Semaine du 12 au 18 septembre 2018 - Numéro 1241
L’Egypte donne le coup d’envoi de Bright Star 2018
  Les manoeuvres égypto-américaines Bright Star se déroulent en Egypte du 8 au 20 septembre. Elles reflètent le rapprochement politique entre Le Caire et Washington.
L’Egypte donne le coup d’envoi de Bright Star 2018
May Al-Maghrabi12-09-2018

L’egypte accueille les manoeuvres internationales Bright Star 2018 pour la deuxième année successive. Suspendues depuis 2009, elles ont repris en 2017. Les manoeuvres se déroulent du 8 au 20 septembre, à la base militaire Mohamad Naguib, près d’Alexandrie, avec la participation de 25 pays, dont 16 en tant qu’observateurs. Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est félicité de la tenue de ces exercices lors de sa rencontre, cette semaine au Caire, avec le président du commandement central américain, Joseph Votel. Le porte-parole de la présidence, Bassam Radi, a affirmé dans un communiqué que le président Sissi et Votel avaient passé en revue les efforts déployés en matière de lutte contre le terrorisme et que le président Sissi avait souligné l’importance « des relations stratégiques avec les Etats-Unis ». De son côté, le commandant américain a salué les relations militaires égypto-américaines, soulignant que son pays était « prêt à hisser à un niveau plus élevé ses liens avec l’Egypte dans tous les domaines, surtout dans la conjoncture que traverse la région », indique le communiqué. Votel a dit apprécier les démarches du Caire en matière de lutte contre le terrorisme et le rôle qu’il a joué dans la préservation de la sécurité et de la stabilité dans la région. Il a de même affirmé que l’opération Bright Star « est l’un des plus importants exercices conjoints américano-égyptiens, qui reflètent la profondeur des relations bilatérales ».

Exercices antiterroristes

Cette année, environ 800 militaires américains participent aux exercices Bright Star, contre 200 qui y avaient participé en 2017. « Pour les Etats-Unis, l’Egypte demeure un allié stratégique dans la région », a déclaré samedi, le général Jean Matt, directeur de l’exercice des forces américaines.

Pour sa part, le porte-parole de l’armée, le colonel Tamer Al-Réfaï, a indiqué dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook que ces manoeuvres visent à « promouvoir les relations militaires avec des Etats amis ». L’exercice verra la participation d’éléments de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air et des forces spéciales d’Egypte, des Etats-Unis, de France, de Grèce, de Jordanie, de Grande-Bretagne, d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et d’Italie, alors que 16 autres pays ont été invités à assister à l’exercice en tant qu’observateurs.

Les manoeuvres comprennent des opérations offensives et défensives et des exercices de simulation et de formation aux plus récentes méthodes de combat, de planification et de gestion des opérations aériennes. « L’objectif de ces manoeuvres est de resserrer la coopération militaire entre les pays participants, d’échanger les expériences, de coordonner les actions et d’unifier les concepts entre les forces participantes ».

Evolutions positives

Une coopération militaire qui intervient quelques semaines après la décision de l’Administration américaine de débloquer une aide militaire de 195 millions de dollars destinée à l’Egypte gelée début 2017. Un fait qui montre que Washington reconnaît l’importance du partenariat stratégique avec l’Egypte et le rôle du Caire dans la lutte contre le terrorisme. L’Egypte reçoit chaque année environ 1,5 milliard de dollars d’aide militaire et économique des Etats-Unis depuis qu’elle a signé le traité de paix parrainé par les Etats-Unis en 1979 avec Israël.

C’est dans ce contexte positif que s’inscrit la décision américaine de reprendre les exercices militaires Bright Star avec l’Egypte. Les premiers exercices égypto-américains s’étaient tenus en 1981. Plus tard, les pays membres de l’Otan et certains Etats arabes s’y sont joints. La dernière édition des manoeuvres à laquelle avait participé l’Egypte avait eu lieu en 2009. Pendant la révolution de 2011, les manoeuvres ont été suspendues pour cause d’instabilité sécuritaire. Et avec les tensions dans les relations égypto-américaines après la chute de l’ex-président islamiste Mohamad Morsi, en 2013, le président américain Barack Obama avait annulé les dernières éditions de Bright Star.

Le général Hamdi Békhit, membre de la commission de la défense et la sécurité nationale au parlement, trouve que la reprise de Bright Star est un indice important sur la solidité des relations égypto-américaines. « C’est un indice que le partenariat entre l’Egypte et les Etats-Unis est fort, en particulier dans le domaine militaire », dit-il. « Le partenariat entre les Etats-Unis et l’Egypte sert les intérêts communs et permet aux deux pays d’affronter les défis régionaux, dont la menace terroriste. Les Etats-Unis l’ont compris et c’est pourquoi ils ont rétabli l’aide militaire à l’Egypte et ont repris Bright Star », ajoute-t-il. Avec la persistance de la menace terroriste dans la région qui affecte les intérêts régionaux américains, il est dans l’intérêt de Washington et du Caire de renforcer leur coopération militaire. « Chacune des deux parties a besoin de l’autre. L’Egypte a besoin des Etats-Unis pour l’armement et la formation militaire, et les Etats-Unis ont besoin de l’Egypte pour protéger ses intérêts régionaux et la sécurité d’Israël. Washington profite donc de l’alliance militaire avec un pays central comme l’Egypte », conclut Békhit .



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