Semaine du 10 au 16 octobre 2018 - Numéro 1245
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  De nombreux pages Facebook et sites web offrent désormais des plateformes qui servent à commercialiser des oeuvres d’arts plastiques. Tendances.
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Névine Lameï10-10-2018

La jeune artiste Weaam El-Masry, diplômée de la faculté des arts appliqués, à l’Université de Hélouan, a été l’une des premières à essayer de commercialiser des oeuvres d’art en lançant son site web www.Easelandcamera.com, en 2008. Il suffit de cliquer sur l’une des icônes du site pour avoir accès à la page Facebook et aux comptes Instagram et Twiter. Tous affichent les photos des pièces d’art en vente. Easelandcamera ne vise pas le walk-in customers (client de la rue), mais plutôt des acheteurs branchés. « Seuls les artistes confirmés attirent les propriétaires de galeries privées. Les jeunes plasticiens ne trouvent pas d’espace pour exposer leur production artistique ! Ma plateforme d’art fut alors à mes yeux une solution idéale pour faire parvenir le travail de ces jeunes chez les gens, même les gens paresseux qui trouvent du mal à faire une tournée dans les galeries », souligne El-Masry.

La page d’accueil d’Easel and Camera (chevalet et camera) offre une admirable panoplie d’oeuvres signées George Bahgouri, Mohamad Abla, Salah Al-Méligui, Nazli Madkour, Amr Fekri, Kamal Al-Féqi, Hanafi Mahmoud, Moetaz Nasr, May Refqi, Mohamad Al-Masri, Mohamad Rabie, Tareq Al-Cheikh, Hani Rached … Tous des noms assez connus. Car El-Masry a acquis la confiance des artistes confirmés aussi bien que les plus jeunes.

Il suffit de cliquer à droite de la page Easel and Camera, sur le nom de l’artiste, choisi parmi une longue liste, pour scroller ses oeuvres (prix, qualité, médium, dimension, format) et lire son curriculum vitæ. Le tout est équipé d’un diagramme du taux d’intérêt et d’investissement, en cas d’acquisition d’une oeuvre d’art de l’un des artistes. La plateforme utilise la technique de 3D pour rendre le contenu plus attrayant. Les utilisateurs peuvent entrer en contact avec la fondatrice du site soit par courriel ou par appel téléphonique, et l’acquisition des oeuvres se fait par virements bancaires.

Des murs plus vivants

Sherine El-Khalily est une autre femme qui a décidé de se lancer dans ce domaine, depuis 2015, en créant la page Facebook Passion for Art Gallery Group. Sa page regroupe 60 artistes professionels dont Wagih Yassa, Mohamad Al-Azhary, Samy Abdalla... et 350 oeuvres d’art. « Et comme il est difficile de trouver une place pour accueillir 350 oeuvres, nous avons eu l’idée de les montrer à travers une page Facebook », indique Sherine El-Khalily. Et d’ajouter : « Je permets aux acheteurs de choisir sur place ou de s’assurer de la dimension ou de la couleur de l’oeuvre choisie en ligne, pour leur donner satisfaction. On présente un service fiable et sécurisé, ainsi qu’une livraison à domicile, avec l’aide d’une compagnie professionnelle ». Passion for Art expose en groupe, tous les ans depuis 2017, au centre Hanaguer. D’ailleurs, leur prochaine exposition se déroulera au mois de février.

El-Khalily, l’administratrice de la page Facebook, classe les oeuvres par thèmes et fournit des informations sur l’artiste, la date de production, les dimensions, les prix etc. Elle affiche le slogan suivant sur sa page : « Add Life to your Wall » (ajoutez un peu de vie à vos murs).

De jolis objets

Heba El-Kalaawy est une troisième femme qui a choisi de se lancer dans le milieu du marketing digital, à travers la page Facebook Our Beautiful Things.

Diplômée en sciences politiques, ayant un master en sciences sociales de l’Université américaine du Caire, El-Kalaawy a effectué également des études au centre d’Al-Fostat pour l’artisanat. Elle y a obtenu un diplôme de deux ans en art traditionnel islamique. Sa page Our Beautiful Things porte un cachet folklorique très égyptien : des peintures de barques sur le Nil, des paysages campagnards, la Nubie, des portraits de femmes aux traits égyptiens, des derviches tourneurs, etc. « Je montre ce qui me plaît personnellement et ce qui me touche émotionnellement », assure El-Kalaawy. Elle poste ainsi sur sa page des oeuvres de Salah Taher, Omar Abdel-Zaker, Tansim Al-Mechad, Hala Al-Charouni, Mona Al-Kateb, Georges Hathout, Mahitab Orabi, Hassan Al-Charq, Rim Gohar, Khaled Zeïtoun, May Refqi, Ihab Lotfi, et de bien d’autres. Les oeuvres exposées ne dépassent pas les 20 000 L.E. « Cela fait trois ans que je tiens cette page. Les artistes me font désormais confiance et me donnent parfois des oeuvres inédites. Et comme ma page me permet d’être totalement indépendante, sans frais ni taxes, la commission que je prends est très limitée, à comparer avec les galeries privées », dévoile El-Kalaawy laquelle expose également des pièce d’artisanat, des meubles, et des bijoux en argent. Et de raconter : « L’idée d’Our Beautiful Things est née à la mort de ma mère qui collectionnait des objets antiques dans sa maison à Maadi. J’ai voulu suivre son parcours, en quelque sorte, en exposant des pièces de sa collection privée et de la mienne (objets d’art, peintures, bijoux en argent …) ».

Ce ne sont pas uniquement des particuliers qui s’investissent dans le domaine de la vente en ligne. Certaines galeries, comme celle de Zamalek, ont voulu faire croître leurs ventes en usant de la technologie. « Autrefois, les connaisseurs préféraient le contact direct avec les oeuvres d’art, dans les galeries, pour pouvoir prendre une décision. Mais nous avons voulu élargir notre clientèle grâce au marketing digital », déclare Hani Yassine, directeur de la galerie Zamalek. Celle-ci s’est dotée donc d’une page Facebook et Instagram (ZagPick), sur lesquels elle expose les oeuvres en leur disposition, dans les dépôts, de manière professionnelle. Ainsi, les photos sont affichées avec des vidéos et d’excellentes résolutions. « Les photos sont le facteur principal pour une bonne vente en ligne. On met les détails de l’oeuvre, sauf le prix, qu’il faut négocier par téléphone ou courriel, pour rester loin de la concurrence », conclut Hani Yassine .



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