Semaine du 2 au 8 mai 2018 - Numéro 1223
Hamdallah Zidan : L’objectif de la COP 14 est de renforcer les capacités de l’Afrique
  Hamdallah Zidan, président du comité préparatoire de la Conférence des Nations-Unies sur la biodiversité (qui se tiendra en Egypte en novembre 2018), revient sur les objectifs de cette conférence et les projets qui seront présentés par l'Egypte.
Hamdallah Zidan
Gilane Magdi02-05-2018

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte va organiser la Conférence des Nations-Unies sur la biodiversité en novembre pro­chain. Quels sont les avantages pour l’Egypte et quels sont les moyens de financement ?

Hamdallah Zidan : La demande de l’Egypte d’accueillir la quator­zième conférence (COP14) de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été approu­vée en avril 2016 par six sessions extraordinaires de la Conférence Ministérielle Africaine sur l’Envi­ronnement (CMAE), créée en 1985 pour renforcer, entre autres, la coopération entre les gouverne­ments africains sur les accords environnementaux mondiaux. Elle vise également à renforcer les capacités africaines pour arrê­ter la dégradation de l’environne­ment en Afrique et satisfaire les besoins alimentaires et énergétiques des populations du continent. L’accueil de la COP 14 par l’Egypte sera le premier en Afrique depuis 2000. La demande de l’Egypte a également été soutenue par la Ligue arabe. Il s’agit également de la pre­mière CDB/COP tenue dans un pays arabe.

Tout cela soutiendra le rôle de l’Egypte et permettra un plus grand impact sur les décisions de cet accord en les rendant plus compa­tibles avec les intérêts et les orien­tations de l’Egypte. A cela s’ajoute le boom du tourisme : environ 6 000 personnes rejoindront la conférence à Charm Al-Cheikh où la conférence aura lieu. Les partici­pants à la réunion sont financés par leurs gouvernements ou organisa­tions.

— Quels sont les problèmes qui seront abordés lors de cet événe­ment important ?

— Il y a plusieurs sujets qui seront discutés dans la convention, dont les efforts déployés par les gouvernements pour atteindre les objectifs d’Aichi pour la biodiver­sité en 2020. Il faudra également établir une feuille de route et un processus pour le cadre mondial de la biodiversité. Les gouvernements discuteront, au cours de la réunion, les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la CDB et du plan straté­gique pour la biodiversité 2011-2020. Ils examineront également les progrès réalisés pour atteindre l’objectif du développement durable 15 (Sustainable Development Goal 15). Il sera également question d’élaborer un plan de négociation et de création du cadre mondial pour la biodiversité après 2020. Les gou­vernements vont également discuter un certain nombre de questions importantes, comme la biodiversité et les changements climatiques, la biologie synthétique, les espèces exotiques envahissantes et les zones protégées.

— Quels sont les défis de la diversité biologique en Egypte et dans le monde ?

— La biodiversité constitue le fondement de la vie sur Terre, mais elle disparaît face à l’acti­vité humaine. La biodiversité comprend une grande partie du capital naturel renouvelable sur lequel reposent les moyens de subsistance et le développement. Les politiques relatives à des questions telles que l’utilisation des terres, les transports, le déve­loppement des infrastructures, le commerce, entre autres, qui ont tous des impacts sur la biodiver­sité. Les pertes sont dues à une série de pressions entraînées par une série de facteurs socioécono­miques. Les changements clima­tiques agiront en synergie avec d’autres menaces ayant des consé­quences graves sur la biodiversité.

— Comment le changement climatique affecte-t-il la biodiver­sité et la disparition d’espèces plus rares dans le monde ?

— Le changement climatique est l’un des principaux facteurs qui affectent la biodiversité. Tout léger changement mettra en danger les écosystèmes de plusieurs créatures pour plusieurs raisons, comme l’augmentation de la température qui provoquera l’élévation du niveau de la mer, ce qui fera des millions de sans-abri et menacera des vies humaines. Cela peut aussi augmenter la population de mous­tiques porteurs du paludisme qui atteindra plusieurs pays africains et mettra en danger leur bien-être. L’eau douce sera menacée, ce qui entraînera des conflits concernant l’accès aux ressources de base. Les surprises climatiques, qui sont des changements rapides à grande échelle et difficiles à prévoir, mène­ront à la sécheresse, à des incen­dies, aux inondations et même à des ouragans. Ces surprises se sont pro­duites géologiquement sous la forme de courants océaniques dans le Gulf Stream de l’Atlantique Nord, ce qui a refroidi le climat de l’Europe occidentale, entraînant une agriculture moins productive.

L’objectif de la COP 14 est de renforcer les capacités de l’Afrique
Préserver les écosystèmes, l'un des objectifs de la COP 14. (Photo : AP)

Les menaces aux écosystèmes et autres formes de vie sauvage sont le résultat des changements clima­tiques. Les récifs coralliens ont blanchi, ce qui est destructif pour les poissons. L’extinction de plu­sieurs espèces sensibles à la tempé­rature s’est produite, comme pour les ochotonidés des montagnes. Les ours blancs sont actuellement considérés comme des espèces en voie de disparition qui pourraient bientôt être menacées d’extinction.

— Quels sont les projets mis en oeuvre par l’Egypte pour préser­ver les espèces menacées? Ces projets sont-ils financés par des capitaux nationaux ou étran­gers ?

— L’Egypte met en oeuvre plu­sieurs projets comme celui concer­nant la sensibilisation à l’impor­tance de la biodiversité. L’Egypte propose aussi la promulgation de lois interdisant la pêche, sauf pour les détenteurs de permis après avoir participé à la formation et à la sen­sibilisation sur toutes les espèces en voie de disparition qui sont inter­dites à la pêche. Il y a aussi la pré­paration et la mise en oeuvre d’une stratégie nationale et d’un plan d’ac­tion pour la conservation de la diver­sité biologique .




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