Semaine du 10 au 16 octobre 2018 - Numéro 1245
Mohamed Younis : Les ventes en ligne sont garanties par la qualité et la quantité
  3 questions à Mohamed Younis, directeur régional des librairies Alef, et expert en marketing numérique, titulaire d’un master en administration des affaires et marketing international de l’ESLSCA, le Business School de Paris.
Mohamed Younis
10-10-2018

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous l’idée du marketing digital, en matière d’arts plastiques en Egypte ?

Mohamed Younis : Contact direct et rapide avec le public, accessibilité, partage, coût moins cher, intérêt des clients. Ce sont les critères d’un bon marketing en ligne qui, avec un seul clic, vous informe sur le nombre d’interactions sur la page. Les espaces d’exposition traditionnels ne sont pas accessibles aux jeunes artistes talentueux ou nouvellement diplômés. Les galeries vendent à des prix très élevés, c’est un circuit fermé, regroupant certains artistes et leur clientèle. Le marketing digital facilite alors la tâche des jeunes artistes et celle des petits acheteurs ou collectionneurs. Il donne également accès à l’étranger, et ne se limite pas à la frontière égyptienne. De même, les personnes aisées, n’ayant pas le temps de faire le tour des galeries, peuvent faire leur choix en ligne. Actuellement, le Facebook, et surtout Instagram, offrent la possibilité de cibler le type de client voulu (âge, sexe, statut social …). On appelle cela segmentation ou regroupement de clients en fonction de leurs ressemblances.

Mark Zuckerberg, co-fondateur du Facebook, exige à partir de 2018 que tout utilisateur qui se sert de Facebook pour toute fin utilitaire, vente ou autres, de payer des frais. Car le site leur permet d’élargir leur clientèle. Et même avec ces frais, l’outil reste beaucoup moins cher que le pourcentage touché par les galeries, en cas d’exposition. Car celles-ci touchent une commission qui varie entre 30 et 40 %. Ce qui n’est pas le cas de la vente en ligne dont le ratio de commission ne dépasse pas les 5 %.

— Mais a-t-on des professionnels qualifiés dans ce domaine, pour une bonne finalisation ? Comment peut-on minimiser les risques ?

— Malheureusement, beaucoup de personnes travaillent en ligne sans effectuer des études préalables. La plus grande erreur commise est de poster quotidiennement des images sur Facebook, sans but ni planification. Le trop de posts équivaut à un manque de clients. C’est une question d’offre et de demande. Il faut choisir le moment adéquat pour poster la photo d’un nouvel article.

De plus, le marketing en ligne nécessite d’avoir un logo attirant, une personne qui gère la page, des couleurs simples et nettes. Les photos du produit, qu’elles soient des oeuvres d’art ou autres, doivent être en très bonne résolution et prises par des professionnels. Puis, les photos doivent être accentuées par une ambiance originale et contrastée, du clair/obscur, du net et flou. Actuellement, c’est Instagram qui gagne en popularité, entre réseau d’amis, toute photographie est capable d’être retouchée avec une dizaine de filtres. Les personnes qui exercent le marketing en ligne doivent quand même dépenser un peu d’argent pour mettre en valeur leurs produits, savoir les commercialiser. Ce qui garantit une bonne vente en ligne, c’est la qualité et non pas la quantité.

— La vente en ligne connaît une effervescence à l’étranger, qu’en est-il de l’Egypte ? Quel avenir à cet égard ?

— L’Université américaine du Caire est l’une des premières en Egypte à offrir des études sérieuses et spécialisées dans le domaine du marketing en ligne. Il y a également d’autres centres culturels qui présentent des formations libres et temporaires. Actuellement, le marketing en ligne commence à prendre un tournant sérieux ; néanmoins, le succès démesuré du marketing digital n’est pas encore atteint. Il n’est pas encore en mesure d’affecter le marché traditionnel de l’art. Les gens aiment toujours se rendre dans une galerie et admirer une oeuvre d’art. Il faut satisfaire tous les goûts. Parallèlement à mon travail en ligne, à travers la page gérée par mon épouse, l’artiste Esraa Zidan, je viens d’ouvrir, le 28 septembre dernier, une nouvelle galerie, Azad, à la rue 26 juillet, à Zamalek. La galerie visera essentiellement à exposer le travail des jeunes, notamment les nouveaux diplômés des facultés artistiques. La galerie aura un site web, créé avec l’aide d’une compagnie indienne spécialisée en informatique.



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