Semaine du 13 au 19 février 2019 - Numéro 1262
Budget : Le gouvernement réalise ses objectifs
  Pour le premier semestre de l'exercice 2018-2019, l'Egypte affiche un excédent budgétaire primaire de 21 milliards de L.E., excédent qui a contribué à réduire le déficit du budget. Les perspectives macroéconomiques restent favorables, ce qui devrait permettre au pays de continuer sur la voie de la consolidation.
Budget : Le gouvernement réalise ses objectifs
La réduction des subventions à l'énergie a permis de contrôler le déficit. (Photo : AFP)
Marwa Hussein13-02-2019

L’Egypte a réalisé un excédent bud­gétaire primaire de 21 milliards de L.E., soit 0,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB) au cours du premier semestre de l’exercice 2018-2019, contre un déficit primaire de 14 milliards de L.E. (0,3 % du PIB) au cours de la même période de l’exer­cice dernier. Ces chiffres ont été annoncés lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère des Finances la semaine passée.

Le déficit-excédent primaire mesure les dépenses et revenus courants avant l’addition du service de la dette au budget.

En 2017-2018, l’Egypte avait réalisé, pour la première fois en 15 ans, un excédent primaire de 4,4 milliards de L.E., soit 0,2 % du PIB. « Les chiffres et indicateurs du premier semestre de l’exercice en cours correspondent aux objectifs du gouvernement affichés dans le budget », a indiqué Mohamad Maeit, ministre des Finances, lors de la conférence de presse, soulignant par ailleurs que le gouvernement prévoit que les objectifs annuels finaux seront atteints. « Le facteur le plus positif est que l’excédent a été réalisé de façon régulière tous les mois depuis août dernier, et n’est pas juste le résultat de revenus exceptionnels », a noté Ahmad Kouchouk, ministre adjoint des Finances et chargé des politiques financières.

L’excédent primaire a contribué à améliorer le taux du déficit global du budget, qui est tombé à 3,6 % du PIB pour le premier semestre de l’exercice en cours, contre 4,2 % du PIB pendant la même période du dernier exercice, et par rapport à un déficit moyen de 5,3 % au cours des trois derniers exercices. Le taux de croissance au cours du premier semestre a été de 5,5 %. « Il s’agit du taux de croissance le plus élevé depuis 2008 et du plus élevé dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord », a précisé le ministre. En 2017-2018, le taux de croissance était de 5,3 % contre 4,6 % l’exercice d’avant. Le gouvernement s’attend en outre à un taux de croissance plus élevé le semestre prochain, pour arriver à un taux de croissance de 5,8 % sur tout l’exercice. « Ce niveau de croissance a été réalisé en dépit de plusieurs défis extérieurs, dont la hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale améri­caine de 3 %, la hausse des cours internatio­naux du pétrole — qui ont atteint 83 dollars le baril —, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et la crise des marchés émer­gents », a indiqué Maeit, ajoutant que l’écono­mie a été en mesure d’absorber tous ces chocs et de réaliser les objectifs annoncés grâce au programme de réformes économiques. « Nous sommes convaincus que ces réformes sont nécessaires, bien qu’elles soient difficiles », a dit Maeit.

Le gouvernement égyptien procède, depuis novembre 2016, à l’implémentation d’un pro­gramme de réforme économique soutenu par un accord de financement à hauteur de 12 mil­liards de dollars conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI), en vertu duquel il a libéralisé le taux de change, réduit les sub­ventions à l’énergie et introduit la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). « Les principaux parte­naires de l’Egypte, comme le FMI, la Banque Mondiale (BM), la Banque africaine de déve­loppement, l’Organisation de Coopération Economique et de Développement (OCED) ainsi que le G7 et l’Union européenne, sou­tiennent notre programme de réforme », a souligné le ministre.

Selon lui, l’amélioration des indicateurs financiers relatifs au budget étatique repose sur la hausse des recettes publiques, qui ont augmenté de 28,4 % entre juillet et décembre 2018, dépassant ainsi le taux de croissance des dépenses publiques qui ont, elles, aug­menté de 17,7 %. La hausse des revenus est notamment une conséquence de la hausse des revenus fiscaux, qui ont augmenté de 22,2 %. Ainsi, les recettes de l’impôt foncier ont aug­menté, à elles seules, de 92 %, celles de l’im­pôt sur le revenu dans le domaine des profes­sions libres de 47 %, celles payées par les salariés de 37 % et celles de l’impôt prélevé sur les bénéfices des entreprises de 26 %. Les recettes de la TVA ont augmenté de 21 %, tandis que celles des douanes ont connu une hausse de 31 %. Kouchouk a néanmoins sou­ligné que les revenus ne provenaient pas que des recettes fiscales. « On critiquait souvent le fait que les revenus étatiques de l’Egypte reposent surtout sur les recettes fiscales, mais le premier semestre a connu une hausse de 57 % des revenus non fiscaux, provenant des excédents des organismes économiques », a-t-il dit.

Les progrès de l’Egypte salués

Les dépenses ont, elles, augmenté avec un taux inférieur à celui des recettes. Toutefois, plusieurs types de dépenses ont connu une hausse importante, comme les investissements publics, qui ont augmenté de 64 % selon Maeit, les dépenses en matière d’éducation et de santé, qui ont augmenté de 27 %, et les achats de pro­duits et services, qui ont affiché une hausse de 62 %. Le ministre n’a pas évoqué l’évolution des dépenses relatives aux salaires, aux subventions et au service de la dette.

Le budget 2018-2019 vise à réduire le taux d’endettement des organismes publics pour le ramener à 93 % du PIB. Le ministre des Finances a indiqué que le ministère avait réussi à réduire la dette à 97 % du PIB en juin 2018, contre 108 % en juin 2017 et 103 % en juin 2016. La hausse de la dette publique avait pesé sur le budget ces dernières années, amenant le service de la dette à plus de 500 milliards de L.E., soit près de 40 % des dépenses au cours de l’exercice passé.

Le FMI a salué, la semaine dernière, les pro­grès réalisés par l’Egypte, et ce, suite au qua­trième examen en lien avec le programme de réforme économique. Cet examen a permis à l’Egypte de recevoir la cinquième tranche (qui devait initialement être versée en décembre der­nier) du prêt de 12 milliards de dollars, portant ainsi la somme reçue jusqu’à présent à 10 mil­liards. « Le ratio dette publique-PIB a nettement diminué l’an dernier et devrait encore baisser à moyen terme en raison des efforts d’assainisse­ment budgétaire des autorités et de la forte croissance du PIB nominal », a déclaré David Lipton, premier directeur général adjoint et pré­sident par intérim du FMI. Il a ajouté que les perspectives macroéconomiques de l’Egypte restaient favorables grâce à la mise en oeuvre de politiques efficaces. Lipton a déclaré que l’Egypte a su « surmonter avec succès les récentes sorties de capitaux », tout en soulignant qu’elle doit maintenant viser à faire baisser l’in­flation, encourager un taux de change flexible et réduire la dette publique.




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