Semaine du 4 au 10 juillet 2018 - Numéro 1232
Ahmed Rashwan : Mohamad Khan mérite que tout le monde le connaisse
  Le réalisateur égyptien Ahmed Rashwan présente pour la première fois son long documentaire Khan, le mentor, avec lequel il participe à la compétition officielle du Festival des cinémas arabes de l’IMA.
Ahmed Rashwan
Loula Lahham04-07-2018

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi un documentaire sur le réalisateur Mohamad Khan, disparu en juillet 2016 ?

Ahmed Rashwan : Parce que j’ai été son assistant pendant plusieurs années et que j’ai beaucoup appris de lui. J’ai travaillé avec lui dans Mister Karaté, Une Journée très chaude et Les Journées de Sadate. Mon amitié avec lui a duré 28 ans. Même après sa disparition, il ne m’a pas lâché, ni de jour ni de nuit. Il est toujours près de moi et continue de m’encourager à poursuivre ma voie. Il va sans dire que le tournage du film a été très fatigant pour toute notre équipe, devant et derrière la caméra. Oui, dur, mais mon mentor m’avait tant de fois dit que rien n’était impossible.

— Comment cela ressort-il dans le film ?

— Mon amitié avec Mohamad Khan m’a permis de nouer des liens profonds avec son entourage. Dans le film, j’ai donné l’occasion à plusieurs de ses amis de parler de leurs souvenirs avec lui. Citons à titre d’exemple les directeurs de photographie Saïd Chimi, Mohsen Ahmad, Tareq Al-Telmessani et Kamal Abdel-Aziz, le scénariste Bachir Al-Dik, le réalisateur Ali Al-Ghazouli, la comédienne Salwa Mohamad Ali, l’assistante de Khan, la jeune Nesrine Al-Zant, aux côtés de la scénariste Wessam Soliman, veuve de Khan.

Tous ont évoqué leur riche relation avec lui, humainement et artistiquement. Ce projet date d’il y a plusieurs années, quand Mohamad Khan vivait encore. Le travail fut interrompu pour diverses raisons et voilà qu’il voit enfin le jour dans une première au niveau international, à travers le festival de l’IMA. Khan mérite que tout le monde le connaisse en tant que pionnier du nouveau réalisme cinématographique en Egypte. C’était mon mentor et mon conseiller. Mohamad Khan a été le premier à m’encourager à m’inscrire à l’Institut du cinéma. Je lui dois beaucoup et je suis convaincu que son oeuvre cinématographique devrait être documentée pour que les générations futures sachent qui était ce grand homme. D’ailleurs, une grande partie de mon répertoire de documentaires présente des biographies ou des séquences de biographies de personnages, dans divers domaines, qui ont fortement influencé la société égyptienne. Et que les jeunes devraient connaître.

— Quel conseil donneriez-vous aux jeunes talents d’aujourd’hui ?

— Je ne suis pas en mesure de dicter des conseils. Mais je transmets volontiers mon expérience. Les jeunes avec qui je travaille connaissent mieux la technologie numérique que moi. Ils sont à jour avec les nouveaux produits ou appareils que nous utilisons dans notre industrie. Et cela est une excellente chose. Il leur manque l’expérience théorique et l’expertise des plus chevronnés dans les diverses séquences de production cinématographique, en commençant par le scénario, la construction des personnages, la montée du drame, en passant par le montage, le son, pour arriver à la finalisation du projet. Il est important que les jeunes talents puissent travailler avec les « expérimentés » du cinéma. Je pense aussi qu’il est profitable de s’inscrire aux ateliers de formation aux arts du cinéma pour découvrir ce qu’ils aimeraient faire. Ces ateliers existent dans presque tous les quartiers du Caire et offrent en général des formations variées. C’est une excellente solution pour ceux et celles qui ont manqué leur inscription à l’Académie des arts. J’invite les jeunes à travailler dur et à aimer profondément ce qu’ils font. C’est ainsi qu’ils peuvent atteindre le succès.

— Quels sont vos projets pour 2018 ?

— Travailler sur les scénarios de trois ou quatre projets de films de fiction pour être en mesure d’en choisir un et de commencer à le réaliser.

Carte d’identité

Né à Alexandrie en octobre 1969, Ahmed Rashwan détient une licence en droit (1990) de l’Université d’Alexandrie, puis un master de l’Institut supérieur du cinéma du Caire (1994). Il a mis en scène des dizaines de documentaires, dont plusieurs ont été primés au niveau local et international. Il est également l’auteur de plusieurs essais sur le cinéma égyptien. Ses documentaires atteignent presque la trentaine et ont remporté 8 prix dans différentes compétitions. En 2008, il a tourné Basra, sa première fiction. Le mois prochain, il lancera un atelier de formation aux arts du cinéma, au profit des jeunes talents désireux de devenir comédiens.




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