Semaine du 27 juin au 3 juillet 2018 - Numéro 1231
Les Pharaons dans l’oeil du cyclone
  Performance décevante, choix logistiques controversés et polémiques autour de Mohamad Salah, l’aventure de la sélection égyptienne en Coupe du monde a été très agitée. Un grand ménage semble à l’horizon après le retour des Pharaons au pays.
jaunesLes Pharaons dans l’oeil du cyclone
(Photo : AP)
Karim Farouk27-06-2018

3 matchs, 3 défaites. L’Egypte termine dernière du groupe A, avec un zéro pointé. Un triste bilan, dont on peut même rougir, surtout dans un groupe qui s’annonçait à la portée des Pharaons, avec l’Uruguay en tant que grand favori ainsi que l’Arabie saoudite (67e mondiale) et la Russie (70e mondiale), soit les deux équipes avec le moins bon classement mondial de toute la compétition. Déjà éliminés avant le match du lundi 25 juin face à l’Arabie saoudite, les Egyptiens espéraient finir sur une note positive en décrochant la première victoire de leur histoire en Coupe du monde. Mais là encore, ils ont été bousculés par un but dans le temps additionnel pour perdre 2-1.

Le sélectionneur Hector Cuper s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ses méthodes défensives, qui n’ont pas porté leurs fruits, vu que l’équipe a concédé 6 buts lors de ses trois rencontres et n’en a marqué que 2, dont un sur penalty face à la Russie. « Notre stratégie n’a pas été un échec. Nous avons créé 5 opportunités sur des contre-attaques lors de la première période seulement. Nous avons été critiqués souvent pour être défensifs, mais nous nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du monde pour la première fois depuis 28 ans et avons atteint la finale de la Coupe d’Afrique de cette même manière. Je pense que nous avons bien joué, mais les résultats ne le reflètent pas. Nous avons perdu deux de nos trois matchs par des buts après la 90e minute. Nous n’avons pas eu de chance », a dit le technicien argentin lors de la conférence de presse qui a suivi le match contre l’Arabie saoudite.

Les jours de Cuper, en fin de contrat après le Mondial, semblent comptés, surtout que ses choix techniques et tactiques sont remis en question suite à cette déconfiture. Pour un peuple fou de football et du jeu esthétique, ce ne sont pas seulement les résultats qui comptent, mais aussi le spectacle. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Egypte a été dominée en cours de jeu lors de ses trois rencontres, avec une moyenne de possession du ballon de 44%.

Elle n’a fait que 5 tirs cadrés en 3 matchs (seul l’Iran en a eu moins après, avoir disputé ses 3 rencontres avec 4 tirs) et l’équipe s’est contentée de rester en défense pour afficher le plus grand nombre de balles interceptées de la compétition avec 143 balles (jusqu’aux matchs de lundi). « Je m’excuse auprès du public égyptien pour ce qui est arrivé lors des trois matchs. Je sais que c’était très difficile pour les Egyptiens, mais cela l’est pour nous aussi. Nous n’avions pas l’expérience nécessaire pour disputer cette compétition. Mais nous sommes très enthousiastes et optimistes pour la prochaine Coupe du monde en 2022 », a dit un triste et sombre Mohamad Salah juste après la défaite face à l’Arabie saoudite.

Une sélection dans la tourmente

Y a-t-il un malaise ? Peut-être. Mohamad Salah, l’élément inspirateur et l’icône des Pharaons, a récemment été au centre des discussions. Le site Internet de la chaîne américaine CNN et l’agence de presse AP ont annoncé que Salah voulait mettre fin à sa carrière avec la sélection pour cause de nombreux différends avec les dirigeants égyptiens du football.

Déjà avant le Mondial, il y avait eu des conflits de sponsoring et autour de l’usage de son image sans permission, avant qu’il n’ait été entouré d’une polémique pour avoir été l’invité du président tchétchène, Ramzan Kadyrov, qui lui a attribué la citoyenneté tchétchène honorifique. « Salah ne nous a pas informés à propos de ces sujets. Ce ne sont que des allégations qu’on voit dans les médias et Salah est présent avec nous normalement dans le groupement et dans les matchs », a dit Ihab Léhéta, directeur de la sélection. Mais malgré ces déclarations, la non-célébration par Salah de son but face à l’Arabie saoudite et son absence de la conférence de presse qui a suivi le match n’ont fait qu’alimenter les débats.

La tourmente de la sélection ne s’arrête pas à sa dégringolade au Mondial, car à présent, elle est dans la ligne de mire du parlement. Le Comité de la jeunesse et du sport a publié un communiqué lundi soir, annonçant qu’il allait ouvrir une enquête concernant les « graves infractions commises par la Fédération égyptienne » lors du voyage. L’enquête concernera surtout le lieu du camp de base de la sélection égyptienne à Grozny — ce qui a fait que l’équipe avait parcouru un total de près de 8 000 km pour se rendre sur les lieux des rencontres —, l’infiltration de célébrités et d’hommes d’affaires dans le camp, les problèmes de vente des billets et les crises de la fédération avec Mohamad Salah, concernant notamment l’usage de son image et le dîner avec le président tchétchène, qui a nui à l’image du joueur dans la presse anglaise.

Comme après chaque échec du football égyptien, les prochains jours pour la sélection et la fédération seront tout sauf un long fleuve tranquille.

Statistiques des Pharaons au Mondial

Matchs : 3 défaites

Buts : 2 pour, 6 contre

Tirs (cadrés) : 29 (5)

Moyenne de possession du ballon : 44 %

Buteur : Mohamad Salah (2 buts)

Balles interceptées : 143

Penalties : 1

Fautes : 38 commises, 21 subies

Carton : 4 jaunes




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