Semaine du 6 au 12 février 2019 - Numéro 1261
Billet vert, les raisons de la baisse
  Le dollar a enregistré une baisse d’environ 30 piastres la semaine dernière, avant de se stabiliser à 17,73 L.E. Un indice positif pour l'économie égyptienne.
Billet vert, les raisons de la baisse
Les revenus des banques en dollars ont augmenté au cours de la dernière période.
Névine Kamel06-02-2019

Les citoyens égyptiens faisaient la queue devant les bureaux de change, la semaine dernière, pour se procurer du dollar. La raison ? Le prix officiel du billet vert a baissé d’environ 30 piastres avant de regagner quelques piastres les jours suivants. Le dollar s’échange actuellement à 17,73 L.E. pour la vente et à 17,59 L.E. pour l’achat, contre 17,97 L.E. pour la vente et 17,85 L.E. pour l’achat la semaine dernière.

Tareq Fayed, président de la Banque du Caire, a déclaré que les entrées de devises avaient dépassé le 1,5 milliard de dollars en janvier 2019, ce qui a permis de relever la valeur de la livre égyptienne. « Ces entrées de devises reflètent la confiance des investisseurs étrangers », a-t-il ajouté. Fayed a souligné que d’autres investissements étrangers devraient entrer sur le marché au cours de la période à venir, ce qui permettra de nouveau de faire baisser le prix du dollar, soulignant que de nombreux investisseurs étrangers s’intéressent à l’Egypte. Des entreprises et des particuliers ont vendu la semaine dernière le dollar, et en même temps la demande sur le billet vert s’est quasiment arrêtée, explique une source bancaire qui a requis l’anonymat. « Cela est dû aux prévisions d’une baisse du dollar après les déclarations du gouver­neur de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) à l’agence de presse Bloomberg quelques jours auparavant », dit la source.

Le gouverneur de la BCE, Tareq Amer, avait dit lors de l’interview : « Nous nous sommes engagés à faire en sorte que le marché soit libre, mais nous disposons en même temps de réserves qui nous aident à lutter contre les spéculateurs ou les pra­tiques non réglementaires ». Et d'ajouter : « Les réserves nous aident à défendre le nouveau sys­tème de change et les taux d’intérêt peuvent être utilisés pour contrôler le marché ». Ces propos de Amer ont transmis un message, à savoir qu’il y a une possibilité d’une baisse du dollar au cours de la période à venir, ce qui a poussé les détenteurs de la devise américaine à s’en débarrasser et a incité les entreprises et les particuliers à en acheter.

La confirmation du gouverneur que l’Egypte recevra la 5e tranche du prêt du Fonds Monétaire International (FMI) a également rassuré les inves­tisseurs étrangers et, par conséquent, le prix du dollar a chuté vis-à-vis de la livre égyptienne.

Yéhia Aboul-Fotouh, vice-président de la banque Al-Ahly d’Egypte, affirme que les méca­nismes de l’offre et de la demande sont détermi­nants pour fixer le taux de change du dollar face à la livre égyptienne, confirmant ainsi l’augmenta­tion de l’offre en dollars dans les banques, avec l’entrée récemment de 1 milliard de dollars, pour porter le total des réserves en dollars à 40 milliards de dollars depuis la dévaluation de la livre.

Un haut responsable de la Banque Misr a déclaré que la banque avait reçu en janvier 820 millions de dollars, une somme supérieure à celle des mois précédents, et ce, après l’annulation par la BCE des mécanismes de rapatriement des fonds des investisseurs étrangers.

Une monnaie locale plus forte

La hausse récente de la livre égyptienne par rapport au dollar américain, après une longue période de stabilité, a attiré l’attention sur les pers­pectives de la livre égyptienne à moyen terme, comme le note un rapport publié la semaine der­nière par la banque d’investissement étrangère Goldman Sachs. La banque estime que, malgré les pressions exercées sur la livre en raison de l’infla­tion élevée par rapport aux partenaires commer­ciaux de l’Egypte, il faut prévoir une évolution de la balance des paiements favorable à moyen terme.

Par ailleurs, Morgan Stanley affirme dans un rapport, publié également la semaine dernière, que l’Egypte part d’une position de force résultant d’une amélioration de la balance des paiements, et d’une inflation modérée. Dans le même esprit, Goldman Sachs indique que les tendances posi­tives dans les secteurs pétrolier et gazier, ainsi que dans le tourisme, continueront à soutenir la balance des comptes courants qui, selon les prévi­sions, devrait réaliser un excédent au cours de l’exercice 2019-2020.

« Nous ne pensons pas que la suppression du mécanisme de rapatriement entraîne nécessaire­ment une plus grande volatilité de la livre, malgré son appréciation récente. La majorité des flux de portefeuille sur le marché obligataire local au cours des deux dernières années ont eu lieu en dehors du mécanisme de rapatriement, mais la livre égyptienne est restée stable », ajoute le rap­port.

Morgan Stanley estime par ailleurs que la majo­rité des investisseurs dans les bons du Trésor égyptiens investissent parce qu’ils croient à la stabilité de la monnaie ainsi qu’aux rendements élevés à court terme.




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