Semaine du 10 au 16 octobre 2018 - Numéro 1245
Disparition d’une reine du documentaire
  La documentariste égyptienne Attiyat Al-Abnoudi s’est éteinte à l’âge de 79 ans, des suites d’une longue maladie. Défenseuse des laissés-pour-compte de la société, notamment les femmes, Al-Abnoudi racontait, de manière lyrique et simple, l’histoire des petites gens.
Disparition d’une reine du documentaire
(PHOTO:Randa Chaath)
10-10-2018

Rawya, la petite magicienne de la poterie, les passagers réguliers du Train de Nubie, ce bout de femme de la Haute-Egypte qui évoquait souvent le souvenir des Derniers jours de la démocratie, sous la royauté, etc. Son premier film, Hossane Al-Tine (cheval d’argile, 1971) a laissé prévoir le talent immense ainsi que la sensibilité de sa créatrice, laquelle a récolté plusieurs prix arabes et internationaux. Elle y narrait la vie des fabricants de briques en terre cuite dans le Delta. Toujours des histoires qui parvenaient à toucher profondément et sans prétention. Car tout en étant particulièrement politisée, cette diplômée en droit et militante de gauche a effectué des études ultérieures à l’Institut du cinéma au Caire, puis en Grande-Bretagne, afin de mieux maîtriser ses outils narratifs. Elle a imposé sa présence sur la scène cinématographique et a réussi à réhabiliter un genre peu projeté, dans des séances publiques, à savoir : le documentaire.

Ses tenues vestimentaires très égyptiennes ressemblaient à ses films authentiques. De quoi lui avoir attiré pas mal de jeunes talents féminins qui l’ont assistée dans ses tournages, avant d’être elles-mêmes documentaristes ou photographes. Attiyat Al-Abnoudi, ancienne épouse du feu poète Abdel-Rahmane Al- Abnoudi, est née en 1939 dans un village égyptien, de son vrai nom Attiyat Awad. Elle a signé plus de 25 films, en quelque 35 ans de carrière. La prochaine édition du Festival international d’Isamïliya pour les courts métrages et les documentaires sera dédiée à sa mémoire .




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