Semaine du 13 au 19 janvier 2021 - Numéro 1357
En Egypte, 2,3 milliards de dollars de pertes annuelles
 
En Egypte, 2,3 milliards de dollars de pertes annuelles
L’Egypte multiplie les efforts pour lutter contre l’évasion fiscale, encore très répandue. (Photo : Reuters)
Salma Hussein13-01-2021

En Egypte, au moins 5 entreprises sur 10 sont installées dans un paradis fiscal, d’après une enquête parue il y a deux ans dans le quotidien Al-Mal. Le gouvernement égyptien déploie des efforts et collabore avec l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) pour mieux collecter les impôts sur les entreprises. Toutefois, les abus fiscaux sont répandus et mènent à un manque de ressources publiques, selon une étude du Fonds monétaire international, publiée en 2018 sur l’Egypte. Et ce, à travers un effet direct et un autre indirect. « Une grande partie des investissements étrangers proviennent de juridictions à taux d’imposition nul ou très faible sur le profit, les intérêts et les droits de propriétés », note le rapport. Et d’ajouter que ceci montre une planification fiscale agressive « où les multinationales dirigent leurs investissements d’une manière indirecte vers ces juridictions pour profiter des privilèges fiscaux ».

L’effet indirect des abus fiscaux est plus grand que l’effet direct. C’est ce qu’on appelle la « course vers le bas ». Chaque pays, surtout ceux en développement, se trouve dans une course ouverte avec les pays similaires mais aussi avec ces juridictions de secret financier, pour pouvoir attirer les investissements étrangers, en diminuant le taux d’imposition sur le profit et les autres impôts sur l’investissement. Cela finit par créer des déficits budgétaires et des dettes publiques exorbitantes. Le rapport « Justice fiscale, état des lieux 2020 » estime que l’Egypte perd chaque année quelque 2,3 milliards de dollars en raison des abus fiscaux dont la plupart sont l’oeuvre des entreprises.


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