Semaine du 9 au 15 mai 2018 - Numéro 1224
Le pari de Donald Trump
Al-Ahram Hebdo09-05-2018
 
 

Sortira, sortira pas. Les spéculations vont bon train à quelques jours de la date butoir fixée par Donald Trump pour prendre une décision au sujet de l’accord nucléaire iranien. Le président américain exige une révision de l’accord de manière à interdire les tests de missiles balistiques iraniens, et à juguler l’influence iranienne dans la région. Face à la réticence de ses partenaires européens, attachés au texte, Trump, soucieux de rassurer ses alliés dans la région face à l’extension de l’hégémonie iranienne, avait menacé de sortir unilatéralement de l’accord, affirmant qu’il rendrait son verdict le 12 mai. Ce délai vise sans doute à faire pression sur les Européens, et aussi à donner le temps à l’Administration américaine de préparer les éventuels scénarios en cas de sortie unilatérale des Etats-Unis de l’accord de Vienne.

En effet, Washington doit peser avec soin le pour et le contre d’une sortie de l’accord nucléaire. Car si un tel scénario se produit, on peut s’attendre à ce que Téhéran utilise toutes les cartes en sa possession pour compromettre les intérêts américains dans la région. En Iraq tout d’abord, le régime islamique pourrait utiliser son « bras armé », les milices chiites, pour lancer des attaques contre les troupes américaines encore stationnées dans ce pays. Même chose en Syrie où les Etats-Unis disposent d’environ 2000 soldats au nord du pays pour soutenir les combattants kurdes.

Au Liban, les frictions entre le Hezbollah, pro-iranien, et Israël pourraient reprendre, et au Yémen, les Iraniens pourraient accroître leur soutien aux Houthis, exacerbant ainsi le conflit avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Washington doit aussi mesurer une éventuelle reprise par Téhéran de ses activités d’enrichissement d’uranium ou un éventuel retrait du Traité de Non-Prolifération (TNP) nucléaire. S’il venait à sortir de l’accord, Donald Trump parierait sans doute sur les sanctions économiques et le spectre d’un isolement du régime iranien sur la scène internationale.

Le pari américain d’amener l’Iran à accepter une révision de l’accord nucléaire est difficile et dépend en réalité de la position des Européens et leur disposition à suspendre leurs investissements dans ce pays, afin de faire pression sur le régime. Il faut voir aussi la position des autres grandes puissances comme la Russie et la Chine. Cette dernière est le premier acheteur de pétrole iranien.

Depuis quelques jours, les diplomates américains s’activent pour convaincre leurs homologues européens d’accepter une révision de l’accord.



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