Semaine du 3 au 9 octobre 2018 - Numéro 1244
Palestine : Les déclarations de circonstance de Trump
  Le président américain, Donald Trump, a surpris tout le monde en évoquant pour la première fois la solution à deux Etats dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Aucun plan concret pour la relance de la paix n’a toutefois été annoncé.
Palestine : Les déclarations de circonstance de Trump
Aucune mesure concrète n’a été prise pour réclamer les négociations. (Photo : AFP)
Maha Salem avec agences03-10-2018

« J’aime bien la solution à deux Etats. C’est mon rêve d’y parvenir avant la fin de mon premier mandat en janvier 2021 », a lancé le président américain, Donald Trump, lors de son discours à l’Assemblée générale annuelle de l’Onu à New York. « Je pense vraiment que quelque chose va se passer. Même si c’est un peu plus difficile, cela marche mieux parce que chacun gouverne de son côté », a exprimé le président américain en ajoutant qu’il est convaincu à 100 % que les Palestiniens reviendraient à la table des négociations. D’ailleurs, le président américain est allé jusqu’à donner un calendrier précis pour la présentation de cette proposition maintes fois reportée « dans les deux, trois ou quatre mois » et disant qu’il rêve d’aboutir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens, quand tous ses prédécesseurs ont échoué. Et pour la première fois, il a déclaré qu’Israël devrait faire quelque chose de positif pour les Palestiniens. « Je pense que beaucoup de progrès ont été faits. Je pense qu’Israël veut faire quelque chose et que les Palestiniens aussi veulent vraiment faire quelque chose ».

Et après ?

Un discours positif par rapport aux prises de position préalables de Donald Trump. Mais pourquoi donc cette volte-face, si volte-face il y a. Selon les analystes, plusieurs raisons sont derrière ce changement de ton. « Sur le plan intérieur, le président américain veut gagner l’appui des Démocrates à la veille des élections de mi-mandat. C’est la première raison. La deuxième raison est qu’il veut freiner les velléités de l’Iran dans la région, ce dernier soutient le Hamas et le Djihad islamique en donnant l’image du défendeur de Jérusalem, de celui qui cherche à la libérer. Troisièmement, il donne une lueur d’espoir pour résoudre la question palestinienne, alors que le marché du siècle est refusé par de nombreuses parties », explique Dr Mona Solimane, professeure de sciences politiques à l’Université du Caire. Sauf que rien ne dit que les propos de Donald Trump signifient que quelque chose de concret va avoir lieu. En effet, mis à part cette déclaration, aucun plan concret n’a été présenté pour relancer les efforts de paix. Au contraire, les Etats-Unis ne lésinent pas dans leurs mesures antipalestiniennes visant à saper la paix.

D’ailleurs, la déclaration de Trump n’a pas suscité l’enthousiasme de l’Autorité palestinienne, qui a porté plainte contre les Etats-Unis devant la Cour Internationale de Justice (CIJ), le 28 septembre, pour violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Les Palestiniens demandent aux juges de cette cour de déclarer illégal le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, inaugurée en grande pompe le 14 mai dernier, après la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël. L’Autorité palestinienne demande aux juges d’ordonner aux Etats-Unis « de retirer la mission diplomatique de la ville sainte de Jérusalem ». Auparavant, l’Autorité palestinienne avait gelé tout contact avec l’Administration américaine. C’est dire que les relations entre les deux parties n’augurent pas de développements positifs.




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