Semaine du 6 au 12 février 2019 - Numéro 1261
Le Golan en contrepartie du retrait américain
Mohamed Al-Saïd Idriss06-02-2019
 
 

Aucun Etat au monde ne trace ses frontières avec ses voisins conformément à ses besoins sécuritaires ou ses intérêts nationaux, tout en se donnant le droit d’étendre son territoire au détriment de ceux de ses voisins, et en faisant table rase de la loi internationale et les accords internationaux sur la détermination des frontières entre les Etats. Israël est l’unique Etat au monde qui ne respecte pas ces règles et qui se donne le droit d’étendre son territoire et d’occuper ceux d’autrui, ne prenant en compte que ses propres intérêts sécuritaires. C’est en partant de ce principe qu’Israël refuse de considérer ses nombreuses violations des territoires des Etats voisins comme « une occupation » et les considère plutôt comme « une libération ».

Certes, le Conseil de sécurité a pris la décision de partage de la Palestine entre Israël et le peuple palestinien, mais Israël n’a jamais respecté les frontières définies par la résolution de partage et a continué à étendre son territoire au détriment de ceux alloués par le Conseil de sécurité à l’Etat palestinien.

Israël fait de son mieux pour avorter la solution des 2 Etats, et refuse absolument d’instaurer un Etat palestinien sur les Territoires occupés de 1967.

De plus, Israël refuse de se retirer des territoires libanais occupés et a promulgué le 14 décembre 1981 une loi stipulant l’annexion du Golan syrien. Il tente par tous les moyens d’obtenir une reconnaissance internationale de cette annexion du Golan. Israël a imposé sa souveraineté sur le Golan après avoir été surpris par une unanimité internationale refusant catégoriquement sa décision d’annexer le Golan. Washington a également refusé la décision israélienne, alors que Tel-Aviv n’a pas perdu l’espoir de provoquer un changement dans la position américaine. Et lorsque la crise a explosé en Syrie en 2011, Israël avait comme priorité d’obtenir de nouveaux acquis, mais cette fois à l’intérieur même de la Syrie. Tout en tenant à ce que cette crise mène à la destruction de l’Etat syrien comme cela s’est précédemment passé en Iraq. Et par conséquent, sortir définitivement la Syrie du conflit arabo-israélien.

Israël a également tenu à ce que cette crise mène au démantèlement de l’Etat syrien, afin de pouvoir s’élargir dans le sud syrien et d’imposer un nouveau fait accompli. Ou du moins instaurer une entité au sud syrien dominé par les groupes terroristes qui lui sont affiliés, et qui constituerait une sorte de ceinture sécuritaire protégeant les frontières nord d’Israël, comme il l’a précédemment fait au Sud-Liban. En même temps, Israël est parvenu à une entente avec la Russie pour interdire aux forces iraniennes et au Hezbollah tout accès au sud de la Syrie.

Israël a même renouvelé ses demandes après que l’armée syrienne avait réussi à libérer toutes les régions du sud. Tel-Aviv craignait de voir l’armée syrienne entrer au sud estimant que l’engagement russe et syrien en faveur de l’accord de séparation des forces de 1974 ne suffit plus, car les forces iraniennes peuvent s’introduire au sud de la Syrie en portant l’uniforme de l’armée syrienne.

La solution pour les Israéliens est que l’armée syrienne ne s’introduise pas du tout au sud de la Syrie. Les Israéliens n’ont pas renoncé à leurs tentatives d’obtenir une reconnaissance internationale définitive de leur annexion du Golan. L’occasion s’est présentée lorsqu’il y avait eu un revirement important de la position américaine refusant l’annexion du Golan. Après la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël, et la décision de l’Administration américaine d’arrêter le financement de l’Unrwa, pour saper définitivement le droit de retour des réfugiés, et pour préparer ledit deal du siècle, Washington a changé sa position refusant la décision de l’Assemblée générale de l’Onu sur l’annexion israélienne du Golan. Les prétextes de ce changement dans la position américaine, présentés par Nikki Haley, présidente de la délégation américaine auprès des Nations-Unies, ont encouragé le gouvernement israélien à établir un nouveau plan d’action concernant le Golan comme l’a expliqué Gilad Erdan, ministre israélien de la Sécurité. « Aucune personne sage ne peut penser qu’il faut le laisser (le Golan) à Assad ou à l’Iran », a-t-il déclaré. C’est pourquoi Netanyahu a demandé à John Bolton, le conseiller américain à la sécurité nationale, qui était dans la région pour remédier aux conséquences de la décision du président Trump de retirer les forces militaires de Syrie, une reconnaissance américaine de l’annexion israélienne du Golan. C’est le prix qu’Israël doit obtenir après le retrait américain de Syrie. Et ceci parmi d’autres demandes que Netanyahu a présentées à John Bolton et au secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. La plus importante est la création d’une coalition régionale sous le nom de « l’Otan arabe ».

Le danger de cette demande israélienne est qu’elle intervient cette fois dans des circonstances internationales et régionales qui considèrent que le règlement de la crise syrienne doit inclure des garanties pour la sécurité d’Israël. Mais le plus dangereux est qu’elle intervient dans des circonstances désastreuses pour le régime arabe. Celui-ci hésite encore en ce qui concerne la réintégration de la Syrie et son retour au sein de la Ligue arabe, tout en restant ouvert sur l’appel à fonder une coalition régionale .



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