Semaine du 3 au 9 octobre 2018 - Numéro 1244
Le rêve lointain des deux Etats
Al-Ahram Hebdo03-10-2018
 
 

Lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, le président américain Donald Trump, a évoqué, pour la première fois, la solution à deux Etats comme règlement définitif du conflit israélo-palestinien. « J’aime la solution à deux Etats », a déclaré Donald Trump, qui a promis de présenter un plan de paix « équilibré » d’ici quatre mois. Trump s’était auparavant contenté de soutenir une solution qui « satisfait les deux camps », israélien et palestinien, sans accepter ni rejeter les deux Etats.

On ne voit pas comment le chef de la Maison Blanche peut réaliser ces aspirations, alors que la solution à deux Etats ne fait plus partie du registre politique israélien, et n’existe désormais que dans les correspondances diplomatiques. Aujourd’hui, les Palestiniens ont perdu tout espoir d’une paix juste et globale avec les Israéliens. On leur a fait croire qu’Israël était disposé à faire la paix avec eux, et avec les pays arabes, en échange d’une reconnaissance de l’Etat hébreu. Or, Israël ne l’a jamais fait, et a toujours adopté, au contraire, une politique qui consiste à décourager les efforts de paix. Pour preuve, l’initiative de paix arabe de 2002, qui stipule une reconnaissance arabe d’Israël en échange d’un retrait de tous les territoires occupés depuis 1967, n’a jamais été acceptée par les Israéliens. Pour « handicaper » les Palestiniens, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, exige qu’ils reconnaissent le caractère juif de l’Etat d’Israël, une condition qu’ils ne peuvent pas accepter, car ils renonceraient alors au droit de retour des réfugiés. Le chef du gouvernement israélien a déclaré qu’Israël « n’accepterait qu’une autonomie réduite pour les Palestiniens en Cisjordanie ». Et le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, est allé plus loin en affirmant qu’Israël n’était pas tenu de respecter les termes de la conférence de paix d’Annapolis en 2007, dont il est signataire, en faveur d’une solution à deux Etats. Enfin, la poursuite à outrance de la colonisation et l’alignement complet des Etats-Unis sur les positions israéliennes compliquent davantage la tâche d’engager des négociations sur la solution à deux Etats. Malgré les propos de Donald Trump, le rêve des deux Etats paraît aujourd’hui plus lointain que jamais.




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