Semaine du 4 au 10 juillet 2018 - Numéro 1232
La fin de l’ère Cuper
  Après trois ans aux commandes, Hector Cuper a quitté son poste de sélectionneur de l’Egypte suite à l’échec des Pharaons en Coupe du monde.
La fin de l’ère Cuper
(Photo : Reuters)
Mohamad Mosselhi04-07-2018

La Fédération Egyptienne de Football (FEF) a décidé, la semaine dernière, de ne pas renouveler le contrat d’Hector Cuper, directeur technique de la sélection nationale, qui a expiré avec cette Coupe du monde.

En effet, l’ancien entraîneur d’Inter Milan a payé cher l’échec de la sélection au Mondial qui se déroule actuellement en Russie. Cet échec a mis Cuper sous le feu des critiques, vu la performance médiocre des Pharaons. Une grande partie des Egyptiens ainsi que certains membres de la FEF considèrent que l’Argentin est le premier responsable de la débâcle de la sélection nationale, qui a quitté le Mondial sans récolter aucun point.

« Cuper est le premier responsable de l’échec de la sélection. C’est un entraîneur très réservé et qui joue un football ennuyeux, très loin du football moderne », indique Farouq Gaafar, ancien directeur technique des Pharaons. « Depuis ses débuts avec la sélection, il n’a pas convaincu. C’est un entraîneur défensif et il n’est pas créatif. Pour moi, la débâcle de la sélection n’a pas été une grande surprise ; elle était attendue vu le niveau de la sélection avec Cuper », ajoute-t-il.

En effet, la stratégie défensive de Cuper n’a pas constitué une surprise, d’autant plus qu’il était connu que l’entraîneur argentin fait partie de l’école des entraîneurs qui préfèrent la défense et que tous ses exploits ont été réalisés avec une stratégie défensive.

C’était donc normal qu’il reste fidèle à sa stratégie avec l’Egypte. Nommé sélectionneur de l’Egypte en mars 2015, Cuper a été chargé d’une double mission, à savoir qualifier les Pharaons pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Gabon 2017, et pour le Mondial en Russie. Il savait que la qualification pour le Mondial était le rêve de tout un peuple, avide de voir son équipe nationale participer à la Coupe du monde pour la première fois depuis 1990.

Mais il faut également préciser que la qualification pour la CAN est devenue elle aussi un rêve pour les Egyptiens, puisque les Pharaons qui portent le record de 7 titres continentaux, dont 3 d’affilée (2006, 2008 et 2010) ont manqué la CAN à 3 reprises après leur dernier titre de 2010.

Concernant la CAN, Cuper a accompli sa mission. Il n’a pas seulement réussi à qualifier l’Egypte pour la CAN, mais a aussi conduit l’Egypte à retrouver sa place habituelle de puissance continentale en se hissant jusqu’en finale, avant de rater la dernière marche contre le Cameroun 2-1.

Après ce succès continental, Cuper a mené les Pharaons à obtenir leur ticket pour le Mondial après 28 ans d’absence de cette compétition, mais la performance décevante de l’équipe en Russie a mis un terme à sa carrière avec la sélection après plus de trois ans aux commandes. « Je suis satisfait de mon expérience avec la sélection. J’ai fait mon maximum avec les joueurs afin de réaliser nos objectifs et je pense qu’on a réussi, même si nos résultats au Mondial ont été décevants », a déclaré Cuper après la défaite de l’Egypte contre l’Arabie saoudite.

Bilan satisfaisant

Loin des critiques concernant la stratégie défensive de Cuper, le bilan de ce dernier avec la sélection reste satisfaisant. Il a ainsi pris en charge la sélection quand celle-ci était classée 57e au classement de la FIFA, alors que maintenant, elle occupe la 45e place. Sous sa houlette, l’Egypte a disputé 38 rencontres (20 victoires, 6 matchs nuls et 12 défaites). L’attaque égyptienne a marqué 53 buts et ses filets en ont encaissé 31. Lors de ces 38 rencontres, Cuper a utilisé 75 joueurs. Le milieu d’Arsenal, Mohamad Al-Nenni, et le milieu d’Ahli Djeddah, Abdallah Al-Saïd, viennent en tête des joueurs qui ont le plus joué sous Cuper, avec 30 rencontres chacun.

Malgré les critiques dont il a fait l’objet, Cuper a fait du bon travail avec la sélection et il a réussi à dépasser les retombées de six ans très difficiles pour le football égyptien. Il a su construire une équipe solide qui a fait ses preuves lors de la dernière CAN et des qualifications pour le Mondial. La FEF n’est pas de l’avis que Cuper est l’homme de la période à venir, mais le football égyptien lui doit beaucoup.

« Le départ de Cuper ne signifie pas qu’il est un mauvais entraîneur. Il a réussi à réaliser nos objectifs pour la sélection avec la qualification pour le Mondial. Mais la performance de la sélection lors du Mondial a montré que l’équipe a besoin de sang nouveau. Merci Cuper », a déclaré Hany Abo Rida, président de la FEF. Ce dernier est en quête du successeur de Cuper. Il est prié de faire le bon choix.




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