelant à une action rapide sur la voie du développement. Le nombre d’habitants en Egypte est très grand, dépassant la capacité des ressources limitées du pays à permettre aux habitants de vivre dignement. La solution logique est la baisse de la croissance démographique et l’augmentation des ressources du pays.

Le problème est qu’il n’y a pas en Egypte d'abondance de ressources naturelles, l’eau est limitée, le désert entoure les surfaces agricoles et le pays n’est pas parmi les pays riches en ressources énergétiques traditionnelles.

Il existe donc une vraie problématique. Elle se résume dans le fait que les habitants constituent la ressource la plus importante du pays, c’est-à-dire qu’ils représentent en même temps le problème et la solution. De plus, quel que soit le niveau de succès réalisé au niveau de la baisse de la croissance démographique, il est indispensable que la population se transforme de fardeau en richesse et de machines de consommation en forces de créativité et de production. C’est là que vient le chiffre 116, l’ordre de l’Egypte sur la liste de l’Indice de Développement Humain (IDH). Il s’agit d’un indice composite qui évalue le taux de développement humain et qui se fonde sur trois critères: le PIB par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’éducation. On remarque que le rang qu’occupe l’Egypte pour ce qui est de l’IDH est proche de celui qu’elle occupe pour ce qui est du revenu moyen. Ce qui signifie que le niveau modeste de développement est la raison directe de la baisse du revenu moyen. Il semble donc que l’amélioration du niveau de développement humain et l’exploitation des capacités des individus soit le moyen le plus rapide de combler le fossé dont nous souffrons.

L’éducation, la formation et la culture constituent les moyens de développer les capacités des individus. Or, cela ne suffit pas si les lois et la gestion bureaucratique restent en état d’inertie. D’où le phénomène de la fuite des cerveaux. Ainsi, développer les capacités des individus parallèlement avec les législations et les institutions est le meilleur moyen de transformer les habitants en outil permettant de combler le fossé au lieu de l’élargir.

Ce qui se passe actuellement en Egypte ressemble à un grand chantier sans précédent. Partout, il y a des bâtiments en construction, des chemins creusés, des ponts qui relient pour la première fois des quartiers, des régions et des terres récemment cultivées. Le rythme de la construction et du changement est très rapide, mais pas assez pour combler le fossé du développement. L’Egypte doit réaliser un développement rapide et continu pour que le niveau de vie des Egyptiens approche de celui des citoyens dans d’autres pays. L’Etat n’épargne aucun effort pour accélérer la roue du développement. Il a regroupé les ressources et les a bien gérées. Il a lutté contre la corruption et lancé des projets non traditionnels, et doit continuer à progresser dans cette direction, ce qui a permis au taux de croissance d’atteindre 5 % avant la pandémie. Mais pour atteindre un taux de croissance de 10% comme c’était le cas en Corée du Sud, en Chine et à Singapour, il faut avant tout réussir à promouvoir le citoyen, pour qu’il devienne source de richesse.

Le développement du pays est le moyen de le protéger contre les ingérences extérieures et les explosions intérieures. Le développement n’est pas seulement une question économique et administrative, c’est aussi une question de sécurité nationale, car l’absence du développement rapide et continu menace notre indépendance, voire notre existence. Et ces quatre chiffres (14-34-114-116) résument l’état de notre développement et les défis à surmonter. Chaque citoyen doit retenir ces chiffres et suivre leurs changements chaque année, pour savoir si nous avançons sur la bonne voie à une vitesse suffisante .


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire