Semaine du 31 octobre au 6 novembre 2018 - Numéro 1248
Israël ignore les droits des coptes
  Israël a fini par libérer un moine copte arrêté alors qu'il protestait contre les travaux effectués par les autorités israéliennes au monastère de Deir Al-Sultan. L'Eglise copte orthodoxe revendique la propriété de ce monastère, cédé par Israël aux Ethiopiens en 1970.
Israël ignore les droits des coptes
Des policiers israéliens plaquent au sol un moine copte à Jérusalem.
May Al-Maghrabi31-10-2018

Les efforts de la diplomatie égyptienne ont abouti, mercredi 24 octobre, à la libération du moine copte égyptien, arrêté à Jérusalem par les forces d’occupation israéliennes. Le moine a été agressé lors d’une manifestation pacifique organisée par des prêtres coptes du monastère de Deir Al-Sultan, qui se trouve sur le toit du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem. Depuis mardi, en effet, une trentaine de moines coptes orthodoxes participaient à un sit-in pour empêcher les ouvriers d’accéder à un chantier de rénovation de Deir Al-Sultan.

Les coptes revendiquent la propriété de ce monastère, cédé par Israël aux Ethiopiens en 1970. « Nous sommes allés devant les tribunaux et en 1971, la justice israélienne a statué que le monastère devait revenir aux coptes. Mais la décision n’a jamais été appliquée », explique le père Macarios Al- Orshalemy, porte-parole de l’Eglise orthodoxe copte de Jérusalem.

Ce conflit, ancien, a été ravivé début octobre, lorsque le gouvernement israélien a informé l’Eglise copte qu’il allait mener des travaux de restauration dans le bâtiment, sans que les moines orthodoxes puissent les superviser.

Les ouvriers avaient pu accéder au chantier grâce à l’intervention de la police israélienne, mais le père Macarios Al-Orshalemy a prévenu que les coptes orthodoxes continueraient à protester.

L’Eglise a publié, jeudi, un communiqué détaillant l’histoire de ce litige judicaire qui court depuis des décennies entre l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte et l’Eglise éthiopienne. Depuis 1970, cette dernière tente de s’emparer de ce monastère alors qu’il appartient à l’Eglise orthodoxe depuis le VIIe siècle. « Deir Al-Sultan est une affaire nationale et non pas un simple litige sur la propriété d’un monastère. Notre droit au monastère de Deir Al-Sultan est historique et incontournable », a insisté le patriarche de l’Eglise copte, Tawadros II.

Une attaque dénoncée par l’Egypte

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné l’attaque contre les manifestants exprimant le « rejet catégorique » par l’Egypte des agressions israéliennes contre les dignitaires religieux.

L’affaire a soulevé de vives réactions. Outre le communiqué du ministère des Affaires étrangères, le parlement, l’institution d’Al-Azhar et les forces politiques ont tous dénoncé « une agression barbare et brutale ».

L’écrivain copte Kamal Zakher estime que « tant que le litige sur la propriété du monastère de Deir Al- Sultan persiste, ces échauffourées recommenceront ». Il explique que les questions de propriété des lieux saints de Jérusalem sont régies par un accord ancien et délicat entre les communautés religieuses appelé statu quo. Or, les Palestiniens accusent constamment Israël de vouloir remettre en cause ce statu quo, alors que le gouvernement israélien répète, de son côté, son engagement à le respecter.

« Le gouvernement israélien n’a jamais appliqué les décisions de la Cour administrative israélienne, selon lesquelles l’Eglise copte orthodoxe égyptienne est propriétaire du monastère », martèle Zakher. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, le gouvernement israélien défie à nouveau les décisions judiciaires en rejetant la demande de notre Eglise de surveiller les travaux de restauration du monastère ». Au niveau judiciaire, il faudrait, selon Zakher, relancer l’affaire du monastère devant la justice israélienne et si nécessaire recourir à l’arbitrage international.

« Par ailleurs, l’Eglise copte devrait profiter de la récente amélioration de ses relations avec l’Eglise éthiopienne pour négocier un compromis sur son statut », recommande Zakher, même s’il avoue que l’affaire ne sera pas facile, vu qu’Israël empiète non seulement sur les droits des coptes mais aussi sur ceux de tous les Palestiniens et les religieux vivant dans les territoires palestiniens occupés.




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