Semaine du 3 au 9 octobre 2018 - Numéro 1244
Discours tous azimuts
Sabah Sabet avec agences03-10-2018
 
  Comme chaque année, la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu est l’occasion pour les chefs d’Etat de revenir sur les questions qui leur sont prioritaires. Voici quelques-unes des déclarations de différents dirigeants lors de la 73e session de l’Assemblée générale.

— Venezuela : Le président américain Donald Trump a menacé de nouveau le Venezuela, affirmant qu’il n’écartait « aucune option » contre le gouvernement vénézuélien, y compris « les plus fortes ». Il a estimé que le gouvernement vénézuélien « est un régime qui pourrait être renversé très facilement si les militaires le décidaient ». Soufflant le chaud et le froid, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a accusé son homologue américain de pousser à « une insurrection militaire dans son pays », tout en affirmant sa disposition à rencontrer son homologue américain.

— Corée du Nord : « Sans confiance avec les Etats-Unis, il n’y aura pas de confiance dans notre sécurité nationale. Et dans de telles circonstances, nous ne pourrons jamais désarmer unilatéralement en premier », a martelé, samedi 29 septembre, le ministre nord-coréen lors de son discours. « La récente amélioration dans la péninsule coréenne montre que l’établissement de la confiance peut être décisif. La Corée du Nord et les Etats- Unis doivent s’efforcer d’établir la confiance avant tout », a-t-il insisté. « Depuis le sommet américano-nord-coréen de juin, l’impasse vient des Etats-Unis et de leur soutien à des mesures coercitives qui tuent l’établissement d’une confiance mutuelle entre les deux pays », a aussi estimé le ministre nord-coréen.

— RDC : « Vingt ans après le déploiement des forces onusiennes dans mon pays, et en raison de leurs résultats largement mitigés au plan opérationnel, mon gouvernement réitère son exigence du début effectif et substantiel du retrait de cette force multilatérale », a réclamé le président congolais, Joseph Kabila, mardi 25 septembre devant l’Assemblée générale. La mission de paix Monusco, qui compte quelque 17 000 Casques bleus pour un budget annuel d’un peu plus d’un milliard de dollars, est l’une des plus importantes missions de la paix de l’Onu dans le monde. En janvier, Joseph Kabila avait déjà réclamé que la Monusco quittait le pays au plus tard en 2020. A propos du scrutin présidentiel prévu le 23 décembre, il a promis que tout serait mis en oeuvre pour garantir le caractère apaisé et crédible du scrutin, tout en assurant que son pays s’opposerait à « toute ingérence dans le processus électoral en cours », justifiant la prise en charge financière totale de l’organisation des élections par son gouvernement.

— Rwanda : Défendant le continent africain, Paul Kagame, président du Rwanda et président en exercice de l’Union Africaine (UA), a débuté par les positives. « Dans aucune autre région, la solidarité transnationale et l’unité ne sont ressenties aussi profondément qu’en Afrique ». Il a toutefois pointé du doigt la situation sécuritaire délétère dans certains pays — Centrafrique, Libye, Sahel et Soudan du Sud — et la fragilité des transitions politiques, notamment dans la Corne de l’Afrique et au Zimbabwe. « Nous avons cédé la responsabilité de notre avenir à d’autres, non pas par la force, mais par défaut. Mais les temps changent rapidement ». Et, partant, « la position mondiale de l’Afrique doit également changer », a martelé Kagame, l’un des rares chefs d’Etat africains qui a appris à faire fi des critiques et qui n’a rien à cirer avec l’Occident.

— Nigeria : Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a alerté sur la situation sécuritaire qui a « empiré » dans le Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Affirmant que le terrorisme qui sévit dans ces zones est alimenté par des « facteurs dynamiques locaux, mais aussi par le mouvement djihadiste international, les anciens combattants de l’Iraq et de la Syrie et des armes provenant de la désintégration de la Libye ». Buhari a appelé la communauté internationale à accompagner les efforts de reconstitution du lac Tchad, « source essentielle de moyens de subsistance pour plus de 45 millions d’habitants de la région », qui subit un « rétrécissement dramatique » provoquant « l’assèchement des terres arables ». Cette situation est une aubaine pour le terrorisme et cause de migrations, a insisté le président nigérian, appelant par ailleurs à accélérer la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu pour le rendre plus « équitable et représentatif ».


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