Semaine du 6 au 12 juin 2018 - Numéro 1228
Agenda 2063 : Un plan ambitieux
Racha Darwich06-06-2018
 
  Intitulé « L’Afrique que nous voulons », l’Agenda 2063 adopté en 2015 vise à réaliser la vision de l’Union Africaine (UA) d’« une Afrique intégrée, prospère et en paix ».

Lors du Sommet du jubilé d’or de l’UA, en mai 2013, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, reconnaissant les réussites et les difficultés passées, ont réitéré leur engagement pour accélérer le développement et le progrès technologique en Afrique. Vu les nouveaux défis (boom démographique, émigration clandestine, terrorisme ...) qui viennent s’ajouter aux vieilles problématiques (guerres, maladies), l’UA s’est trouvée dans la nécessité d’adopter une nouvelle idéologie. C’est ainsi qu’est née l’idée de l’Agenda 2063. En effet, lors de ce sommet, la commission de l’UA a été chargée, avec l’appui de l’Agence de planification et de coordination du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Agence du NEPAD), de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Commission Economique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), d’élaborer cet agenda continental, par le biais d’un processus axé sur les populations.

Cet agenda, adopté lors de la 24e session ordinaire de la Conférence de l’UA en janvier 2015, permettra à l’Afrique de rester concentrée et engagée envers les idéaux qu’elle s’est fixés. L’Agenda 2063 repose donc sur le panafricanisme, le sens de l’unité, le commerce intra-africain, la démocratie et la parité, l’intégration, la solidarité des peuples africains et le développement durable. Il fournit un cadre solide pour la réparation des injustices passées et la reconnaissance du XXIe siècle comme le siècle africain.

Cependant, l’on peut se demander pourquoi 2063? Pourquoi 50 ans? En 2013, Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l’UA, a répondu à la question en ces termes : « Pourquoi sommes-nous confiants dans le fait que l’heure de l’Afrique a sonné et que nous pouvons réaliser notre rêve en 50ans ou moins? Six des économies connaissant la croissance la plus rapide sont africaines, et le continent affiche une croissance moyenne de 5% par an depuis plus d’une décennie, malgré la crise financière et économique mondiale. Nous avons une population croissante, active, pleine de ressources, jeune et dotée des compétences essentielles qui seront nécessaires pour conduire la transformation de l’Afrique ».

La mise en oeuvre de l’agenda commence par un plan d’exécution qui détaille de façon progressive les étapes concrètes et les caps à atteindre d’ici 2063, afin de réaliser la vision de l’UA. Dans ce contexte, un premier plan décennal (2013-2023) a été élaboré, puis mis en oeuvre. Il comporte 12 programmes et tourne, entre autres, autour du développement du réseau ferroviaire africain, de l’amélioration du secteur de l’éducation, de la réalisation d’une zone continentale de libre-échange, de la mise en place d’un passeport africain avant 2018, de l’établissement d’un marché de transport aérien unique, de la fin des guerres et conflits de toutes sortes avant 2020 et de la création d’une banque centrale africaine, d’un fonds monétaire africain et d’une banque d’investissement africaine.




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