Semaine du 9 au 15 mai 2018 - Numéro 1224
Le FMI salue la stabilité de l’économie égyptienne
  Une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) a effectué cette semaine une visite de trois jours en Egypte. L’institution monétaire considère l’économie égyptienne comme stable, et appelle à renforcer le secteur privé, pour générer des emplois.
Le FMI salue la stabilité de l’économie égyptienne
Dans 10 ans, la population en âge de travailler sera de 80 millions. (Photo : AP)
Marwa Hussein09-05-2018

Une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) est arrivée vendredi 4 mai au Caire pour une visite de trois jours visant à examiner les progrès de l’Egypte en matière de réformes économiques. La visite précède le versement de la quatrième tranche, d’un montant de 2 milliards de dollars, d’un prêt du FMI de 12 milliards de dollars, approuvé en novembre 2016. Le programme de financement du FMI est lié à des réformes radicales, comme la réduction des dépenses étatiques, notamment les subventions à l’énergie et la hausse des impôts, conjuguées à une réforme monétaire marquée par le flottement de la livre égyptienne en novembre 2016. Le Fonds monétaire international a salué les progrès réalisés par l’Egypte pour stabiliser son économie, rétablir la confiance sur le marché, réduire la dette et stimuler la croissance.

Une conférence a réuni des responsables du gouvernement et du FMI sous le titre « Croissance inclusive et création d’emplois en Egypte ».

« Cette conférence arrive à un moment crucial pour l’Egypte. En 2016, le pays a fait face à de graves défis économiques. L’économie égyptienne souffrait d’une croissance faible, d’investissements en retard, d’une inflation croissante et d’une dette publique croissante. En vérité, elle risquait d’être instable », affirme David Lipton, premier directeur général adjoint du FMI, soulignant que la stabilité macroéconomique et la confiance dans les marchés ont été rétablies, la croissance a repris, l’inflation a baissé et le ratio de la dette publique devrait baisser pour la première fois depuis près d’une décennie.

Le FMI estime que l’Egypte doit tirer profit de cette stabilité macroéconomique « durement acquise », continuer à créer des emplois et à relever le niveau de vie grâce à une croissance durable. « Cela peut être difficile, de nombreux pays ont échappé au péril financier et ont atteint une certaine stabilité macroéconomique. Mais un plus petit nombre a soutenu cette stabilisation et a poursuivi la modernisation en menant une croissance soutenue et inclusive. L’Egypte a maintenant la chance de le faire. Elle doit élargir et approfondir le programme de réforme », ajoute Lipton.

Le défi principal, créer des emplois

Pour le FMI, le gouvernement doit renforcer l’activité économique dirigée par le secteur privé, accroître l’ouverture des marchés pour pouvoir investir davantage, exporter davantage et créer plus d’emplois.

Créer des emplois et baisser le taux de chômage sont les deux objectifs que le FMI considère comme les plus importants. « L’Egypte ne peut pas retarder la création d’emploi. En 2028, la population en âge de travailler en Egypte augmentera de 20 %. Cela équivaut à une population active de 80 millions d’Egyptiens, et ce, dans seulement 10 ans. Créer des emplois pour tout le monde est le plus grand défi économique pour l’Egypte », affirme Lipton. Et d’ajouter : « La croissance pourrait atteindre 6 à 8 % si l’Egypte peut tirer parti du potentiel de ses jeunes, en ramenant le chômage et le taux de participation au marché du travail au niveau de nombreux autres marchés émergents. Cela signifierait l’amélioration des conditions de vie de larges segments de la population ».

Le FMI estime également qu’il faut baisser davantage la dette publique et réduire davantage les subventions à l’énergie. « Les finances publiques sont assurément plus solides, mais la dette publique reste très élevée. Un effort important est nécessaire pour consolider les dépenses dans des domaines-clés comme la santé et l’éducation. Les retards dans le suivi de la réforme des subventions à l’énergie pourraient à nouveau faire peser un risque sur le budget en raison de la hausse des prix mondiaux du pétrole », rappelle Lipton. Le ministre des Finances, Amr Al-Garhy, a dit, pour sa part, que son ministère travaille sur un plan à moyen terme pour ramener la dette publique à 80 % du PIB d’ici 2020 (contre 108 % durant l’exercice 2016/2017. Al-Garhy a précisé que cette baisse est possible grâce à une réduction du déficit budgétaire, en réalisant un excédent primaire de 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et en augmentant le revenu moyen par habitant.

Le ministre a ajouté que la dette publique a été multipliée par 5 au cours des 5 dernières années. En ce qui concerne les taux d’intérêt, le ministre a déclaré que le gouvernement et la Banque Centrale d’Egypte (BCE) travaillent ensemble pour réduire la dette publique et les taux d’intérêt. Il s’attend à ce que le service de la dette diminue progressivement à 25 % des dépenses publiques à moyen terme (il se rapproche de 40 % pour l’exercice prochain qui commence en juillet). Al-Garhy a déclaré que le programme de réforme économique égyptien visait à accélérer le taux de croissance pour parvenir à un taux de 5 ou 6 %.

Croissance mondiale favorable mais ...

Le FMI affiche un optimisme quant aux possibilités de croissance de l’économie mondiale à court terme. Selon Lipton, cette dernière s’améliore car le commerce et l’investissement reprennent en vigueur depuis une décennie, et cela « bénéficie à la plupart des pays, y compris l’Egypte », estime-t-il. « Nos récentes perspectives de l’économie mondiale prévoient une expansion continue dans l’avenir immédiat, avec une croissance mondiale de 3,9 % cette année et en 2019.

Cet environnement extérieur favorable offre une bonne occasion à l’Egypte pour engager des réformes. En revanche, les perspectives à moyen terme sont plus incertaines », prévientil. Le FMI prévoit une hausse des taux d’intérêt dans le monde et un resserrement des conditions financières. « Nous sommes tous conscients de l’incertitude qui pèse sur le système commercial mondial, ce qui signifie des conditions moins favorables quelque part à l’avenir. En d’autres termes, c’est le moment ou jamais pour l’Egypte pour augmenter la croissance et créer des emplois », affirme Lipton. L’Egypte négocie des aides de plusieurs milliards de dollars pour aider à relancer l’économie et atténuer la pénurie de dollars qui a paralysé les importations et a fait partir les investisseurs étrangers. L’Egypte a reçu la première tranche du prêt du FMI en novembre 2016. La deuxième tranche a été décaissée en mars 2017. La troisième tranche a été signée en janvier 2018. Le FMI procède à un examen deux fois par an pour surveiller l’engagement du gouvernement égyptien en matière de réforme.




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