Semaine du 25 avril au 1er mai 2018 - Numéro 1222
Le volte-face de Pyongyang
  La Corée du Nord a annoncé cette semaine la fin des essais nucléaires. Un pas qui précède un sommet entre les deux Corées et une éventuelle rencontre historique entre les présidents nord-coréen et américain.
Le volte-face de Pyongyang
Un sommet pourrait avoir lieu entre le Nord-Coréen, Kim Jon-un, et son homologue américain, Donald Trump. (Photo:AP)
Sabah Sabet avec agences25-04-2018

Alors qu’un sommet entre les Corées est prévu dans quelques jours et qu’un autre pourrait avoir lieu entre le Nord-Coréen Kim Jong-un et son homologue américain, Donald Trump, un retournement spectacu­laire a eu lieu dans le dossier nucléaire nord-coréen. « La Corée du Nord va cesser ses essais nucléaires et les lancements de mis­siles balistiques intercontinentaux », a assu­ré, samedi 21 avril, le dirigeant de Corée du Nord, Kim Jong-un, propos cité par l’agence de presse officielle KCNA. Le régime nord-coréen a également annoncé la fermeture de son site d’essais nucléaires. Il assure vouloir à présent se tourner vers le développement économique du pays. « La nation toute entière va pouvoir se concentrer sur le déve­loppement de l’économique socialiste », a affirmé Jong-un.

Par cette annonce inattendue, Pyongyang fait un premier pas vers l’amélioration de ses relations diplomatiques, alors que des signes positifs commençaient à paraître ces der­nières semaines, contrairement à ce qui s’était passé fin 2017 lorsque les tensions avec la communauté internationale s’étaient exacerbées à la fin de l’année 2017. Dans une première réaction de Washington, le prési­dent américain, Donald Trump, a salué une « très bonne nouvelle » sur Twitter, affirmant avoir hâte que le sommet avec Kim Jong-un arrive. Pour sa part, la Corée du Sud a été aussi positive envers ce pas, « la décision de la Corée du Nord représente un progrès significatif pour la dénucléarisation de la Péninsule coréenne que le monde attend », a déclaré la présidence sud-coréenne, saluant « l’environnement très positif pour les som­mets à venir entre les deux Corées et entre la Corée du Nord et les Etats-Unis », que la décision de Pyongyang « va créer ». Seul le Japon a fait état de réserves: Tokyo souhaite maintenir la pression sur la Corée du Nord. « Nous ne pouvons pas être satisfaits », a déclaré le ministre japonais de la Défense, affirmant que la Corée du Nord n’avait pas mentionné « l’abandon de missiles balis­tiques de courte et moyenne portée ».

Gagnant-gagnant

En fait, cette annonce intervient moins d’une semaine avant le sommet prévu entre Pyongyang et Séoul qui préfigure un sommet historique devant avoir lieu entre Kim Jong-un et Donald Trump, en principe début juin. Certains y voient un signe que Pyongyang cède d’une certaine manière aux pressions de la communauté inter­nationale, d’autres qu’il entreprend une nouvelle tactique. Une première réponse est peut-être vue dans cette déclaration du dirigeant nord-coréen : « Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, il n’est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée ou ICBM (missiles balistiques intercontinen­taux, ndlr) », a dit Kim Jong-un, lors d’une réu­nion du Comité central de son parti unique au pouvoir en Corée du Nord, selon l’AFP. « Le site d’essais nucléaires du nord a rempli sa mis­sion », a-t-il ajouté.

Une façon de laisser entendre que ce n’est pas une concession. Cité par France Info, Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des deux Corées, estime cette annonce « logique ». « Même si de grands doutes subsistent sur la capacité opérationnelle de son arsenal nucléaire, la Corée du Nord a accompli son objectif annoncé », estime le chercheur.

En fait, pour bon nombre d’observateurs, il existe pour Pyongyang une certaine garantie nucléaire, même si ce n’est pas une capacité totale, et c’est cette garantie qui permet à Kim Jong-un de suivre la démarche de rapproche­ment avec l’Occident, voire de réconciliation avec Washington. Quoi qu’il en soit, c’est une optique de gagnant-gagnant: la Corée du Nord a tout intérêt à améliorer ses relations internatio­nales, et la communauté internationale a tout intérêt à freiner ses ambitions nucléaires .




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