Semaine du 15 au 21 août 2018 - Numéro 1238
Trump, l’Iran et les sanctions
Al-Ahram Hebdo15-08-2018
 
 

En reconduisant les sanctions contre le régime iranien, Donald Trump semble prêt à tout pour juguler l’influence iranienne dans la région. Le président américain n’a jamais été convaincu par l’oeuvre de son prédécesseur, Barak Obama, qu’il s’est employé à démanteler dès son arrivée à la Maison Blanche. Trump est sorti en mai dernier de l’accord nucléaire iranien et il est à présent prêt à s’engager dans un bras de fer avec les Européens, opposés à l’annulation de l’accord, mais aussi à la Russie et à la Chine. Les sanctions économiques contre le régime iranien prévoient notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des pénalités sur les entreprises et les banques qui opèrent avec l’Iran. D’autres mesures suivront, affectant le secteur pétrolier et gazier et la Banque Centrale.

Le rétablissement des sanctions va sans doute fragiliser le régime iranien. Le gouvernement de Hassan Rohani est soumis depuis quelques mois à des pressions intenses sur le plan interne, avec notamment des manifestations à répétition contre la cherté de la vie. Au début de l’année, l’Iran avait témoigné d’une vague de protestations sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979. L’économie iranienne est en grande difficulté avec notamment une monnaie nationale en chute libre un taux de chômage qui se situe entre 15 et 20 % dans les grandes villes. Or, les responsables de l’Administration américaine sont convaincus que le maintien des sanctions peut amener un changement de régime à Téhéran. L’ancien président du Congrès, Newt Gingrich, et l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, avaient estimé récemment que « la perspective d’un changement de régime en Iran se rapprochait ».

Les sanctions américaines vont inciter Téhéran à se jeter dans les bras de la Russie et de la Chine. Pékin, qui a besoin du pétrole iranien et qui est le premier partenaire commercial de l’Iran, entend tirer profit de la situation pour muscler ses investissements en Iran, quitte à mécontenter Washington, avec qui il entretient des relations tendues depuis l’introduction de droits de douane par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium. Même chose pour la Russie qui entretient, elle aussi, des relations mouvementées avec Washington et qui avait maintenu ses liens économiques avec Téhéran lorsque les sanctions occidentales étaient en vigueur.

La reconduite des sanctions américaines va donner lieu à de nouvelles tensions dans la région et accroître la guerre commerciale entre les Américains d’un côté et les Européens, les Russes et les Chinois de l’autre .



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