Semaine du 19 au 25 septembre 2018 - Numéro 1242
La fabuleuse histoire des temples d’Abou-Simbel
  Découverts en 1813 par l’explorateur suisse Jean-Louis Burckhardt, les temples d’Abou-Simbel témoignent de la gloire et du génie des pharaons.
La fabuleuse histoire des temples d’Abou-Simbel
Construction de la colline artificielle pour le déplacement du temple d’Abou-Simbel.
Dalia Farouq19-09-2018

Bien avant son sauvetage au XXe siècle, le temple d’Abou-Simbel a été naturellement gardé pendant plus de trois millénaires sous le sable de la Nubie, en Egypte. C’est à l’explorateur suisse Jean-Louis Burckhardt, qui a découvert Pétra en Jordanie, que l’on doit la découverte de cette merveille nubienne. Alors qu’il avait planifié de remonter le Nil à la recherche de ses sources au Niger, Burckhardt s’est retrouvé bloqué en Egypte.

Il décide alors de remonter le Nil jusqu’à Dongola. Lors de cette aventure, et plus précisément le 22 mars 1813, à 270 km au sud d’Assouan en Haute-Egypte, il aperçoit, tout près du petit temple de Néfertari, déjà connu, le sommet de quatre statues émergeant du sable. Il parvient à dégager le sable et se glisse à l’intérieur. Ce n’était que le grand temple du pharaon Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.) taillé dans le roc et enfoui dans le sable.

Burckhardt, pressé par les préparatifs de son expédition vers le Niger, quitte Abou-Simbel le même jour. Il ne revient au Caire qu’en juin 1815 ; c’est seulement à ce moment-là qu’il annonce à Henri Salt, consul général britannique en Egypte, la découverte des quatre colosses. En août 1817, l’archéologue Giovanni Battista Belzoni commence le désensablement du site, suivi par l’Anglais Bankes et le Français Linant en 1818 et 1819. On découvre alors que les effigies de Ramsès sont assises et ne se tiennent pas debout comme on croyait auparavant.

Sculpté au coeur de la montagne, le temple d’Abou-Simbel a été construit au XIIIe siècle av. J.-C. pour commémorer la victoire de Ramsès II à la bataille de Qadesh. Ce temple a été également édifié à la gloire des dieux Ptah, Rê et Amon. Sa construction a duré environ 20 ans. Sa façade, en grès rose, mesure 30 m de haut et 40 m de large. Elle est composée de 4 statues colossales de Ramsès II. On trouve d’autres statues, des bas-reliefs et des frises sur la façade. A 150 m du grand temple, Ramsès II a édifié un petit temple voué au culte de son épouse Néfertari et qui porte les attributs de la déesse Hathor. La façade de ce temple, construit lui aussi dans le roc, est composée de six statues : deux représentant Néfertari, encadrée chacune de deux autres statues de Ramsès II. Chaque statue mesure 10 m de haut. Et leurs enfants sont à leurs pieds.

Un emplacement génial

Abou-Simbel a été conçu à cet emplacement précis pour que, deux fois par an, la lumière du soleil entre dans le monument jusqu’au sanctuaire et illumine les statues. En fait, deux fois par an, le temple de Ramsès II à Abou-Simbel témoigne du génie des pharaons avec un phénomène astronomique et géométrique rare. Les rayons du soleil entrent par la façade du temple et tombent d’une manière perpendiculaire sur le visage de la statue de Ramsès II.

Les rayons commencent par le visage de la statue, s’orientent à gauche où se trouve la statue de Rê et finissent par couvrir une grande partie de la statue du dieu Amon, située à l’intérieur du saint des saints. Ce phénomène témoigne des progrès réalisés par les Anciens Egyptiens dans le domaine de l’astronomie. Ils connaissaient avec une grande précision les moments du lever et du coucher du soleil tout au long de l’année solaire.

Ce phénomène se répète deux fois par an. Avant le déplacement des temples pour les sauver de la montée des eaux du lac Nasser due à la construction du Haut-Barrage d’Assouan dans les années 1960, il avait lieu le 21 février et le 21 octobre.

Cependant, aujourd’hui, le phénomène a lieu le 22 février et le 22 octobre, soit un décalage de 24 heures. Selon l’archéologue Ahmad Saleh, ancien directeur des antiquités d’Abou-Simbel, ce décalage est dû à l’élévation du niveau du temple de 60 m après son transfert et son déplacement de 120 m vers l’ouest. « Ce n’est pas la seule chose qui a changé à Abou-Simbel. En fait, il y avait un mur en brique derrière la quatrième colonne de la salle osirienne à l’intérieur du grand temple, celle-ci a disparu. Pour reconstituer le site et lui donner son aspect d’origine, le temple a été recouvert d’une colline artificielle creuse », conclut Ahmad Saleh.




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