Semaine du 6 au 12 février 2019 - Numéro 1261
Des guides pour promouvoir l’environnement
  Soucieux de promouvoir l'écotourisme, le ministère du Tourisme a lancé un programme de formation permettant aux guides de se spécialiser en environnement. Il s'agit tant de répondre à la demande croissante du marché que de protéger le patrimoine naturel du pays.
Des guides pour promouvoir l’environnement
Dalia Farouk06-02-2019

Avec ses côtes étendues, ses fonds marins incomparables, ses vastes déserts ainsi que sa faune et sa flore, l’Egypte est une destination de premier rang pour profiter de la beauté de la nature. Comme l’écotourisme — en tant que forme de tourisme durable — devient de plus en plus en vogue dans le monde, le ministère du Tourisme a adopté un plan de promotion de ce type de tourisme pour assurer la durabilité du secteur. La première étape de ce plan est la formation de guides touristiques pour en faire des guides spécialisés en environnement. 33 guides viennent de recevoir leur accréditation, une première en Egypte. « Le premier point de notre plan était d’établir un programme particulier ayant pour but de former des guides spécialisés en environnement en Egypte, d’autant plus qu’il y a de grands potentiels aux quatre coins du pays. Ce programme est exécuté en coordination avec le ministère de l’Environnement », explique Magdi Shalabi, vice-ministre du Tourisme. Et d’ajouter que le but de ce programme est d’apprendre aux guides touristiques les constituants du patrimoine naturel de l’Egypte, qui égale, et très souvent éclipse, le patrimoine culturel en beauté et en importance. « Le guide spécialisé en environnement est une spécialisation qui n’existe pas, jusqu’à aujourd’hui, dans les facultés du tourisme et d’hôtellerie en Egypte. Or, on a constaté que les touristes qui optent pour ce genre de tourisme se caractérisent par un taux de dépense élevé, ce sont des amateurs de nature et d’environnement et connaissent beaucoup de choses dans ce domaine. Leur guide doit donc avoir le même niveau de connaissances et connaître les réserves naturelles, leur histoire, le nom des différents oiseaux et espèces, etc. », explique Shalabi.

Plus de 30 % des touristes qui viennent en Egypte veulent profiter de sa nature, dans les réserves naturelles, les déserts ou en mer Rouge, où plus de 3 millions de personnes font de la plongée chaque année.

Sensibiliser les guides et les touristes

Selon Soha Bahgat, conseillère pour la formation au ministère du Tourisme, le tourisme durable respecte, préserve et met en valeur les ressources naturelles de manière à minimiser les impacts négatifs sur l’environnement. « Ce programme vise donc à informer les guides touristiques des dégradations dont souffre le patrimoine naturel sous le joug de la fréquentation touristique, afin qu’ils sensibilisent à leur tour les touristes dans le but d’éviter ces dégâts, qui sont le plus souvent irréversibles », indique Bahgat. Elle donne l’exemple des coraux qui sont dévastés ou des ordures abandonnées ou brûlées dans le désert par les touristes. « On leur apprend le code des bonnes pratiques pour les voyageurs, afin qu’il les aident à les appliquer lors de leur visite », reprend-elle.

Des guides pour promouvoir l’environnement

Le programme de formation de guides a été lancé dans le gouvernorat du Sud-Sinaï, car cet endroit réunit tous les aspects de l’écotourisme. Ce sont des experts du ministère de l’Environnement et des académiciens qui ont assuré l’enseignement, basé principalement sur la pratique, surtout dans la réserve de Ras Mohamad, à Charm Al-Cheikh. Un examen a été effectué à la fin de la formation, à l’issue duquel 33 guides ont obtenu la licence de guide spécialisé en environnement. « Ce programme de formation va continuer, puisqu’on organise d’autres stages pour avoir des guides spécialisés en environnement partout, surtout que le patrimoine naturel s’étend sur la totalité du pays », précise Soha Bahgat.

Un patrimoine naturel riche

L’Egypte dispose d’un grand nombre de réserves naturelles ainsi que d’une diversité biologique exceptionnelle. Les 30 réserves naturelles s’étendent sur une superficie de 150 000 km2 et plusieurs sont connues dans le monde entier. Parmi elles, la réserve de Ras Mohamad, qui se distingue par ses plages, ses poissons rares et ses coraux uniques, en plus de quelques espèces rares d’oiseaux, de mammifères et de reptiles. Il y a aussi la réserve du Lac Qaroun, l’un des plus anciens lacs naturels au monde, et la réserve naturelle de Wadi Rayane avec sa vallée des baleines, Wadi Al-Hitane, une réserve classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005. Tous deux sont situés dans le gouvernorat du Fayoum.

La réserve du Désert blanc est connue, quant à elle, pour ses formations sédimentaires de calcaire, tandis que celle d’Al-Gelf Al-Kabir, située au sud du mont Al-Oweinat, a subi le plus grand nombre d’impacts de météorites au monde. La mer Rouge présente, elle aussi, une diversité exceptionnelle, avec ses récifs coralliens, ses poissons colorés, ses invertébrés et ses mammifères qui abondent.

Un autre atout qu’offre l’Egypte aux amateurs de nature est la possibilité d’observer les oiseaux, puisqu’elle compte plus de 430 espèces. Des cygnes, des cigognes, des ibis et des millions d’oiseaux migrateurs s’arrêtent sous le soleil égyptien dans leur trajet du Nord vers le Sud. Dotée de 34 sites importants pour les oiseaux migrateurs, comme le lac Bardawil au Nord-Sinaï, les îles d’Hurghada et la réserve naturelle de Ras Mohamad, l’Egypte est une destination par excellence pour l’observation des oiseaux.




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