Semaine du 12 au 18 septembre 2018 - Numéro 1241
La splendide tombe de Mehou accessible au public
  Le ministère des Antiquités a inauguré cette semaine la tombe du vizir Mehou de la VIe dynastie. La tombe est accessible au public pour la première fois depuis sa découverte en 1940.
Les titres de Mehou, son fils et son petit-fils figurent à l’entrée de la tombe.
Les titres de Mehou, son fils et son petit-fils figurent à l’entrée de la tombe. (Photo: Amir Abdel-Zaher)
Nasma Réda12-09-2018

Située à 6 mètres au sud du mur du complexe funéraire de la pyramide à degrés de Djoser, la tombe du vizir Mehou est l’une des plus splendides de la nécropole de Saqqara. « La tombe de Mehou conserve encore ses couleurs vives et ses scènes distinguées », déclare Moustapha Waziri, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).

Les titres de Mehou, son fils et son petit-fils figurent à l’entrée de la tombe.
Les scènes se multiplient sur les parois de la tombe. (Photo: Amir Abdel-Zaher)

Parmi les scènes uniques figure celle des crocodiles et de la tortue. « C’est une scène jamais vue dans les tombes égyptiennes et dans le monde. Il paraît que c’est une scène de mariage de crocodiles », explique le grand égyptologue Zahi Hawas qui a travaillé en 2010 sur la restauration de cette tombe et a découvert le texte hiéroglyphe sous la porte d’entrée. « On a travaillé pendant 4 mois à traduire ce texte qui porte le nom et les titres de Mehou, qui vivait sous le règne du roi Pépi 1er de la VIe dynastie. De même que le nom et les titres de son fils, Meri-rê-ankh, et de son petit-fils Hetep Ka II », ajoute-t-il.

Parmi les 48 titres les plus prestigieux de Mehou, figurent le vizir, le chef des juges, le chancelier du Delta et le gouverneur de la Haute-Egypte. « Ces titres se trouvent non seulement au-dessous de la porte d’entrée de la tombe, mais aussi sur ses murs intérieurs », souligne Sabri Farag, directeur général de la nécropole de Saqqara. Il est à noter que vers la fin de 1939 et le début de 1940, le ministère des Antiquités a mis à jour cette tombe ayant une superficie d’environ 512 m2 et qui renferme 6 salles dont 3 chambres funéraires. « Cette mission, qui était dans le temps dirigée par l’archéologue Zaki Saad, a découvert à l’intérieur de la chambre funéraire de Mehou un sarcophage dont les dimensions étaient de 1,55 m x 1,95 m et qui renfermait des vases canopes », indique Farag.

Pour arriver à cette chambre, il faut passer par un long couloir de 2,75 m de large, menant à une cour renfermant trois magnifiques fausses portes bien décorées. « Les scènes de la vie agricole et les scènes de pêche décorent les parois du corridor. D’autres montrent le propriétaire de la tombe lors de la chasse; on trouve également des scènes de danse acrobatique qui n’existaient pas avant la VIe dynastie », explique Farag. La salle d’offrandes, quant à elle, est de forme carrée et pleine de scènes aux couleurs vives.

Le long couloir rempli de différentes scènes.
Le long couloir rempli de différentes scènes. (Photo: Amir Abdel-Zaher)

Mais la pièce la plus somptueuse reste celle où le vizir pratiquait ses rites religieux; elle est toujours intacte, et ses bas-reliefs se trouvent sur un magnifique fond de couleur bleu-gris. « C’est un exemple qui montre à quel point les tombes des hauts dignitaires étaient magnifiquement décorées », dit-il. Outre les 4 salles consacrées à Mehou, il y a une petite chambre funéraire dédiée à son fils Meri-rê-ankh qui avait 23 titres, gravés sur les parois de sa chambre et son sarcophage et dont le plus important est « chef de la pyramide de Pépi, gouverneur de Bouto et surveillant des ouvriers ».

Et la dernière chambre de la tombe est consacrée à Hetep Ka II, le petit-fils de Mehou, qui vivait sous le règne de Pépi II. Hetep Ka II a gravé sur la fausse porte, donnant à la cour de son grand-père, ses dix titres parmi lesquels figurent le chef des juges, le prince, le directeur du palais et le gardien des sceaux du roi. « C’est une tombe de famille », assure Farag.

80 ans de fouille

Selon Adel Okacha, chef de l’administration centrale des antiquités du Caire et de Guiza, les travaux de fouille et de restauration de cette tombe ont duré près de 80 ans durant lesquels plusieurs missions égyptiennes y ont travaillé. « Durant ces dernières années, le ministère a entamé un projet de réhabilitation et de réaménagement de la tombe du vizir Mehou pour qu’elle soit prête à accueillir les visiteurs », assure Okacha, affirmant que la tombe vient s’ajouter à la liste des endroits accessibles au sein de la nécropole de Saqqara. En effet, le projet du ministère ne se limitait pas à la restauration, au nettoyage et au développement du site, mais aussi à l’installation d’un nouveau système d’éclairage et d’aération moderne à l’intérieur de la tombe.

A savoir que d’autres tombes seront prochainement ouvertes à la visite comme la tombe de Ti et celle de Djoser au sud.




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