Semaine du 27 juin au 3 juillet 2018 - Numéro 1231
Un Mondial décevant pour les Arabes
  Après une série de défaites, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et l’Arabie saoudite ont rapidement quitté le Mondial. Un triste bilan pour les équipes arabes, qui ont complètement déçu en Russie.
Un Mondial décevant pour les Arabes
La Tunisie, tout comme les autres représentants arabes, a déçu au Mondial. (Photo : Reuters)
Mohamad Mosselhi27-06-2018

Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, 4 pays arabes ont participé à la compétition mondiale. Malheureusement, ce quatuor n’a pas réussi à s’exprimer et a quitté très tôt le Mondial. A l’exception du Maroc, qui a un peu séduit, ils ont complètement déçu leur public. Le Maroc et la Tunisie ont payé cher les frais de leur présence dans des groupes difficiles.

Dans le groupe B, comprenant le Maroc, le Portugal, l’Espagne et l’Iran, il était clair que les deux tickets qualificatifs iraient au Portugal, champion d’Europe en titre, et à l’Espagne, championne du monde en 2010. Mais la surprise est venue du fait que le Maroc s’est incliné 0-1 face à l’Iran lors du match d’ouverture du groupe.

Malgré sa performance exceptionnelle contre le Portugal lors du 2e match, le Maroc a subi le même sort que face à l’Iran, perdant sur le même score. « Je suis complètement déçu. On a présenté une bonne performance contre le Portugal tout comme face à l’Iran. Mais on a perdu les deux rencontres. C’est difficile, mais c’est le football », a dit Hervé Renard, sélectionneur français du Maroc.

La situation de la Tunisie, qui est tombée dans un groupe tout aussi difficile, n’a pas été meilleure. Il est vrai qu’elle s’est distinguée avec ses 3 buts, devenant l’auteur de la meilleure performance offensive parmi les Arabes, mais elle a enregistré un autre record, négatif celui-là, concernant sa défense, qui a encaissé 7 buts en 2 rencontres. Les Aigles de Carthage ont commencé leur parcours au Mondial avec une défaite 1-2 contre l’Angleterre, dans une rencontre complètement dominée par les Anglais.

Face à la Belgique, les Tunisiens ont vécu un cauchemar, puisqu’ils se sont inclinés 2 à 5. « Il est vrai qu’il y a une grande différence entre la Tunisie et la Belgique. Mais la Tunisie n’est pas une équipe qui doit encaisser 5 buts dans une rencontre au Mondial. C’est à l’entraîneur Nabil Maaloul d’expliquer les raisons de cette débâcle », a déclaré le célèbre commentateur tunisien Essam Al-Chawali, suite à la rencontre.

« Comme nous nous y attendions, cela a été un match extrêmement difficile, extrêmement dur. Dès le tirage au sort, on savait que la Belgique serait un adversaire extrêmement difficile. Il ne faut pas oublier que les Belges sont supérieurs. Mais nous tenons à présenter nos excuses aux nombreux supporters tunisiens dans le stade, nous avons fait de notre mieux, nous tâcherons de nous améliorer à l’avenir », a expliqué l’entraîneur de la Tunisie, Nabil Maaloul.

Et d’ajouter : « Concernant notre premier match, on nous a reproché de mettre l’accent sur la défense et de ne pas assez attaquer. Aujourd’hui, on nous reproche nos erreurs de défense. Pour moi, on a été ridicules vu le score. Pas pour ce qui est de la possession du ballon, mais athlétiquement, on n’a pas suivi ».

Une grande différence

On ne peut pas nier qu’il y a une grande différence entre les joueurs arabes et leurs homologues européens. Or, ce n’était pas le cas pour l’Egypte, qui possède un joueur de classe mondiale en la personne de l’ailier prodige de Liverpool, Mohamad Salah. Meilleur joueur du Championnat anglais et meilleur buteur de la même compétition, Salah a rehaussé la barre des ambitions égyptiennes. Avec une grande star comme lui, l’Egypte aurait pu se qualifier dans ce groupe facile.

Même avec sa blessure, les Egyptiens étaient confiants que Salah, qui s’est déclaré disponible pour le Mondial, pourrait conduire les Pharaons en 8es de finale. L’Egypte a perdu au dernier souffle contre l’Uruguay, mais Salah était absent.

Tout le monde s’attendait à ce que la situation ait été différente contre la Russie, surtout avec les confirmations concernant la présence de Salah lors de cette rencontre importante. Mais cela a été pire encore, puisque l’Egypte a perdu 1-3 malgré la présence de sa star, qui a marqué l’unique but des Pharaons lors de ce match. « Salah est un joueur très important, qui fait toujours la différence. Sa blessure a affecté son niveau et elle a eu des conséquences sur l’équipe en général », a indiqué Hector Cuper, sélectionneur des Pharaons. « Il est vrai que les résultats sont décevants, mais je suis satisfait de la performance de l’équipe, surtout que les joueurs ont fait leur maximum lors des deux rencontres. Je suis sûr que l’avenir sera meilleur pour l’équipe », a ajouté Cuper, dont l’avenir avec les Pharaons n’est plus certain.

Quant à l’Arabie saoudite, son initiative d’envoyer 6 de ses joueurs internationaux en Espagne, afin qu’ils progressent tactiquement et physiquement, n’a pas porté ses fruits. Le représentant asiatique a subi une large défaite, 0-5, contre la Russie lors du match d’ouverture de la compétition, avant de s’incliner face à l’Uruguay 0-1 et quitter rapidement la Coupe du monde.

Le football arabe, malgré la qualité de certains joueurs tels Mohamad Salah, le Marocain Mehdi Benatia ou l’Algérien Ryad Mahrez, est très loin de celui de l’Europe ou de l’Amérique latine. C’est donc difficile pour ces pays de s’exprimer dans un grand événement comme celui de la Coupe du monde. La meilleure performance arabe reste une place en 8es de finale en 1986 pour le Maroc, en 1994 pour l’Arabie saoudite et en 2014 pour l’Algérie. Il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance pour 2022.




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