Semaine du 5 au 11 septembre 2018 - Numéro 1240
700 pièces antiques égyptiennes parties en fumée
  Un gigantesque incendie a ravagé le Musée national de Rio de Janeiro, détruisant plus de 20 millions d’objets de valeur, dont 700 pièces antiques égyptiennes. Une tragédie pour cet établissement historique, qui venait de fêter son bicentenaire.
700 pièces antiques égyptiennes parties en fumée
(Photo : Reuters)
Nasma Réda (avec AFP)05-09-2018

Un énorme incendie a ravagé le Musée national de Rio de Janeiro dimanche 2 septembre, à 19h30, heure locale (22h30 GMT). Le feu a débuté alors que le musée était fermé au public et a réduit en cendres des collections et des archives de grande valeur, comme l’ont indiqué les médias brésiliens. Tout a été entièrement détruit, y compris la collection égyptienne de 700 pièces antiques provenant de dons ou d’achats.

Les images aériennes de TV Globo montrent le majestueux bâtiment d’une superficie de 13 000 m2 dans la partie nord de Rio de Janeiro ravagé par d’immenses flammes pendant des heures.

Malgré l’envoi rapide de pompiers, le feu a gagné les centaines de salles du musée, détruisant tout sur son passage.

Suite à l’incendie, Moustapha Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, a exprimé son profond regret, déclarant qu’il s’agissait d’une « immense perte pour l’humanité toute entière ». Il a par ailleurs souligné la solidarité du ministère égyptien des Antiquités avec le musée brésilien et déclaré que le ministère était entièrement disposé à apporter son aide technique pour la restauration des pièces antiques.

Parmi les pièces antiques égyptiennes du Musée national figurait notamment le sarcophage coloré de Sha-Amon-En-Su (chanteuse d’Amon), offert par le khédive Ismaïl à Pedro II, empereur du Brésil, en 1876, lors de sa deuxième visite en Egypte. L’examen tomographique effectué sur le sarcophage et la momie de Sha-Amon avait révélé la présence d’amulettes à l’intérieur. La collection égyptienne contenait par ailleurs le cercueil du prêtre Hori, des momies, des chats momifiés, des statues — telle une statue d’Isis — et des stèles remontant à différentes époques antiques.

Une tragédie pour le Brésil

« Aujourd’hui est un jour tragique pour le Brésil. 200 ans de travail, de recherches et de connaissances ont été perdus », a déclaré le président brésilien, Michel Temer, dans un communiqué de presse. Le directeur adjoint du musée, Luiz Fernando Dias Duarte, a fait part, quant à lui, d’un « profond découragement » et d’une « immense colère ». Dias Duarte a par ailleurs accusé les autorités brésiliennes de « manque d’attention » et a souligné qu’il n’y avait jamais eu de « soutien efficace et urgent » à une adaptation du bâtiment — un palais de style néoclassique, ancienne résidence officielle de la famille royale et impériale.

Le ministre de la Culture, Sergio Sa Leitao, a reconnu plus tard que « la tragédie aurait pu être évitée » et que « les problèmes s’étaient accumulés au fil du temps » pour l’établissement. Il a indiqué que le musée avait connu d’importantes difficultés budgétaires et qu’en 2015, il avait été « fermé faute de ressources pour son entretien ». Liée à l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), l’institution a subi des coupes budgétaires.

Le Musée national, qui a fêté son bicentenaire en juin dernier, compte parmi les musées les plus anciens et les plus prestigieux du Brésil. Il a été créé par le roi Jean VI, ouvert en 1818 et possède plus de 20 millions de pièces de valeur.

Alors que les flammes consumaient ce joyau de la culture brésilienne, la tristesse s’est mêlée à l’indignation des chercheurs, des professeurs et des étudiants. Certains d’entre eux ont appelé à une manifestation de protestation lundi devant le bâtiment détruit. « L’incendie est une tragédie pour la culture », a déclaré à TV Globo Paulo Knauss, directeur d’un autre musée brésilien, le Musée historique national.




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